L'Oise Agricole 20 janvier 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

ITB : continuer d’améliorer la productivité de la betterave

à la réunion du comité départemental technique de l’Institut technique de la betterave, le 9 janvier à Estrées-Saint-Denis.

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Cette réunion du comité technique de l’ITB permet de faire le bilan de la campagne terminée - bien que ce n’était pas encore le cas ce 9 janvier dans certaines sucreries, dont celle de Chevrières - et de l’action de l’ITB. Gilles Bollé, président du Syndicat betteravier, explique la nécessité de se préparer à l’après-quota, dès 2017 : il faut que la filière française gagne en compétitivité, qui passe par des gains de productivité de la betterave. Cela relève du travail de l’institut technique dont le directeur, Marc Richard-Molard, a expliqué les conclusions de l’évaluation scientifique qui a été faite à l’ITB et qui a montré son efficacité ; les équipes seront renforcées, pour travailler en partenariat avec l’enseignement supérieur agricole, la recherche publique, les autres instituts techniques et bien sûr les sélectionneurs, puisque les gains de productivité sont encore attendus d’abord par l’amélioration variétale.

«Cette productivité dans notre filière est clairement identifiée comme l’atout principal pour assurer la compétitivité. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne regarde pas attentivement l’ajustement des intrants» a précisé Marc Richard-Molard.

Pour cet objectif de productivité, l’orientation de la sélection des variétés avec une expertise toujours croissante sur l’évaluation variétale et son adaptation aux conditions des régions betteravières est le principal levier d’actions. Le rôle de l’ITB sur cet objectif est clairement réaffirmé par le projet de génomique Aker, démarré le 1er avril 2012 et qui court jusqu’en 2019.

Ce projet, qui mobilise 80 scientifiques, comprend un travail de recherche de diversité génétique qui est presque achevé. Le programme de phénotypage est à jour. Les travaux dans le cadre du projet Aker sont facilités par le nouveau centre de réception et le laboratoire du Griffon, à côté de l’Inra près de Laon.

Réduction des herbicides

Un autre projet a été lancé en 2013, en partenariat avec Bayer et KWS, sur les variétés tolérantes aux herbicides, en particulier aux sulfonylurées, pour simplifier les programmes de désherbage. Cette famille d’herbicides est utilisée dans les autres grandes cultures et il y risque de développement de la résistance des adventices. C’est la raison pour laquelle l’ITB travaille avec Arvalis et le Cetiom sur ce projet, pour développer une réflexion sur le désherbage dans la rotation des cultures.

Et il y a encore un programme qui a débuté, le Syppre (système de protection performant et respectueux de l’environnement), avec Arvalis, le Cetiom et l’Unip. Les équipes vont travailler pour ce programme sur la double performance au regard de la productivité et de la protection de l’environnement.

En Picardie et en Champagne, deux plates-formes devraient être mises en place en 2014. L’objectif constant est d’aider les planteurs dans leurs choix variétaux et la conduite technique de la culture, dans un raisonnement global de productivité au niveau de la rotation.

Des rendements qui n’ont pas surpris

Le directeur de l’ITB est revenu sur la campagne 2013-2014, avec des rendements «clairement très moyens» qui n’ont pas surpris du fait des conditions climatiques avant et après les semis. Ce qui montre que les outils de simulation et de modélisation développés par l’ITB fonctionnent et confirment que l’implantation et le climat du printemps jouent un rôle primordial dans la conduite de la culture. Le retard pris après l’implantation n’est pas rattrapé par la suite, expliquait Marc Richard-Molard.

Pourtant, malgré une richesse «trop basse» le rendement final a été plutôt une bonne surprise, surtout à Chevrières. Il remarque les progrès réalisés avec les variétés tolérantes aux nématodes, à donc utiliser sur de plus grandes surfaces.

Au cours de la campagne passée, il y a eu une faible pression des maladies du feuillage, ce qui a permis de limiter les interventions, en particulier pour la cercosporiose. D’où la satisfaction de l’ITB qui préconise de «traiter moins quand c’est possible pour traiter plus quand c’est nécessaire».

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