L'Oise Agricole 24 avril 2014 à 09h59 | Par OA

Quand les céréales prennent la mer

La 27e Journée Céréales organisée par le port de Rouen a réuni les principaux acteurs de la filière sur les quais de la capitale haut-normande.

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Rouen est depuis plus de trenteans le premier port d’expor-tation de céréales (à 90 blétendre et orge, mais aussi blé dur,pois, féveroles, maïs) en Europeoccidentale. Les exportations sont à ce pointimportantes pour la filière queles nombreux impératifs mon-diaux doivent être pris en consi-dération. Philippe Chalmin, pro-fesseur à l’Université ParisDauphine et président deCyclope, rappelle que les grandessources de tensions climatiques,géopolitiques, économiques etclimatiques sont des élémentsqui ont de sérieuses incidencessur l’ensemble des marchés desmatières premières. «Un nouveau El Nino aurait desconséquences pour les céréales,notamment en Australie. Quantaux soubresauts géopolitiquesqui touchent l’Ukraine, ils posentla question du transport descéréales russes à l’exportation surle territoire ukrainien en cas defermeture des frontières. La Chine est aussi à surveiller carelle est devenue une grandeimportatrice de céréales.

L’eau, un enjeu stratégique

«L’eau doucen’apparaît pas comme unematière première, mais nousallons devoir de plus en plusprendre en compte son prix, sur-tout en raison du réchauffement climatique qui va la rendre deplus en plus rare. La grandemajorité des acteurs écono-miques pensent que l’eau n’estpas chère, comme si l’eau douceétait quasiment gratuite, maisc’est une illusion, de même quenous payons déjà l’air, nouspayons aussi l’eau. L’économie de l’eau douce est entrain de se mettre en place et vapousser tous les acteurs à tenircompte dans leurs calculs larareté de l’eau, le prix de sonaccès et de son transport.

Très gros bateaux

Autre élément d’importance pourles cultures : la fertilisation. «Uneannée sur deux, la production decéréales est inférieure à laconsommation de céréales auniveau mondial et comme lesstocks ne sont environ que dedeux mois, ce qui est très peu, ilfaut poursuivre l’augmentationde la production de céréales etdonc l’utilisation de fertilisantss’avère nécessaire» constateGilles Poidevin, délégué généralde l’Union des Industries de laFertilisation.  Les voies maritimes sont ame-nées, elles aussi, à être modifiéesen raison du réchauffement cli-matique. «On peut imaginer uneouverture à la navigabilité desroutes arctiques qui redistribue-rait un espace géopolitique et quiréduirait les distances de par-cours. Ainsi, 15 du commercemaritime avec la Chine pour-raient transiter par le Nord en2020» Ils pourront néan-moins bientôt venir jusqu’àRouen grâce aux travaux encours. A l’heure actuelle, le tirantd’eau limite à 45 000 t les char-gements, mais le programmed’amélioration des accès mari-times qui s’achèvera en 2017-2018permettra de gagner un mètre detirant d’eau et de charger les Pana-max jusqu’à 54 000 t.

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