L'Oise Agricole 18 mai 2015 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Betteraves : les planteurs se préparent à l'après-quota

Le Syndicat betteravier de l’Oise a tenu son assemblée générale ce mardi 12 mai dans ses locaux, à Estrées-Saint-Denis. À l’ordre du jour : l’après-2017 pour l’organisation de la filière.

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A la tribune, Nicolas Rialland, responsable du dossier biocarburants à la CGB, Dominique Ouachée, trésorier du SBO, le président Gilles Bollé, Alain Jeanroy, directeur de la CGB, et Hans Dekkers, vice-président du SBO.
A la tribune, Nicolas Rialland, responsable du dossier biocarburants à la CGB, Dominique Ouachée, trésorier du SBO, le président Gilles Bollé, Alain Jeanroy, directeur de la CGB, et Hans Dekkers, vice-président du SBO. - © Bernard Leduc

«Les prix du sucre, durant l’année 2014, ont chuté à des niveaux extrêmement bas, entraînant avec eux le revenu betteravier. De même, dans un contexte réglementaire incertain et un marché européen encombré, les prix de l’éthanol et de l’alcool sont historiquement bas et ce, depuis plusieurs mois. La culture de la betterave connaît une période plus difficile au plan économique après, il faut s’en souvenir, deux bonnes années.

La perspective de la suppression des quotas et du prix minimum de la betterave approche, les semis 2016 étant les derniers sous le régime des quotas» disait Gilles Bollé, président du Syndicat betteravier et membre du bureau de la CGB, en ouvrant cette assemblée générale. Il y a pourtant quelques raisons d’espérer, tempérait Alain Jeanroy, puisque d’une part, les prix du sucre surtout, mais aussi de l’éthanol, sont repartis à la hausse. Et pour l’après-quotas, la CGB a déjà engagé une négociation pour un accord interprofessionnel avec le maintien d’un contrat type de livraison.

La base de négociation est la situation actuelle, à la fois au niveau des volumes, ceux des quotas, et de la clé de répartition du prix du sucre entre fabricants de sucre et planteurs.

Alain Jeanroy rappelait la situation du marché du sucre, difficile à cause des mesures d’importations exceptionnelles prises par la Commission européenne lors des campagnes 2011-2012, 2012-2013 et 2013-2014, qui se sont traduites par une hausse des stocks du sucre du quota. Cela a contribué à une baisse continue du prix communautaire du sucre du quota depuis l’été 2013. «Le prix de la betterave est lié au prix du sucre», rappelait-il ; il y un prix minimum, auquel peut s’ajouter un supplément de prix.

Le prix minimum, appelé à disparaître avec le régime des quotas, est de 404 € : c’est la référence actuelle qui sert de base au calcul du prix de la betterave achetée en bout de champ, alors que le prix moyen de vente du sucre est maintenant supérieur, se rapprochant plutôt de 420€. Les suppléments de prix ont représenté 36€ par tonne de betteraves en 5 ans, rappelait Alain Jeanroy, mais s’il y a eu versement d’un supplément compris entre 4 et 8€ par tonne en mars dernier (provenant de la campagne 2013) ; il n’y aura pas de nouveau versement en 2016.

Fin de la période d’excédent

La situation a pourtant évolué, avec une situation qui s’est assainie par une nette baisse de la production au niveau européen (-12% des surfaces en 2014). Et il y a une hausse de la consommation de sucre, de 2% par an au niveau mondial. Et les autres débouchés sont en légère hausse.

C’est dans ce contexte que la CGB a déjà entrepris des négociations avec le Syndicat national des fabricants de sucre (SNFS), avec comme prélable la nécessaire corrélation du prix de la betterave avec celui du sucre (relevé dans l’observatoire des prix) et le maintien du partage entre fabricants et planteurs dans les mêmes proportions.

Le prix actuel de référence qui est de 404€ la tonne de sucre est réparti entre le fabricant, pour 220€, et le planteur, pour 172€ ; s’ajoute une taxe à la production de 12€. Cette taxe étant prise en charge par moitié. En calculant avec le même prix de référence, on arrive à 226€ pour le fabricant et 178€ pour le planteur, soit 56 et 44%. «Il n’y a aucune raison pour remettre en cause ce partage» insiste-t-on à la CGB, qui négocie donc sur cette base.

Ce niveau de prix correspond à 25,4€ par tonne de betterave payée au planteur hors pulpes : un minimum, estime-t-on côté betteraviers, en espérant une revalorisation du prix du sucre : à 450€, cela équivaut à un prix de la betterave de 29€ la tonne. Il faudrait pouvoir atteindre ce niveau, d’autant que les coûts de production augmentent pour les planteurs, en partie du fait de l’allongement des durées de campagne, et que les DPB vont diminuer.

La CGB argumente par ailleurs sa démarche de filière pour organiser l’après-quota par une étude sur les prix de revient du sucre, bien inférieurs au prix minimum actuel : il atteint près de 190€ la tonne en France, mais des pays voisins ont des prix de revient inférieurs, à cause des différences sur l’énergie, le coût de la main-d’œuvre, la productivité des usines, la durée de campagne... Il y a donc des économies encore à faire pour permettre une meilleure rémunération du travail des planteurs qui ont, autant que les industriels, besoin de garanties dans le temps : c’est toute l’économie de la filière qui en dépend, les industriels ayant besoin d’un approvisionnement sûr, et les agriculteurs d’un débouché à un prix normalement rémunérateur de leur production.

De nombreuses questions sont posées, dont les outils de gestion à mettre en place ou à utiliser. Et resteront d’autres questions comme celles qui reviennent régulièrement à chaque campagne et qui ont de nouveau été évoquées lors de cette assemblée générale. Citons la qualité du déterrage, le classement des betteraves à la réception, la qualité du lavage, point sur lequel la CGB a engagé une procédure, ou encore la saccharimétrie. Sur ce dernier point, la CGB a de nouveau demandé l’automatisation des opérations pour supprimer les interventions manuelles, dont le prélèvement de râpure.

Un autre point évoqué a été celui des enlèvements de silos et des problèmes de circulation routière, amplifiés avec l’allongement des durées de campagne. Une demande sera de nouveau faite pour pouvoir réaliser des chargements sur routes départementales de catégorie 3, comme cela est autorisé dans la Somme et le sera dès la prochaine campagne dans le Pas-de-Calais.

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