L'Oise Agricole 01 octobre 2015 à 08h00 | Par Bernard LEDUC

Vers une charte de bon voisinage entre agriculteurs et ruraux

La Chambre d’agriculture a entamé une étude pour la rédaction d’une charte, pour tenter d’éviter aux agriculteurs des conflits de voisinage dans les communes rurales.

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- © oise agricole

La démarche vise à établir une charte départementale de bon voisinage entre habitants, élus et agriculteurs. Elle a déjà été suivie dans quelques départements, en partant de la constatation que, dans les campagnes qui sont des territoires à vocation traditionnellement agricole, les nouveaux habitants sont parfois nombreux, avec des racines paysannes de moins en moins proches.

Les agriculteurs sont devenus très minoritaires, même en zone rurale et des incompréhensions peuvent générer des conflits liés à leurs activités. Le but est donc de mieux expliquer, de faire admettre par le plus grand nombre possible que si la campagne est un lieu de vie pour les habitants, elle est, pour les agriculteurs, leur lieu de travail, avec les contraintes liées aux rythmes naturels de production.

Une première réunion du comité de pilotage a eu lieu à Beauvais, à laquelle étaient invités des responsables professionnels agricoles (Chambre d’agriculture, FDSEA et JA), des élus ruraux et des représentants d’associations (environnementales et familiales), de l’administration et des professions judiciaires. Elle était conduite par Hervé Ancellin, membre de la Chambre d’agriculture et président du comité expertise juridique et aménagement du territoire de la Chambre d’agriculture, et Marianne Verbeke. Pour identifier les sources de conflits, des questions étaient posées aux participants : qu’est-ce que la campagne ? qu’entend-on par bon voisinage ? quels sont les principaux conflits de voisinage ? quelles sont les principales nuisances que l’on rencontre dans les communes rurales ?

 

Communication

Les conflits de voisinage impliquant des agriculteurs ne sont pas permanents, heureusement. Et quand il y a en a, ils sont souvent dus à des problèmes de personnes ou à une méconnaissance de l’activité agricole, de l’acte de production et des nécessaires interventions sur les terres agricoles, quelles que soient les productions, auprès des animaux, ou pour l’entretien des moyens de production.

«Cette année, j’ai épandu des fientes de volailles, expliquait Hervé Ancellin, agriculteur dans une commune rurale en périphérie de Compiègne. «’ai averti le maire et lui ai envoyé un mel expliquant mon choix technique, la nature de cet épandage, cela a été présenté au conseil municipal pour prévenir d’éventuelles remarques d’habitants qui auraient pu se plaindre d’odeurs, en fonction des vents».

Même en cherchant à les limiter, par les méthodes de travail et les jours ou horaires des interventions, il peut y avoir pour le voisinage certains désagréments dus à certaines pratiques agricoles. Il faut donc les expliquer, par le dialogue. Surtout si certains travaux sont à faire la nuit ou le week-end. Et quand par exemple il faut utiliser un pulvérisateur, il faut faire comprendre que c’est par nécessité, pour l’entretien des cultures, pour soigner ou prévenir des maladies des plantes, et que chaque intervention a un coût et doit être réalisée dans un cadre technique et réglementaire strict.

Il était rappelé que les agriculteurs sont généralement bien perçus, d’autant plus s’ils sont prévenants et qu’ils travaillent «proprement», par exemple en nettoyant les routes lorsqu’ils sortent des champs en conditions humides.

Et il était rappelé que les habitants en général, qui sont de plus en plus souvent des néo-ruraux, doivent s’impliquer dans ces relations de bon voisinage, en respectant le travail des agriculteurs et en faisant le même effort de protection de l’environnement.

D’ailleurs, toute activité économique, essentielle pour notre société en terme d’emplois, génère des nuisances, ainsi que chaque zone d’habitation : il faut ensemble gérer les déchets, la ressource en eau, les équipements publics…

Mieux se connaître pour mieux vivre ensemble, tel pourrait être le résumé de cette démarche pour ce projet de charte de bon voisinage.

Deux autres réunions du comité de pilotage sont prévues en vue de la rédaction d’une charte qui devrait être signée fin 2016 par le plus grand nombre possible d’organismes afin qu’elle fasse loi dans les relations entre les particuliers et les agriculteurs.

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