L'Oise Agricole 15 janvier 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

La brasserie Félicité, une affaire de famille !

Samuel et Martin Vanlerberghe, frères jumeaux, ont créé fin 2015 une brasserie artisanale en l'aménageant dans une partie du corps de ferme de leurs parents, à Montagny-Sainte-Félicité, près d'Ermenonville.

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- © Bernard Leduc

Grâce à leur parcours en écoles supérieures agricoles, Samuel et Martin ont appris, entre autres choses, l'art de déguster et d'apprécier la bière. De là est partie l'idée, désormais concrétisée, de créer leur brasserie artisanale.

Ils sont aujourd'hui âgés de 27 ans. Avant de poursuivre ses études à l'Isa Lille, Samuel avait obtenu un DUT en biologie et à cette époque déjà, il était intéressé par la bière, au point d'avoir acquis du matériel lui permettant, par brassins de 50 litres, d'élaborer ses propres bières, simplement dans une cuisine. Depuis, il a continué de tester différentes recettes, tout en étant salarié successivement de deux entreprises de négoce agricole puis, depuis un an et demi, de la coopérative Valfrance.

Martin, outre le fait qu'il pouvait goûter les bières de son frère, a connu le métier de brasseur d'une autre façon puisqu'après des études agricoles, il a été pendant deux ans salarié chez un agriculteur qui était aussi brasseur, dans le Pas-de-Calais.

L'idée a germé d'aller plus loin, par un investissement commun dans une brasserie artisanale permettant à Martin d'en faire son activité professionnelle principale, Samuel conservant son statut de salarié en logistique chez Valfrance. Début 2015, ils ont réhabilité une ancienne grange du corps de ferme familial, en reconstruisant les murs de pierre et en construisant un bâtiment neuf pour y aménager la brasserie, avec du matériel acheté d'occasion dans les Vosges, et un magasin. La production a débuté au mois de juillet et depuis, les activités ne manquent pas, entre production, communication et vente.

 

L'idéologie multipliée par trois...

Pour l'instant, la production est d'environ 2.000 litres par mois, avec trois bières différentes, à partir de recettes qui avaient été élaborées pour l'essentiel par Samuel : des bières testées en famille, évidemment, et entre amis. Ces bières sont différenciées par trois couleurs : une blanche, une blonde et une ambrée, trois bières légères, avec une «amertume progressive» explique Samuel. La bière blanche est «plus fleurie, avec des notes d'agrumes» ; la blonde est «plus fruitée» et l'ambrée est «plus caramélisée et plus amère».

Trois formats sont proposés pour chacune de ces bières : bouteilles de 33 et 75 cl, et fûts de 20 litres. La marque : Félicité, du nom de l'église du village qui est dessinée sur les étiquettes, avec son clocher qui a la particularité d'être le plus haut des églises de l'Oise.

L'objectif est bien sûr de développer les ventes, puis la production, les deux frères ayant pour objectif d'atteindre 350 hectolitres en 2016. Pour l'instant, les ventes se font très localement, surtout auprès des cafés-restaurants et aux particuliers sur les marchés, surtout à l'occasion des marchés de Noël. Des rendez-vous ont été pris avec des enseignes régionales de la grande distribution et les ventes se font au magasin de la ferme. La communication passe aussi par un site internet (www.brasserie-felicite.fr) et une page Facebook. Et la Félicité vient d'être agréée pour pouvoir porter la marque Terroirs de Picardie, ce qui lui permettra des débouchés nouveaux par ce réseau à partir de sa plate-forme régionale.

 

Des projets

Bien sûr, les projets ne manquent pas pour le développement des activités puisque les équipements de brassage, d'embouteillage et de stockage sont largement surdimensionnés par rapport aux activités actuelles : l'unité de production permet de réaliser deux brassins de 500 litres par jour et la salle de brassage comprend 8 cuves de fermentation et de garde. Ces équipements ont représenté un investissement total - constructions et aménagements compris - de l'ordre de 300.000 EUR, qu'il faut rentabiliser : le business plan établi au lancement du projet avait prévu un retour sur investissement sur 10 ans et la rémunération normale du travail et du temps passé pour la production et la vente, en priorité pour Martin, jeune agriculteur dont c'est le seul revenu.

Parmi les projets, il est prévu d'aménager le magasin, qui est ouvert tous les vendredis et samedis, pour la vente d'autres produits du terroir. Puis d'autres bières pourraient être produites. Et il faudrait pouvoir concrétiser à l'avenir l'idée d'un approvisionnement direct en malt, en trouvant un malteur qui accepte de travailler à façon de l'orge produite sur la ferme. La volonté est de maintenir une qualité parfaite des produits, pour le plaisir partagé des clients amateurs de bonnes bières brassées dans l'Oise.

 

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