L'Oise Agricole 17 décembre 2015 à 08h00 | Par Bernard LEDUC

Ucac : bilan d’une année compliquée

Comme pour les autres coopératives, l’assemblée générale de l’Ucac a été un retour sur l’année 2014-2015, une année compliquée pour la vente des céréales.

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- © Bernard Leduc

es adhérents étaient appelés, jeudi dernier 10 décembre à Clermont, à statuer sur l’exercice clos au 30 juin 2015. Donc, sur les activités liées à la moisson 2014, qui s’est soldée par de bons rendements, sauf pour le maïs, mais avec un niveau insuffisant de qualité pour les céréales à paille : la pluviométrie, qui avait suspendu la moisson en juillet, a provoqué de la germination. À cause d’un Hagberg trop faible, la valorisation des blés pour la meunerie française ou du Nord de l’Europe n’a pu concerner que 32 % des blés collectés, après des assemblages de lots des différents secteurs de la coopérative ; les autres destinations ont été pour 33 % l’alimentation animale et 34 % l’export via Rouen, essentiellement pour des blés fourragers.

L’activité collecte a été de 182.000 tonnes au total, en hausse de 8 % par rapport à la campagne précédente. Le blé en représente la plus grande part (121.600 t) et la hausse la plus forte (+ 20 %) vient des orges et escourgeon, du fait du très bon niveau de rendement. Sur les 21.000 t d’orges et escourgeon collectées, 77 % ont été en fourrager pour l’export, essentiellement sur pays tiers.

En variétés brassicoles, la valorisation pour cette filière n’a pas toujours été possible, surtout en orges de printemps, en partie fusariées. Et parmi les lots présentant un taux trop élevé de grains abimés, certains ont été travaillés sur tables densimétriques à Belloy, permettant quand même de répondre à un engagement contractuel pour 1.000 tonnes, en accord avec le client, tout en apportant un meilleur prix que celui pour l’alimentation animale.

L’objectif recherché est celui de la valorisation optimale des produits, quelles que soient les espèces, pour rémunérer au mieux les productions des adhérents. Le travail porte sur la qualité des lots et sur la recherche des meilleurs prix selon les utilisations ou les marchés.

L’Ucac travaille avec ses clients habituels et développe des activités pour des débouchés particuliers, en maïs en particulier, pour l’oisellerie ou les petfoods qui ont de plus fortes exigences de qualité. Le paiement aux adhérents, qui ont très massivement opté pour le «prix confiance» (pour 96 % des volumes collectés, dont une très large part avec un engagement précoce qui permet à la coopérative de s’engager sur des volumes connus), tient compte de la qualité des produit.

Sur cette campagne, le critère essentiel a été celui du taux de germination, en plus des critères habituels de taux de protéines, de PS et de variétés.

Un autre domaine a été développé à l’Ucac, celui des plaquettes de bois, pour 1.100 tonnes sur cet exercice. Une bonne rentabilité est apportée par cette activité, qui reste très accessoire.

Les marchés céréaliers ont apporté des surprises, puisque les cours ont connu de fortes hausses à l’automne, liées à une forte demande sur le marché mondial en blés fourragers, ce qui a été une aubaine pour la France ; la hausse est aussi venue d’un changement très favorable de parité euro/dollar.

 

Exercice équilibré

La coopérative affiche une baisse de son chiffre d’affaires malgré la hausse des volumes collectés, puisque les prix des céréales ont sensiblement diminué par raport à 2013. En approvisionnements, les chiffres sont stables à 12,6 millions d’euros, masquant cependant une hausse de 15 % en semences. Le chiffre d’affaires global de la coopérative atteint 49.651 k€ et l’exercice se solde par un solde bénéficiaire net de 207.000 €.

Côté charges, la hausse du poste amortissements est liée au gros investissement réalisé pour le séchoir d’Avrigny. D’autres investissements, moins importants, ont été réalisés depuis, pour de la réfection de voierie à Avrigny, Cugnières et Rousseloy, la réalisation d’une plate-forme moisson et une augmentation du stockage d’engrais à Cambronne, où un distributeur automatique a été installé. Un autre investissement a été fait à Rousseloy, pour un émietteur et une bascule de circuit, afin de mieux répondre à une demande en maïs pour l’oisellerie.

Lors de cette assemblée générale, des ristournes ont été votées sur les livraisons (0,20 € par tonne de céréales livrées) et sur les achats appros.

Un point sur la campagne actuelle a été fait Denis Grison, qui a fait état d’une collecte équivalente, du fait de bons ou très bons rendements en escourgeon et en blé et malgré une déception en maïs. Côté qualité, aucun problème cette année, en particulier en blés pour lesquels l’indice de Hagberg est supérieur à 220, le PS moyen est de 79, l’humidité était de 13,5 ; quant au taux moyen de protéines, il est de 11,2, ce qui est un peu faible, mais supérieur à celui constaté dans les autres secteurs. Mais les cours restent bas, conséquence d’une récolte mondiale excédentaire en céréales pour la 3e année consécutive.

Une remarque était faite sur les autres cultures : il faut maintenir une diversification des productions par les oléo-protéagineux (dont les pois verts ou le lin de printemps) et le maïs, dont les rendements sont généralement élevés et pour lequel l’Europe est déficitaire.

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