L'Oise Agricole 28 janvier 2016 à 08h00 | Par Michel Bourdoncle

La FNSEA veut «une stratégie forte» pour les filières agricoles

Bien que nécessaires, le gouvernement ne peut pas se contenter de plan d’urgence successifs. L’agriculture française et l’élevage, en particulier, ont besoin d’une stratégie forte et d’une vision à long terme, plaide la FNSEA, pour sortir de l’ornière.

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Xavier Beulin, président de la FNSEA.
Xavier Beulin, président de la FNSEA. - © Actuagri

Alors que les actions syndicales se multiplient sur le terrain, les enveloppes débloquées par le ministre de l’Agriculture étaient «attendues, nécessaires et indispensables», a déclaré Xavier Beulin devant la presse, le 27 janvier à Paris. «Je demande que les pouvoirs publiques s’activent dans la mise en oeuvre», at-il ajouté pour signifier l’urgence de la situation et pour rattraper le retard pris dans la concrétisation du plan du 3 septembre dernier.

«Il n’y a que 187 millions d’euros qui ont été perçus par les agriculteurs, sur les 400 millions d’euros de moyens supplémentaires décidés dont 63 millions issus de l’Union européenne». Et non 700 millions comme l’a déclaré à plusieurs reprises le ministre de l’Agriculture, corrige-t-il.

Ceci étant, des plans successifs annoncés par les pouvoirs publics, le président de la FNSEA déplore l’effet «rustines» des mesures de soutien «qui montre qu’on ne traite pas les problèmes structurels».

Même sentiment de Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA qui, «de plan d’urgence en plan d’urgence», a le sentiment qu’il a affaire «à un capitaine des pompiers et non à un ministre de l’Agriculture».

Initiatives à Bruxelles

L’un et l’autre, comme d’ailleurs Thierry Coué, éleveur dans le Morbihan, membre du bureau de la FNSEA préfèreraient que les pouvoirs publics s’engagent «dans une véritable stratégie» pour l’élevage. Il est notamment demandé au ministre de reprendre «son bâton de pèlerin», à Bruxelles et de prendre «des initiatives fortes».

D’abord en matière d’embargo russe, qui frappe toute l’agriculture française et dont on ne voit pas l’issue. Mais aussi en matière d’étiquetage de l’origine, le gouvernement ne pouvant se contenter d’un décret sur l’étiquetage dont il sait qu’il sera retoqué par Bruxelles.

La stratégie demandée passe également par la restauration de la compétitivité de l’agriculture et de l’agroalimentaire et la concrétisation des engagements pris. Alors que l’inverse se produit. Et le président de la FNSEA de citer le plan Ecophyto 2 qui se met en place sans avoir retenu la promesse du Premier Ministre sur l’introduction de nouvelles normes.

Autre exemple, le compte pénibilité pour lequel la profession n’a pas été entendue. Ou la complémentaire santé qui s’applique dès le premier jour d’embauche des saisonniers, alors que la FNSEA avait négocié avec les partenaires sociaux un délai de carence de trois mois.

Réduction des charges

«Nous voulons une action déterminée sur la réduction des charges», plaide le président de la FNSEA. Il demande notamment «un équivalent CICE» pour les agriculteurs sans attendre sa transformation en allègement des charges promise par le président de la République. Quant au prix, il lance un appel à la filière et notamment aux grandes enseignes de la distribution pour qu’elles fassent un effort, à un moment où les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs rentrent dans le vif du sujet. Et d’illustrer ses propos par la situation particulièrement catastrophique de la filière porcine. Qui a vu les prix à la consommation se maintenir, alors que les prix ont perdu 30 centimes à la production.

«Ces 30 centimes sont quelque part dans la filière», observe Xavier Beulin, en assurant que la FNSEA allait se pencher sur ce dossier de la répartition de la valeur dans les filières. Les opérateurs commerciaux et les parlementaires à la ferme Pour sensibiliser les opérateurs de la filière et les parlementaires, la FNSEA a décidé de les inviter sur le terrain.

Du 8 au 12 février dans chaque département, les FDSEA vont inviter les principaux opérateurs de la filière et notamment les responsables d’achats des grandes enseignes à visiter une ferme pour leur faire découvrir les difficultés que rencontrent les agriculteurs au jour le jour. La semaine suivante du 15 au 19 février, la même opération sera menée avec les parlementaires français et européens.

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