L'Oise Agricole 07 novembre 2014 à 08h00 | Par Adeline LEVY

Agriculteurs, commerçants, artisans de l’Oise : même combat !

Charles Locquet Président de la CGPME Oise

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- © Oise Agricole

Charles Locquet, président la section Oise de la GGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) a de nouveau apporté son soutien à l’action syndicale conduite par la FDSEA et JA60, ce mercredi 5 novembre à Beauvais. Il s’est exprimé aux manifestants :
«J’étais ce matin auprès du courageux président de la FDSEA de l’Oise, Guillaume Chartier, de Nicolas Caron, président des Jeunes Agriculteurs de L’Oise, de 500 agriculteurs pour les soutenir dans leurs revendications auprès du gouvernement.
La France a besoin de ses agriculteurs!
L’agriculture de l’Oise représente le deuxième secteur économique de notre département avec à la production agricole, dans les filières et les services à l’agriculture, près de 15 % des emplois du département.
L’agriculture est présente dans tous les territoires, ruraux et périurbains. Son rôle est économique, paysager, environnemental, social.
Une partie des enjeux auxquels notre monde est confronté peut trouver réponse dans l’agriculture : alimentation en quantité et en qualité, défi énergétique, changement climatique. Il faut toutefois, pour que cela fonctionne, que les agriculteurs vivent d’abord de leur métier qui est de produire pour nourrir sur les différents marchés qui existent, en local ou sur des filières plus longues en transformation ou en exportation. Les systèmes ne s’opposent pas, ils se complètent et répondent à des segmentations de marchés différents.
Aujourd’hui, les agriculteurs sont en difficulté. Cela ne se voit pas toujours car, dans une entreprise, on peut voir le matériel qui évolue, mais il ne faut pas oublier l’homme qui travaille et ses conditions de travail justement, qui se détériorent. Tristes et douloureux indicateurs de ce constat, l’agriculture enregistre un suicide par jour et l’augmentation des accidents de travail.
Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Que faut-il faire ?
Les marges se réduisent. Les marchés sont plus tendus. Et, surtout, nous ne comprenons plus cette logique aveugle qui oublie que les agriculteurs travaillent avec du vivant, végétal ou animal, et avec un climat, fluctuant d’une saison à l’autre et d’une année à une autre. Cette réalité toute simple, elle ne peut pas se réglementer.
Oui, l’agriculture a de l’avenir mais aujourd’hui, elle étouffe des réglementations et des charges qu’elle subit et qui augmentent de jour en jour. Les agriculteurs aussi apprennent aujourd’hui ce que c’est la «phobie administrative».
L’agriculture française produit des produits de qualité. Pourquoi ne les trouve-t-on pas plus systématiquement en restauration hors foyers ? Si l’on veut manger français, il faudra encore produire français demain.
Nous vous prenons à témoin sur cette contradiction : si l’on veut vraiment conserver une agriculture en France, chacun, là où la décision publique existe, peut décider de prioriser l’approvisionnement français ou local. Que mangent aujourd’hui nos enfants ?
Face aux difficultés de notre secteur économique, nous avons posé 8 points de revendications. Ces 8 revendications ne sont pas une démarche d’aumône. Elles ne coûtent rien au budget de l’état. Nous demandons des simplifications administratives, des allègements de charges, de l’oxygène tout simplement.
Nous demandons, par exemple, que deux plats sur trois soient d’origine française dans la restauration hors foyer ; d’abandonner l’application du compte pénibilité à l’agriculture et de lever les contraintes sur l’apprentissage des mineurs ; une année blanche sur les contrôles verdissement-Pac parce que l’état n’a arrêté son dispositif réglementaire qu’après les assolements réalisés par les agriculteurs ; ou encore un plan ambitieux de modernisation des exploitations.
Comme président de la Cgpme Oise, j’ai rappelé notre ambition commune de voir se concrétiser rapidement une véritable baisse des charges qui asphyxient nos PME et une simplification administrative qui paralyse nos entreprises et comme élu de la Communauté d’agglomération du Beauvaisis, j’ai remis ce matin une lettre de soutien et une invitation de la part de Caroline Cayeux à venir échanger sur la place de la production locale dans la restauration collective.

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