L'Oise Agricole 25 septembre 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Un réseau de chaleur alimenté par un co-produit du teillage du lin

nauguration ce mardi 23 septembre de la nouvelle chaufferie biomasse de la coopérative Lin 2000 à Grandvilliers.

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L’idée n’est pas nouvelle à Grandvilliers, puisque le projet remonte à une dizaine d’années. La coopérative Lin 2000 cherchait à valoriser au mieux les anas, un co-produit provenant du broyage des tiges du lin fibre. Des partenariats avaient été trouvés à Grandvilliers pour organiser un réseau de chaleur de 3 km qui devait alimenter plusieurs complexes situés sur le territoire de la commune : piscine, collège, lycée, éco-quartier, hôpital local et Opac, ce réseau étant alimenté par une chaudière brûlant des anas de lin.

Après une première expérience qui s’est soldée par un échec à cause de problèmes techniques sur cette chaudière au début de l’hiver 2011, il a fallu la remplacer par une autre, fonctionnant au fuel, puis au gaz.

Mais l’idée n’était pas abandonnée et elle a débouché sur une nouvelle réalisation, avec une nouvelle chaufferie biomasse qui fonctionne depuis maintenant 9 mois. Une inauguration officielle de cette chaufferie a été faite ce mardi 23 septembre.

Sébastien Jumel, président de Lin 2000, a exposé le principe : on brûle les anas de lin que la coopérative linière cherche à valoriser autrement que pour l’isolation de bâtiments ou le paillage de végétaux, tout en pérennisant le débouché pour ce co-produit volumineux, pour vendre des calories à un réseau urbain de chaleur. Il y a un intérêt économique pour la coopérative et ses producteurs, un intérêt environnemental puisqu’il s’agit d’une matière renouvelable, produite localement en quantité, et un intérêt social puisqu’il permet de fournir une énergie propre, à des prix plus bas par rapport aux énergies fossiles.

Un accord a été trouvé avec Cofely Services, une filiale du groupe GDF Suez, pour la conception du projet, la gestion du financement, le suivi de la réalisation des travaux qui ont été réalisés fin 2013, et de son exploitation, pour une durée prévue de 15 ans.

Cette chaudière, qui représente un investissement d’un million d’euros, a une capacité de 2 mégawatts, pour couvrir 85 % des besoins en chaleur du réseau de Grandvilliers. Ce projet a bénéficié du financement de l’Ademe, à hauteur de 25 %, et du soutien du Conseil régional, qui avait participé dès le départ à la réalisation du réseau de chaleur. Cette chaudière est couplée à une autre, d’une capacité de 3,5 MW, fonctionnant au gaz.

Pour la coopérative, l’objectif est atteint puisqu’elle s’assure durablement le débouché de 1.200 tonnes d’anas par an, et le projet est rentable, le taux de rentabilité interne étant de 11 %, a précisé Christian Fabry, directeur régional de l’Ademe.

Jacques Larcher, maire de Grandvilliers, ajoutait l’avantage lié au différentiel du prix de cette énergie et sa stabilité par rapport à celui du pétrole. Christophe Porquier, vice-président du Conseil régional, rappelait en effet que le prix des énergies d’origine fossile a doublé en moins de 10 ans à cause de cause des coûts d’exploitation qui vont continuer de croître et que les prix de l’énergie nucléaire vont devenir importants puisque la France importe l’uranium et que ses installations sont à renouveler : il faut donc que la transition énergétique devienne une réalité, par un bouquet d’énergies provenant à la fois de la biomasse, surtout d’origine agricole ou forestière, de l’éolien et du solaire. Il faut chercher à produire sur place, en développant l’économie circulaire. C’est ce qui est fait par Lin 2000, avec son réseau de partenaires et les producteurs de lin.

 

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