L'Oise Agricole 31 octobre 2013 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Reprise du marché du bois

Aux assemblées générales de la coopérative Bois forêt et du syndicat Forestiers privés de l’Oise.

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- © OA

Comme chaque année, les organismes de la forêt privée de l’Oise ont tenu leurs assemblées générales le même jour. Elles se sont déroulées cette année le 24 octobre, à Précy-sur-Oise. Le président Denis Harlé d’Ophove a présenté les comptes de l’exercice 2012-2013, soldé au 30 juin, de la coopérative forestière Bois Forêt. Cette coopérative compte quelque 1.300 adhérents de l’Oise et d’Île-de-France et a commercialisé lors de son dernier exercice environ 18.000 m3 de bois d’œuvre, 25.000 m3 de bois de chauffage, 4.000 m3 de résineux, 4.000 m3 de peuplier, en plus de son activité pour la trituration.

Philippe de Saizieu, directeur de Bois Forêt, a exposé l’évolution du marché, qui est enfin marquée par plusieurs éléments favorables. Pour le chêne, très présent dans les bois de notre région, l’engouement pour le merrain tire les prix, même si ce débouché pour la tonnellerie française, exportée dans tous les pays viticoles du monde, ne représente qu’une portion congrue pour cette essence.

L’essentiel de nos bois trouve ses débouchés vers l’Asie, pour toutes qualités, à défaut de pouvoir généralement mieux les valoriser localement, les prix étant quand même supérieurs qu’en bois de chauffage. Mais la demande à l’export est très forte, avec une légère évolution des prix. Ce qui devrait inciter les propriétaires à exploiter leurs arbres mûrs et à profiter de la conjoncture actuelle : aux forestiers d’être pragmatiques et opportunistes. Et bien sûr de se rapprocher de Bois Forêt pour la valorisation de leurs coupes, avec une optimisation possible sur les bois de qualité.

Pour le châtaignier, il y a depuis mars dernier de la demande pour l’Italie, qui a consommé ses stocks. Et pour les résineux également, la demande a repris, surtout de la part des industriels belges.

Pour le frêne également, il y a de la demande et les prix sont à la hausse. Cette espèce connaît une maladie, la chalarose, due à un champignon dont les attaques au niveau du collet entraînent la mort de l’arbre. Mais l’intensité de cette maladie semble ici limitée, par rapport à d’autres régions. On observe une tolérance ou une résistance de certains arbres, qu’il faut identifier pour la reproduction. Le conseil est donné de continuer normalement la sylviculture pour les arbres adultes et d’exploiter les arbres mûrs pour les vendre, mais de ne plus investir pour l’instant dans des jeunes peuplements.

Autre bémol, le marché du peuplier reste atone, pour reprendre l’expression de Denis Harlé d’Ophove. Il y a un faible débouché à l’export et les prix restent au ras des pâquerettes.

Le peuplier reste pourtant une essence intéressante pour notre région, expliquait M. de Boissieu, puisqu’un marché autre que pour le sciage et le déroulage se crée, celui du bardage. Et un débouché existe également pour la construction de bâtiments à ossature en peuplier.

Il faut aussi noter un nouveau développement attendu d’une usine de déroulage (pour le contreplaqué) située à Épernay, qui vient à nouveau d’être cédée. Les coopératives de l’Oise et de la Somme sont en relation avec le nouveau propriétaire pour approvisionner cette usine.

Par ailleurs, la création d’une association populicole interprofessionnelle régionale est en projet, afin de dynamiser cette filière.

 

Projet de fusion

Lors de cette assemblée générale, a été présenté le projet actuellement en discussion de fusion de Bois Forêt avec la coopérative forestière de Seine-Maritime. Un rapprochement a déjà été fait par la création d’une union, commune aux deux coopératives, dénommée Nord-Seine Forêt. Il est prévu que cette union se transforme en janvier prochain en coopérative par la fusion des deux coopératives qui la constituent ; leurs adhérents seront appelés à valider cette fusion en assemblées générales extraordinaires.

Ce regroupement est nécessité par un marché du bois devenu très compliqué, qui oblige à une approche adaptée à chaque filière, à des industriels spécialisés qui recherchent des qualités spécifiques, l’objectif final étant une meilleure valorisation des bois des propriétaires coopérateurs. Il faut aussi mettre en commun certaines actions et des outils de gestion, comme la cartographie. Car le potentiel de développement du marché du bois est très important, disent les responsables professionnels qui rappelaient le travail réalisé au niveau national, avec l’Union de la coopération forestière française dont le directeur est appelé à assumer également la direction de Nord-Seine Forêt.

Parmi d’autres points abordés lors de cette assemblée générale, l’écotaxe est subie comme «une taxe de plus», inadaptée pour cette filière qui, en matière de protection de l’environnement, n’a de leçons à recevoir de personne. Cette taxe vise à renchérir le coût du transport par camions pour inciter à recourir à de modes de transport plus respectueux de l’environnement. Mais «on n’utilisera pas de péniches ou de trains dans nos bois» faisait-on remarquer. Et les transporteurs auront le réflexe d’éviter les portiques de détection de passage des camions et vont se détourner vers d’autres routes : pas sûr que l’on réduise la pollution par ce système.

Autres sujets évoqués, le coût d’exploitation, très élevé, dont la seule réponse à court terme passe par la mécanisation de certains travaux. Puis les dégâts de grand gibier, de cerfs en particulier, dont il faut réguler les populations par la chasse.

Denis Harlé d’Ophove demande aux forestiers de ne pas se décourager : des lueurs d’espoir apparaissent, avec une reprise des prix sur un marché qui doit se développer.

Il rappelait que le métier nécessite un raisonnement sur le long terme, au moins 15-20 ans avec le peuplier et davantage pour les autres espèces.

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