L'Oise Agricole 18 février 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Une baisse des charges immédiate et une année blanche sociale

Reçus par le Premier ministre le 17 février, les présidents de la FNSEA et de Jeunes Agriculteurs ont salué la baisse des charges de sept points annoncée par Manuel Valls. Si une année blanche sociale va également être mise en place pour répondre à l’urgence, un certain nombre de chantiers restent à mener, notamment au niveau européen et sur le plan des négociations commerciales, pour permettre aux agriculteurs de sortir de la crise.

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- © Sophie Bourgeois

S’exprimant suite à sa rencontre avec le Premier ministre Manuel Valls le 17 février, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a salué l’effort du gouvernement qui a acté une baisse des charges de dix points au total, comme le demandait la profession agricole.

Interrogé quelques minutes avant lors de la séance de questions au gouvernement, Manuel Valls a en effet annoncé la parution prochaine d’un décret validant une baisse immédiate de 7 points des charges sociales, soit l’équivalent de 500 millions d’euros. Cumulée à la baisse de trois points des cotisations familiales actée en début d’année, il s’agit «d’une baisse de 10 points pour les agriculteurs, supérieure au CICE» pour un montant total de 730 millions d’euros a souligné le Premier ministre.

Le président de la FNSEA y voit «une mesure importante, un symbole» qui «va permettre de nous remettre dans une moyenne européenne». En effet, alors que le taux de cotisation des agriculteurs français avoisinait les 45% sur le revenu N-1 ou sur la moyenne des trois dernières années, cette nouvelle mesure permettra aux Français de faire jeu égal avec leurs principaux concurrents européens. La FNSEA qui se bat depuis plusieurs années pour redonner de la compétitivité à l’agriculture française se félicite de voir ainsi aboutir l’une de ses principales revendications.

Par ailleurs, Manuel Valls a également annoncé, pour les exploitants ayant dégagé un revenu très faible ou nul, une année blanche sur les cotisations sociales, automatique et reconductible pendant trois ans.

Mesures structurelles

Le président de la FNSEA regrette toutefois que l'on ait «tardé, tardé, tardé» pour avancer sur les questions structurelles qui sur les plans normatif et réglementaires ne coûtaient rien. Cependant, un comité pour l’élaboration des normes et des réglementations devrait voir le jour et se réunir début mars, coordonné par un préfet.

Réunissant les membres des différents cabinets concernés, il travaillera sur la simplification, la mise à niveau de la réglementation française vis à vis des normes européennes, et l’évaluation des nouvelles normes.

D’autres avancées sont en cours sur un certain nombre de dossiers, a également précisé Xavier Beulin, citant les installations classées, le stockage de l’eau ou encore Ecophyto. Si le Premier ministre a en revanche demandé aux responsables agricoles de cesser les manifestations et les blocages suite à ses annonces, la colère des agriculteurs reste suspendue à la question des prix.

Toujours une attente sur les prix

Des prix qui dépendent beaucoup du contexte international, ce qui implique qu’ «une des réponses principales viendra de Bruxelles», indique Xavier Beulin. Le secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, attend lui aussi de l’Europe qu’elle «passe à une gestion de crise à une gestion de marché».

Même point de vue pour Jeunes Agriculteurs, dont le président, Thomas Diemer, était également présent au rendez-vous avec le Premier ministre : «il reste encore beaucoup de chantiers devant nous, notamment le chantier européen», explique-t-il.

Les responsables agricoles espèrent pouvoir faire bouger les lignes au niveau de la Commission, en vue du prochain conseil agricole européen. Xavier Beulin évoque ainsi la possibilité de restitutions. Il n’élude pas pour autant les responsabilités côté professionnel, expliquant rencontrer prochainement «les collègues des organisations professionnelles européennes», arguant que la tâche serait plus facile si eux-aussi faisaient pression sur leur gouvernement.

Si les annonces du Premier ministre représentent un véritable pas en avant pour la profession, les agriculteurs restent également mobilisés sur la question des négociations commerciales, qui prendront fin le 29 février, avec l’espoir qu’elles ne contribueront pas à dégrader davantage une situation déjà difficile. À défaut, les appels au calme risquent bien de n’être pas entendus.

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