L'Oise Agricole 09 juillet 2014 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

La consommation de terres agricoles se ralentit

En 30 ans les terres agricoles ont reculé de deux millions d’hectares.

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- © Dominique Lapeyre Cavé

En France, les terres agricoles occupaient 28,2 millions d’hectares en 2012, soit 51 % du territoire métropolitain. Plus des deux tiers d’entre elles étaient cultivées, le reste étant des surfaces toujours en herbe, selon Agreste Primeur n° 313 de juin 2014 consacré à l’utilisation du territoire en France métropolitaine. Les espaces naturels (sols boisés, landes, friches, sols nus naturels et zones humides) couvraient 21,7 millions d’ha, soit 40 % du territoire.

Les espaces artificialisés qui comprennent les sols bâtis (y compris les bâtiments et habitations agricoles), les routes et les infrastructures ainsi que les espaces verts (parcs, jardins publics et privés, terrains de sport), s’étendaient sur cinq millions d’hectares, soit 9 % du territoire. En 30 ans (1981-2012), les terres agricoles ont perdu deux millions d’hectares soit 6,9 % de leur surface, c’est-à-dire l’équivalent des deux plus grands départements français, la Gironde et les Landes.

Evolutions contrastées

Sur cette longue période, le rythme annuel de «consommation » des terres agricoles s’est établi à 67 000 hectares par an, mais avec des évolutions différentes dans le temps. Entre 1981 et 1990, 62 000 ha de terres agricoles ont disparu chaque année. Au cours de la décennie 1990, les pertes moyennes ont atteint 76 000 ha par an pour retomber à 63 000 ha par an entre 2000 et 2012. Sur la période récente, après un pic exceptionnel de 114 000 ha par an entre 2006 et 2008, les pertes agricoles sont revenues à 52 000 ha/an entre 2006 et 2008 et 42 000 ha/an entre 2010 et 2012. Une évolution qu’Agreste Primeur explique par la crise économique de 2009 qui s’est accompagnée d’une baisse de l’activité dans le bâtiment et les travaux publics et une évolution des politiques d’urbanisme plus sensibles à la préservation des espaces agricoles. Sans oublier de nouvelles dispositions législatives sur le sujet. Les pertes de sols agricoles ont profité essentiellement aux espaces artificialisés qui sont passés de trois à cinq millions d’ha sur la période alors que l’évolution des espaces naturels a présenté une remarquable stabilité.

Cette progression s’explique, non seulement, par la croissance démographique (+ 17 % en moyen ne) mais aussi par de nouveaux comportements sociologiques «qui induisent de nouveaux espaces pour se loger, travailler et circuler », explique Agreste Primeur. Ainsi, la surface des espaces artificialisées par habitant s’est aussi accrue, passant de 6 à 8 ares en moyenne à mettre en relation avec la baisse de la taille des ménages, (décohabitation, vieillissement, divorce…), les politiques d’urbanisation et d’infrastructures, le développement de l’habitat individuel et des résidences secondaires. Disparités régionales En 30 ans, le recul des terres agricoles a été plus ou moins marqué selon les régions.

Il est particulièrement élevé sur le pourtour méditerranéen en Provence- Alpes-Côte d’Azur (-21%) et en Languedoc-Roussillon (-17,4 %). Il est également supérieur à la moyenne nationale (-7 %) sur le littoral atlantique : Bretagne, Pays de Loire, Aquitaine ainsi qu’en Rhône-Alpes, Alsace et Nord-Pas-de-Calais (entre -7 et - 11 %). A l’opposé, les régions qui perdent le moins de terres agricoles (-2 %) se situent dans la diagonale centrale de la Lorraine au Limousin en passant par Champagne- Ardenne et la Bourgogne, où la croissance démographique est beaucoup plus faible. Une spécificité : la région parisienne. Les pertes agricoles y sont relativement faibles (-3,1 % entre 1981 et 2012) malgré la croissance démographique. Ici l’artificialisation des terres semble s’être opérée davantage au détriment des espaces naturels que des sols agricoles. ECONOMIE Réduction simultanée des volumes et des prix et une hausse de la valeur des consommations intermédiaires. Le revenu agricole en baisse de près de 20 % en 2013 Le revenu des facteurs de la branche agricole par actif en termes réels a reculé de 19,8 % en 2013, indique un rapport de l’Insee publié le 1er juillet.

Premier facteur responsable de cette chute : la diminution de 4,1% de la production agricole en valeur, et dans une moindre mesure en volume. La baisse des prix est surtout sensible en grandes cultures : céréales, colza et protéagineux pèsent lourd dans la diminution globale qui se porte à -3,3 %. Une diminution tempérée cependant par un renchérissement dans le vin, le bétail, le lait et les fruits. La production agricole française atteint au total 72,9 milliards d’euros soit 3,2 milliards de moins qu’en 2012. En volume, elle ne diminue que de 0,9 %. La situation est contrastée en fonction des secteurs : -1,1 % pour les productions végétales (céréales et colza) tandis que les fruits et pommes de terre progressent ; les productions animales accusent un recul de 0,7 %, seule la production d’oeufs ayant progressé. Davantage d'engrais Les consommations intermédiaires (biens et services qui entrent dans le processus de production) ont augmenté en 2013 de 3,1 % en valeur, ce qui se répercute, nécessairement, sur le revenu. C’est surtout la hausse du prix moyen qui est à l’origine de cette augmentation : les dépenses en aliments pour animaux connaissant une croissance de 4 % et ce, malgré un recul des quantités consommées.

Les produits de protection des cultures ont augmenté de 1,7 % par rapport à 2012. Les dépenses en engrais affichent une forte hausse de 8,6 %, essentiellement due, cette fois, à une utilisation plus importante, les prix étant globalement similaires à 2012. La baisse des coûts de l’énergie (- 1,6%) ne suffit pas à réduire la facture globale. En 2012, le revenu des facteurs de la branche agricole par actif s’élevait à 38 300 euros en moyenne. Il n’aurait donc pas dépassé 32 000 € en 2013. Les forts contrastes constatés lors de l’examen de ces statistiques ont incité la Commission des comptes de l’agriculture et de la nation à «consolider dans les jours qui viennent les chiffres de ce secteur», indique un communiqué du ministère de l’Agriculture, avant la publication de chiffres définitifs du revenu agricole le 10 juillet.

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