L'Oise Agricole 21 janvier 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Le lin : «une filière qui ne connaît pas la crise»

Les adhérents de la coopérative Lin 2000 et de la Cuma linière de Grandvilliers étaient réunis en assemblées générales ce mardi 19 janvier.

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- © Bernard Leduc

Ces assemblées générales étaient appelées à statuer sur l’exercice clos au 30 septembre 2015. Nicolas Defransure, directeur de Lin 2000, est donc revenu sur la campagne 2014, qui était «bien partie» pour les linières, mais qui ont très souvent subi de la verse.

Cela a compliqué la récolte et le teillage, mais le rendement a été très bon : 7.620kg de paille/ha en moyenne sur les 790 a teillés dans cette coopérative (sur les 977 qui ont été semés, ces surfaces étant en hausse).

Mais ce rendement étant terni par une faible richesse : la filasse n’a représenté que 19,61% et les étoupes, 13,36%. Avec de tristes records, d’abord en fibres longues, puis en déchets (18%, avec des cailloux et beaucoup de terre ou de poussières, à cause de la verse).

En lin, on le sait, les campagnes se suivent et ne se ressemblent pas : une comparaison a été faite sur la campagne 2015, avec les premiers résultats analysés sur la récolte des 190 premiers hectares teillés. Les linières ont beaucoup souffert du déficit hydrique, cela s’est bien sûr ressenti sur le rendement, descendu à 5.597kg de paille/ha. Mais avec une richesse «satisfaisante», à près de 21% de rendement en filasse et moins de 10% en étoupes. Et des gros écarts ont été constatés dans les rendements entre secteurs, en fonction de la pluviométrie, trop souvent absente ; des écarts ont aussi été constatés sur la qualité, les plus mauvais étant dus à un rouissage insuffisant.

Mais les liniculteurs gardent le moral. Le président de Lin 2000, Sébastien Jumel, évoquait l’évolution des prix. «Il est une filière qui ne connaît pas la crise, le lin», disait-il. Déjà, la récolte 2013 avait «apporté son lot de satisfactions avec des résultats techniques très corrects et une recette plus qu’honorable». Et pour 2014, malgré la verse, le revenu des producteurs a connu une hausse, avec une recette/ha de 2.686€ en moyenne sur la coopérative. L’élément le plus déterminant est le prix de la filasse, qui avait augmenté, le prix moyen de vente de Lin 2000 ayant atteint 2,29€/kg. La demande reste forte, toujours dominée par les Chinois, et les prix restent élevés. Cette situation vient d’un travail collectif au sein de la filière, des coopératives regroupées au sein de la Festal, de l’AGPL et de la CELC, qui avait mis en place un programme de promotion du lin, Be Linen. Un nouveau plan de promotion sur 3 ans, Ultralin, vient d’être défini.

 

En phase d’investissements

Pour la coopérative, dont le chiffre total d’affaires a dépassé la barre des 8 millions d’euros, l’exercice se solde par un résultat en nette hausse, à 545.000€, dont 300.000€ ont été provisionnés en ristourne coopérative pour le teillage 2014. «à ce résultat, il faut ajouter 100.000€ de provision pour risques et charges qui permettent de capitaliser des réserves pour garantir un revenu correct à nos adhérents pour les années futures», précisait Sébastien Jumel.

Ces bons résultats viennent d’une part de la valorisation d’une bonne récolte en lin textile. Elle vient aussi du développement de l’activité semences, qui représente 37% du chiffre d’affaires de la coopérative. Les surfaces de production de semences, en lin textile de printemps et en lin oléagineux de printemps ou d’hiver, sont en hausse. Les ventes de semences ont été de 3.643q en lin textile et de 8.913q en lin oléagineux. Des graines sont aussi vendues pour l’alimentation humaine ou l’alimentation animale.

Et il faut ajouter la diversification en vente de calories dans des réseaux de chaleur, avec la chaudière qui est alimentée - presque exclusivement - par des anas depuis un peu plus de deux ans : près de 2.000 tonnes d’anas ont été brûlées pendant l’exercice clos au 30 septembre dernier. Le rendement est très bon et cette activité permet de dégager une petite marge pour la coopérative, tout en valorisant une partie de la récolte des adhérents par la vente des anas à 62 €/tonne.

La bonne santé financière permet à la coopérative de poursuivre son programme d’investissement pour revoir et renouveler la gestion, le transport et le traitement des étoupes, des graines et des anas dans l’usine de Grandvilliers. Grâce à cet investissement, qui est de près de 1.160.000€, les deux teilleuses pourront travailler simultanément, et la productivité doit être améliorée.

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