L'Oise Agricole 19 février 2015 à 08h00 | Par Oise Agricole

Les producteurs de grandes cultures restent sur leur faim

Les producteurs de grandes cultures réunis en congrès n’ont pas reçu de réponses précises à leurs demandes sur la mise en œuvre de la réforme de la PAC et de la directive nitrates.

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De bonnes intentions, mais c’est la faute à Bruxelles. C’est en ces quelques mots que l’on pourrait résumer l’intervention de Stéphane Le Foll au congrès d’Orama qui s’est déroulé à Mont-de-Marsan, les 11 et 12 février. Attendu en urgence sur la mise en œuvre de la PAC et l’application de la directive Nitrates,le ministre de l’Agriculture n’a que partiellement répondu aux questions posées et a renvoyé sur la Commission de Bruxelles la responsabilité des retards.

Ainsi au cœur de la zone de production du maïs, alors que les agriculteurs ont terminé les semis d’hiver, Stéphane Le Foll n’a pu donner l’assurance que la couverture hivernale des sols serait retenue au titre de la diversité des assolements. «Je pense qu’on est sur la bonne voie»a-t-il néanmoins indiqué après avoir évoqué le sujet, la veille, avec le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan. Idem pour la mise en œuvre de la MAE dans les zones intermédiaire spénalisées par la réforme de la PAC  et où les rendements sont moins élevés. «Nous allons trouver une solution» renvoyant ici aussi à un arbitrage de Bruxelles. Pour débloquer le dossier ainsi que d’autres, comme l’ICHN, le président de la République a fait parvenir un courrier au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il y a quelques jours. Argumentidentique pour la prise en compte de la méthode Azur préconisée par Arvalis pour répondre aux exigences de la directive Nitrates et piéger l’azote dans le sol.

L’assurance récolte en bonne voie

Le ministre de l’Agriculture a néanmoins annoncé la prochaine mise en place de l’assurance récolte pour faire face «à des aléas plus fréquents et plus intenses». Le dis-positif prendrait la forme d’un contrat socle«subventionné à hauteur de 65 %» auquel serait adossé un contrat complémentaire égale-ment aidé par les pouvoirs publics.«Je ferai des propositions concrètes après le Salon de l’agriculture. Nous lancerons une expérimentation fin2015 avant une généralisation en2016» a-t-il promis. Philippe Pinta a néanmoins mis en garde le ministre sur la nécessité de créer un dispositif suffisamment attractif. «Il serait paradoxal de lancer un dispositif ouvert à tous dont se détourneraient les seuls producteurs déjà engagés», a-t-il plaidé. 35 % des surfaces sont déjà assurées.

Le ministre ne reviendra pas sur la réforme de la PAC et la redistribution des aides. Il a indiqué que«l’équilibre est aujourd’hui juste»entre les productions végétales et les productions animales. Il est vrai que confrontés à une baisse des prix et des revenus sans précédent,les producteurs de grandes cultures n’ont pas digéré le redéploiement des aides. Philippe Pinta a d’ailleurs insisté pour que leur «niveau ne bouge plus»

règles et contraintes

Mais le congrès s’est surtout focalisé sur l’empilement des règles et contraintes auxquelles sont soumis les producteurs . Philippe Pinta est longuement revenu sur toutes ces mesures qui «brident la liberté d’entreprendre». «Assez de contraintes,sachez libérer les initiatives plutôt que de les brider par une réglementation soupçonneuse, inefficace et difficile à comprendre», a-t-il lancé à l’adresse du ministre. Et de citer la tendance de l’administration à en rajouter sur les règles communautaires, les freins à l’utilisation des engrais imposés par la directive Nitrates, le nouveau programme Ecophyto 2 qui vise à diminuer les quantités de produits phytosanitaires, sans tenir compte de leurs impacts sur la santé et l’environnement, l’application aveugle du principe de pré-caution qui bloque toute innovation notamment en matière debiotechnologies ou les difficultés rencontrées en matière de gestion de l’eau. Bref, malgré les déclarations du président de la République, du Premier ministre et même du ministre de l’Economie sur la nécessité de débrider l’économie, les producteurs de grandes cultures ont le sentiment que leurs demandes ne trouvent pas d’issue.

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