L'Oise Agricole 15 janvier 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Betteraves: mauvaise campagne dans l’Oise

Les planteurs sont venus nombreux à la réunion du comité technique de l’ITB Oise, jeudi dernier 7 janvier dans la salle du Syndicat betteravier à Estrées-Saint-Denis.

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Réunion technique ITB le 7 janvier dernier.
Réunion technique ITB le 7 janvier dernier. - © Bernard Leduc

Au cours de cette réunion ont été analysées les causes d’une mauvaise campagne betteravière, constatée en particulier dans l’Oise. Elle se solde en effet par un rendement départemental moyen d’à peine 82t à 16 par hectare, en net retrait par rapport à la moyenne quinquennale de 87,7t.

Il était pourtant rappelé que cette culture continue de connaître des gains de productivité : Vincent Laudinat, directeur de l’Institut technique de la betterave, citait quelques chiffres : la production de sucre/ha était de 8 tonnes en 1983 ; elle est passée à 14,8t en 2014. On constate une progression régulière des rendements, de l’ordre de 2 % par an. Et tout est fait à l’ITB pour «toujours tirer vers le haut», comme le disait son président, Alexandre Quillet, pour aider l’ensemble des planteurs à gagner en performances, dans le respect de l’environnement, l’objectif étant, au-delà du revenu des planteurs, de renforcer la compétitivité de la filière betteravière française.

Les axes de travail sont multiples : génétique, agronomie, protection de la culture, agro-équipements. Un point était cité en particulier, le programme Aker, qui a pour ambition de doubler le progrès génétique à partir des ressources génomiques naturelles. Et cela ne semble pas une utopie : l’ITB a enregistré un rendement de 27t de sucre/ha dans un de ses essais en 2015, mené avec irrigation.

 

Stress hydrique

Philippe Delefosse, délégué régional de l’ITB, a fait un retour sur les préoccupations de la campagne qui se termine - pour l’usine Tereos de Chevrières, celle-ci n’était prévue que pour le 14 janvier. Après le rechargement des nappes phréatiques fin 2014, il y avait eu quasi-absence de conditions hivernales et les semis 2015 ont été précoces puisqu’ils étaient terminés fin mars, après de bonnes conditions de reprise des terres, hormis dans les terres les plus argileuses.

Mais les températures fraîches ont retardé les levées et le développement des plantes et ce n’est que début juin qu’il y a eu couverture foliaire totale. Le mois de juin a été exceptionnellement sec et chaud, donc avec de fortes ETP et ces conditions ont perduré en juillet et en août : la culture a beaucoup souffert de ce stress hydrique. Il y a eu retour des pluies avant le début de campagne dans les usines - le 20 septembre pour Saint Louis Sucre et fin septembre pour Tereos - on a alors observé des rendements très bas, avec de faibles richesses. La culture a tenté de rattraper son retard, en poids racines et en richesse, mais le rendement moyen de campagne atteint à peine 82 tonnes, et il est très hétérogène du fait d’une pluviométrie moins pénalisante dans les secteurs Nord du département.

Le parasitisme a été relativement faible. Il y a eu d’abord des attaques de limaces noires, dangereuses jusqu’au stade 6-8 feuilles. Puis à partir de la mi-mai, on a constaté des attaques de pégomyies ainsi que de pucerons noirs, qui ne présentent pas un réel danger pour la culture, d’autant que se sont développées des populations d’auxiliaires (coccinelles, chrysopes et syrphes), mais il y a eu apparition de maladies entomorphales, dues à des champignons.

Et ce qui caractérise cette campagne a été une forte présence de teignes, papillons (ou chenilles, avant le stade chrysalide : il y en a eu jusque 3 générations) et le développement de rhizopus, du fait des conditions météo, chaudes et sèches. Les maladies du feuillage se sont développées très tardivement, ne nécessitant souvent qu’un traitement.

Du fait de l’allongement des campagnes, la durée de conservation en silos a été longue après les derniers arrachages, peut-être effectués trop tôt. On constate des pourritures, dues parfois à du rhizopus, peut-être au rhizoctone violet (un ravageur contre lequel il n’y a pas de moyens de lutte), et des moisissures. Certains silos affichent un taux élevé de betteraves non marchandes.

Sans conteste, c’est le stress hydrique de juin à mi-septembre qui est le plus dommageable à la betterave : l’ITB estime qu’il a entraîné une perte de rendement de 11%. Le département a été particulièrement affecté et l’attention des planteurs portée à gérer au mieux la conduite de la culture.

 

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