L'Oise Agricole 10 juillet 2015 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Prochaine moisson : quel impact des chaleurs sur les rendements ?

Le Comité régional des céréales de Picardie a fait le point sur les estimations de récolte et les évolutions de surfaces.

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- © Action agricole picarde

Les cultures présentaient, à la fin juin, un bon potentiel de rendement, légèrement supérieur à la moyenne quinquennale. C'est ce qu'a estimé le Comité régional des céréales de Picardie, réuni le 30 juin dernier, sous la présidence de Jacques de Villeneuve. Une estimation assortie toutefois de toutes les réserves. En effet, outre l’état d’avancement des cultures, les conditions climatiques du mois de juillet restent déterminantes.

Et surtout quid de l’impact de l’épisode de canicule survenu en ce début juillet sur les cultures ? Cela dépendra de son intensité,tant dans la hausse des températures que dans sa durée. D’ores et déjà, la moisson des escourgeons est en cours et celle des blés débuterait autour du 24 juillet.

Retour sur la campagne 2014-2015

Les conditions de semis pour l’ensemble des cultures d’hiver ont été bonnes. Elles ont permis globalement une implantation optimale. Après des températures relativement douces jusqu’à la mi-janvier, la Picardie a retrouvé des températures hivernales jusqu'à la mi-février. Dans le même temps, la pluviométrie restait conforme aux normales saisonnières, avec un léger excédent pour le littoral picard.

Ainsi, au sortir de l’hiver, le stade de développement épi 1 cm pour les blés et les orges d’hiver était conforme à la moyenne quinquennale. La région a connu au printemps un excédent d’ensoleillement proche de 50 %. Cependant, malgré quelques passages pluvieux salvateurs,le temps sec a dominé en Picardie, se traduisant par un déficit de précipitations entre 20 à 50 % par rapport à la normale.

Ces conditions climatiques ont moins profité aux cultures de printemps, ces dernières subissant un stress hydrique lors de leur implantation pour les orges de printemps notamment. Dans le même temps, la pression des maladies (septoriose, rouille, oidium) était faible.

Le mois de juin, chaud et sec, a permis un remplissage optimum des grains.

La moisson des escourgeons est en cours et les premiers résultats sont encourageants. Cependant, pour les céréales à paille, l’impact du déficit hydrique printanier et de l’épisode de canicule évoqués précédemment reste une grande inconnue. Dans le dernier relevé Céré’Obs, les conditions de culture des blés picards sont qualifiées à 72% «de bonnes (*) à très bonnes» (contre 78 % en 2014 à la même période), 93 % (contre 92 %) pour les orges d’hiver et 70% (contre 70%) les orges de printemps.

Blé : un rendement dans la moyenne quinquennale

Compte tenu des données disponibles au 30 juin dernier, le rendement blé tendre a été évalué autour de 86 q, ce qui est conforme à la moyenne quinquennale. La production picarde de blé serait en diminution par rapport à 2014 (- 6%), autour de 4 758 000 tonnes. Les trois départements picards présenteraient des rendements similaires, l’Oise étant en léger retrait. Les membres du Comité ont été unanimes pour retenir l’aspect relativement hétérogène des cultures et ont fait remarquer que beaucoup d'éléments étaient encore difficilement mesurables fin juin, notamment l’impact des températures échaudantes annoncées.

Pour les escourgeons, les rendements approcheraient les 87 q au niveau régional, en augmentation par rapport à l’année dernière. En ce qui concerne les orges de printemps, les conditions climatiques du printemps ont été moyennes. Les rendements attendus seraient en diminution par rapport à 2014, autour de 64 q. Une interrogation demeure également sur la qualité finale, compte tenu de l’aspect hétérogène durant les levées.

Colza : en retrait

Les rendements prévus en colza devraient être en retrait par rapport à l’année dernière, autour de 36 q, inférieurs à la moyenne quinquennale. La production serait en recul de 13%, autour de 475.000 tonnes. Les pois présentent un potentiel très moyen, le manque d’eau du printemps ayant fortement affecté cette culture. Le rendement en Picardie se situerait comme l’année passée autour de 41 q.

A l’instar des pois de printemps, les féveroles ont souffert des conditions climatiques. Cependant, il est encore un peu tôt pour avoir une bonne appréhension du rendement, d’autant que l’on constate une très grande hétérogénéité des parcelles implantées. Le rendement a été estimé en baisse par rapport à l’an passé, autour de 37 q, ce qui correspond à une année moyenne.

(*) Le stade « condition de culture = bonne » correspond à un état de croissance normal incluant les facteurs limitants habituels pour la région.

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