L'Oise Agricole 19 décembre 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Agora : « une coopérative en ordre de marche »

L’assemblée plénière de la coopérative Agora s’est déroulée le 11 décembre, dans le cadre magnifique de la maladrerie Saint-Lazare à Beauvais. Retour sur une belle année.

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- © Thierry Dupont et Joel Cottart

Cette assemblée générale, qui faisait suite aux 8 assemblées de sections, était présidée pour la première fois par Thierry Dupont. C’était une réunion de rétrospective, à la fois parce que les délégués devaient statuer sur les comptes de l’exercice 2013-2014, clos au 30 juin dernier, et parce qu’un retour était fait sur les dernières 25 années qui ont été celles que la coopérative a vécues, avec toutes ses restructurations, sous la présidence de Joël Cottart. C’était aussi une réunion de prospective puisque, si l’entreprise a une excellente santé financière, une réflexion est menée sur son adaptation à un monde dans lequel «les changements d’accélèrent».

Retour sur la campagne 2013-2014 d’abord ; «bien, la moisson 2013 !» disait Jean-Xavier Mullie, avec une moisson rapide, faite dans de bonnes conditions et qui ont montré la performance de la logistique - l’essentiel des réceptions s’est concentré sur 10 jours- avec des rendements «satisfaisants». La collecte totale a été de près de 900.000 tonnes, avec un bon niveau de qualité pour toutes les espèces, et la situation était favorable sur les marchés, avec des prix soutenus et des stocks faibles en début de campagne.

Le blé représente plus des deux tiers de la collecte totale de la coopérative, à 615.000 tonnes sur cette campagne. Malgré sa progression régulière au cours des dernières années, le colza a marqué un net repli (- 21 % en volume), passant après le maïs dans le niveau de collecte chez Agora, puisqu’il a fallu remplacer une partie des cultures en place. Et le recul des protéagineux se poursuit, surtout pour les pois.

La valorisation a été bonne pour l’ensemble des produits collectés. Et l’année a aussi était satisfaisante sur l’activité appros, avec une augmentation en produits de protection des cultures, une baisse du chiffre d’affaires pour les engrais (du fait de la baisse des prix), et une stabilité sur les semences et les aliments du bétail.

Cette bonne campagne s’est aussi traduite au niveau comptable et financier, malgré une diminution globale du chiffre d’affaires (à 281 millions d’euros) liée à la baisse du prix des céréales : le blé a été payé 217,50 € la tonne au titre de la récolte 2012, contre «seulement» 186 sur la récolte 2013.

La coopérative a enregistré un résultat net de 2 millions d’euros et a continué de conforter ses capitaux propres, qui atteignent près de 66 millions d’euros, en progression régulière (+ 42 % en 10 ans). Il y a eu amélioration du résultat financier de 800.000 euros, malgré le versement d’un complément de prix.

Les excellents ratios de gestion sont à mettre en lien avec une diminution de l’endettement une baisse des charges, alors que la coopérative a mis aux normes et renouvelé l’ensemble de ses 57 silos, le dernier gros investissement ayant été la reconstruction de celui de Breteuil.

Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas. En volume, la collecte a été bonne cette année, voire en légère progression (à 920.000 tonnes), mais le contexte est totalement différent, sur les prix bien qu’ils s’améliorent depuis quelques semaines, malgré une récolte mondiale record et surtout sur la qualité, qui interdit une bonne valorisation sur les marchés. La baisse des prix impacte bien sûr le fonctionnement de la coopérative et surtout les revenus de ses 2.411 sociétaires porteurs de parts. D’ailleurs, une forte évolution des créances sociétaires est observée depuis la moisson.

 

Adaptation

La coopérative reste concentrée sur ses métiers de base, dans un souci de bonne gestion, et en travaillant avec ses différents partenaires et ses filiales dont les plus importantes sont Thémis, Vertdis et la Semmap, Synergis logistique (pour les transports) a été intégrée au sein d’Agora.

La coopérative continue de chercher à conforter ses performances. Un conseil d’administration désormais resserré une modification statutaire, votée en assemblée générale extraordinaire, a réduit le nombre maximum d’administrateurs de 50 à 35 autour de Thierry Dupont réfléchit à un projet pour 2020-2025, intégrant un nouveau relationnel avec les jeunes.

Un fort renouvellement des administrateurs a été opéré, avec le retrait volontaire de plusieurs anciens. Agora veut rester «une vraie force de propositions».

Jean-Xavier Mullie a fait un peu de prospective, en faisant part de réflexions sur les changements de l’environnement de notre agriculture. Dans un marché désormais libre, avec des concurrences exacerbées entre producteurs et des besoins alimentaires croissants au niveau mondial, les agriculteurs français doivent faire face à de nouveaux enjeux, parfois contradictoires puisqu’il faudra produire davantage, mais en réduisant les intrants tout en améliorant la qualité, et avec des contraintes environnementales croissantes.

L’innovation, qui est venue de l’amélioration génétique et surtout de la protection phytosanitaire selon Jean-Xavier Mullie viendra probablement d’autres technologies, dont une meilleure intégration de l’agronomie, les techniques liées à l’agriculture de précision et la révolution numérique, qui n’a pas de limites : la collecte et le stockage d’informations sont de plus en plus importants et leur circulation est devenue constante.

Aux agriculteurs et leurs outils coopératifs de s’adapter, sans forcément calquer le passé : rien ne sera plus comme avant et déjà, il faut gérer avec la volatilité des prix, parfois artificielle.

À l’issue de cette assemblée générale intervenait Jean-Marie Meulle, ancien directeur général du groupe coopératif Agrial et membre du HCCA (Haut conseil de la coopération agricole). Il rappelait les valeurs des coopératives, qui sont des sociétés «inclassables» et «non-OPAbles». Elles sont gérées par leurs sociétaires, qui sont en même temps leurs clients, pour qui la formation doit rester une priorité : il faut savoir s’adapter à l’évolution des techniques et anticiper les changements. Et «vendre pour produire».

 

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