L'Oise Agricole 22 octobre 2015 à 08h00 | Par Vincent Vanderbeck

Banc d’essai moteur : quels enseignements

Le banc d’essai moteur permet de connaître les performances de son tracteur. Ce qu’il faut savoir.

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- © Action agricole

Les Chambres d’agriculture de Picardie proposent depuis 2011 de réaliser un diagnostic des moteurs de tracteurs agricoles. Ce diagnostic a pour but de connaître toutes les données importantes relatives au moteur : la puissance, le couple et la consommation. En effet, il permet d’identifier la plage d’utilisation optimale pour un meilleur com-promis entre la puissance et la consommation afin de réaliser une économie sur le poste carburant.

Contrôler régulièrement tous les tracteurs

Le diagnostic effectué dans les mois suivant l’achat permet de vérifier les performances réelles par rap-port à celles annoncées par le constructeur. Ce contrôle permet également de vérifier le bon fonctionnement des moteurs des tracteurs plus âgés.Le banc d’essai moteur permet de mesurer le couple à la prise de force, la puissance réelle, la consommation spécifique, la consommation horaire réelle, le régime réel du moteur et la réserve de couple. Ces données permettent de les comparer aux références des essais officiels d’un tracteur neuf et à la base de données des diagnostics déjà réalisés.Après plusieurs années de réalisation, on constate que la grande majorité des tracteurs sont sur-puissants. Cela amène donc à réfléchir sur les critères à prendre en compte lors d’un renouvellement.En effet, certains sont déçus de leur

nouveau tracteur. L’une des principales explications est que ces agriculteurs utilisaient sans le savoir des tracteurs développant plus que la puissance annoncée. Au moment du renouvellement, un manque de puissance se faisait ressentir alors que le nouveau tracteur faisait«réellement» sa puissance. Ainsi lors du remplacement d’un tracteur, il est déjà utile de connaître la puissance réelle du matériel à renouveler. Un deuxième paramètre souvent délaissé doit intervenir dans le choix d’un tracteur : il s’agit de la norme utilisée pour mesurer la puissance du moteur. En effet, il en existe une diversité et les constructeurs n’utilisent pas tous la même norme. Le souci est que certaines normes permettent de donner la puissance disponible au volant moteur, en retirant certains organes consommant de la puissance.

Des constructeurs vont jusqu’à annoncer la puissance d’un moteur sans son système de refroidissement, sans aucun système d’échappement, sans aucun accessoire annexe. La norme réellement disponible à la prise de force(ocde) est celle qui est mesurée lors du test au banc d’essai moteur.D’autre part, il est difficile de juger un tracteur uniquement sur sa puissance. La notion de couple est plus appropriée. Tandis que la puissance ne correspond qu’au résultat d’un calcul effectué grâce au couple et au régime moteur. Le couple,exprimé en Newton par mètre(N.m), est donc l’effort de rotation transmis par le moteur et ne dépend d’aucune norme. Le couple définit donc la force du tracteur, sa capacité à surmonter un effort avant de devoir rétrograder. Le couple doit donc être le point principal de réflexion et de comparai-son entre deux tracteurs.

Réduire sa consommation grâce au banc moteur

Lors des diagnostics, il est possible de mesurer précisément sa consommation de carburant.Grâce à cela, il est possible de préconiser une plage de travail optimale pour réduire la consommation. La connaissance de la consommation spécifique (CS) est une chose intéressante, qui permet de connaître réellement le rendement du moteur en valorisant le carburant au maximum. En effet, cela permet de connaître la consommation par rapport à la puissance délivrée (g/kW/h).

On estime qu’un tracteur est bien réglé si sa consommation spécifique est inférieure à 240 g/kW/h. La plupart des constructeurs pro-posent aujourd’hui des systèmes de surpuissance qui permettent aux tracteurs de développer plus de puissance lors de certaines applications, notamment au transport ou lors de l’utilisation de la prise de force. Concernant les conditions d’obtention de ces boosts, cela reste très flou et variable selon les constructeurs, notamment pour le transport. Certains annoncent à partir de la 16evitesse, par exemple, mais faut-il encore savoir à quelle vitesse d’avance-ment cela correspond, d’autres l’annoncent à partir de 8 km/h,mais en six paliers.

On ne sait donc pas réellement quelle est la puissance supplémentaire disponible à 8 km/h. La puissance nominale est un point important à connaître avant d’investir dans un tracteur. En effet, le risque est d’acheter un tracteur avec une puissance nominale plus faible en pensant pou-voir utiliser la surpuissance, qui n’est pas disponible pour les utilisations où elle serait nécessaire.

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