Anciens numéros

212 anciens numéros

N°1310 (7)

16 février 2018 | Semaine 7 1310
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L'édito

Rester seul chez soi

Guillaume Chartier, président de la FDSEA60

Le mutualisme et le collectif sont des valeurs fortes qui ont constitué notre syndicalisme. Nous le savons, nous traversons une période bousculée dans laquelle le paysage économique et social change vite. Cela a des impacts très forts sur nos débouchés, sur nos exploitations, sur nos revenus. On peut parler de crise !

Oui, c’est cela que nous vivons, dans nos comptes d’exploitations, dans nos trésoreries. Cela inquiète évidemment. Il y a même de quoi être en colère lorsque, dans le même temps, on voit dans la chaîne alimentaire des intermédiaires s’en mettre plein dans les poches alors que nous, paysans, trimons. Ce dont nous sommes convaincus à la FDSEA, c’est que ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut baisser les bras.

Bien au contraire ! Oui, il nous faut être acteurs de notre avenir. Des outils nous sont donnés. Les États généraux de l’alimentation, le règlement Omnibus ouvrent encore des champs du possible pour nous organiser collectivement et peser pour construire nos prix. Oui, notre devoir est de dire que rien ne sera possible sans la voix et l’implication des agriculteurs. Justement, il faut se rencontrer, échanger, partager et construire pour porter des projets.

Il ne faut pas rester seul chez soi alors, le 20 février, venez à Bresles rencontrer Christiane Lambert et échanger sur notre avenir à tous pour construire des prix et de la valeur sur nos exploitations. Être présents et nombreux, cela compte.

N°1309 (6)

09 février 2018 | Semaine 6 1309
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L'édito

Guillaume Chartier, président de la FDSEA 60

Agri-bashing

Qu’est-ce que ce mot barbare ? Il désigne la tendance, dans certains milieux ou dans certains groupes, à dénigrer, calomnier et salir notre métier de manière systématique. On l’a connu sur le glyphosate, sur le bien-être animal et un nouveau sujet a été trouvé par les médias. «Les pratiques agricoles seraient responsables des crues observées partout en France et surtout en région parisienne» ont ainsi affirmé quelques pseudos experts !

Cela est autant absurde qu’inapproprié. Les épisodes de crues sont une catastrophe pour tous ceux qui les subissent : particuliers, entreprises, collectivités et agriculteurs qui voient leurs champs inondés et leurs récoltes perdues. Et si les crues avaient d’abord pour cause une pluviométrie exceptionnelle ? et si l’artificialisation des sols avec une urbanisation galopante y était aussi pour quelque chose, le goudron favorisant le ruissellement ?

Il est un peu facile et, pour le dire, même choquant et scandaleux de faire porter la responsabilité de ces évènements climatiques aux agriculteurs.

De là à ce que nous soyons également responsables de la neige et du verglas ! Face à ce dernier évènement, souhaitons justement que nos médias mettent en valeur ce que nos concitoyens connaissent des agriculteurs, l’esprit de solidarité quand il faut déneiger ou sortir une voiture du fossé. Les Français aiment les agriculteurs et, si cela gêne certains médias ou certains groupes d’influence, gardons pour notre part nos valeurs et nos convictions.

N°1308 (5)

02 février 2018 | Semaine 5 1308
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L'édito

Guillaume Chartier, Président de la FDSEA 60

Nuisibles

Les dégâts de gibier dans l’Oise augmentent régulièrement en surface. Ils coûtent donc de plus en plus cher. Ils coûtent d’abord aux agriculteurs. C’est bien notre travail en premier lieu qui est atteint lorsque notre production est perdue. C’est démoralisant et coûteux. Ils coûtent aussi à la Fédération départementale de la chasse qui indemnise ces dégâts, sur la base d’un barème départemental, sans en couvrir tout à fait toutes les pertes. Ils coûtent donc également aux chasseurs, qui les payent via leur permis de chasse. La chasse est un loisir qui s’exerce sur nos territoires. C’est un loisir important car, bien géré, il permet de limiter les dégâts subis sur notre activité économique de production de denrées alimentaires. À l’inverse, lorsque les dégâts augmentent, cela signifie que les populations de nuisibles qui en sont la cause exercent une pression trop grande sur nos territoires. Il n’y a donc pas multitude de solutions : pour réduire les dégâts, il faut réduire les populations trop nombreuses. Il n’y a pas d’autre alternative. Et certainement pas de nourrir ces populations, ce qui favoriserait quelques portées supplémentaires et plus de dégâts encore demain. Sur cet intérêt commun recherché en toute logique, les débats avec la Fédération des chasseurs pourtant sont vifs parfois. Mais les agriculteurs en ont assez de paroles, il faut des résultats !

N°1306 (3)

19 janvier 2018 | Semaine 3 1306
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L'édito

Alain Gille, Responsable de la section lait de la FDSEA60

Comme une traînée de poudre

L’affaire du lait infantile Lactalis est un mauvais coup pour la filière laitière. Après plus de deux années de difficultés, cette affaire sanitaire porte une menace nouvelle dont on se serait bien passé. L’impressionnant déferlement médiatique est compréhensible. L’affaire est d’autant plus grave que la santé des nourrissons est en jeu et le réseau de distribution a manqué grandement de réactivité. Elle éclabousse de plein fouet cette image de sécurité de lait maternel. Et quelles réactions peuvent avoir nos acheteurs étrangers de lait ? Les décisions qui s’imposent doivent être prises avec force pour reconquérir la confiance. Quelles incidences pour les producteurs qui, par leurs efforts, font un lait de qualité malgré une conjoncture difficile ? La FNSEA, FNPL et JA ont convoqué Emmanuel Besnier, P-DG de Lactalis. Les éleveurs «ne paieront pas la facture et la collecte sera maintenue» a-t-il assuré. Nous retiendrons cet engagement. Il va de soi que cette affaire ne pourra être invoquée pour justifier d’un prix du lait insuffisant. Qu’il s’agisse du prix payé aux fournisseurs de Lactalis ou aux autres.

Nous y veillerons.

N°1305 (2)

12 janvier 2018 | Semaine 2 1305
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L'édito

Guillaume Chartier, Président de la FDSEA60

Wei ji

Au cours du mois, la FDSEA invite ses adhérents à participer à l’AG de leur syndicat local. Oui, ce rendez-vous local est un temps fort de notre syndicat. C’est un moment de rencontres, d’échanges, de partage. J’ai hâte à cette occasion de voir le maximum d’agriculteurs, de pouvoir échanger avec chacun.

Bien sûr, les questions sont nombreuses. Bien sûr, les doutes sont profonds. Et c’est bien normal car nous traversons des perturbations. Les crises se succèdent, d’ordres divers, mais touchent toutes nos productions, tous nos systèmes.

«Wei ji» en mandarin, cela veut dire crise. Mais si «wei» veut dire danger, «ji» veut dire opportunité. C’est aussi cela que nous vivons. Un vrai danger, mais des opportunités.

Mais comment les voir lorsque les trésoreries sont au rouge ? C’est aussi cela le défi auquel nous sommes confrontés, tous, individuellement et collectivement.

Car ne nous y trompons pas, l’opportunité que nous avons également, dans notre métier, c’est la force du collectif. Oui, le collectif, le mutualisme, cela a encore du sens, un vrai sens. C’est aussi le sens de notre action et nous y reviendrons au cours de nos réunions de ce mois. Car face aux mutations que nous vivons, les réponses sont individuelles et collectives, et les deux étant essentielles. Une seule réponse ne serait pas bonne, c’est de penser que l’on peut ne rien faire et qu’il faudrait ne pas bouger. À très bientôt pour en échanger. Je compte sur votre présence.

N°1304 (1)

05 janvier 2018 | Semaine 1 1304
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Frédéric Bisseux, Président de JA 60

Guillaume Chartier, Président de la FDSEA 60

Jean-Luc Poulain, Président de la Chambre d’agriculture de l’Oise

Meilleurs vœux

En ce début d’année 2018, nous vous adressons à tous nos meilleurs vœux, à vous ainsi qu’à vos familles. Nous portons l’espoir que les mois à venir soient propices pour l’agriculture de notre département et pour nos exploitations. Les dernières années nous démontrent, s’il en était besoin, que le futur ne se prévoit pas aisément.
Entre marchés erratiques et dame nature capricieuse, nous sommes soumis à des aléas qui compliquent au quotidien l’exercice de notre métier. Mais ce métier, pour peu qu’on nous laisse l’exercer, nous l’aimons.
Au cours des mois à venir, nous savons que nous aurons à répondre à des enjeux importants. Souhaitons que demain, l’État sache nous offrir les conditions de réussite et de compétitivité de nos exploitations. Portons tous ensemble les projets qui façonneront l’avenir de notre agriculture. La ferme France est belle ! Elle a un potentiel formidable et la chance d’avoir des agriculteurs fiers de leur métier et prêts à s’investir.
Bonne année à toutes et à tous.

N°1302 (51)

22 décembre 2017 | Semaine 51 1302
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Guillaume Chartier, Président de la FDSEA60

Ce mardi 19 décembre, nous avons pointé à Paris au Carrousel du Louvre le double discours du Président de la République. 1.000 agriculteurs se sont mobilisés pour que la défense des intérêts agricoles soit portée. 1.000, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Car, en effet, c’est de notre avenir qu’il s’agit. Oh, bien sûr, la date n’est pas bien choisie. Nous approchons des fêtes de fin d’année et nous aimerions tous avoir autre chose en tête que des problèmes. C’est vrai, la revendication n’apparaît, ni évidente, ni garantie dans ses résultats. Mais telle est aujourd’hui la réalité des bras de fer que l’on vit, à chaque niveau de nos actions syndicales. Lorsque l’on manifeste, c’est pour chacun d’entre nous, pour nos enfants, pour l’ensemble de la profession. Nous ne baissons pas les bras. Bien au contraire. Face aux difficultés, face aux accords de libres échanges, face aux distorsions de concurrence, face aux charges et contraintes franco-françaises nous sommes déterminés et nous poursuivrons sans relâche. Et nous aurons encore besoin de vous. En 2018, en local et sur la durée, il faut que chacun d’entre nous, que vous tous soyez bien présents pour porter et participer à notre vision d’avenir pour l’agriculture. Je souhaite à chacun d’excellentes fêtes de fin d’année. Sachez en profiter pleinement et sereinement, en famille.

N°1301 (50)

15 décembre 2017 | Semaine 50 1301
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L'édito

Guillaume Chartier, président de la FDSEA 60

La pression, c’est maintenant !

Nous sommes à la dernière ligne droite avant le rendu des États généraux de l’alimentation par le Président de la République le 21 décembre. Va-t-on, avec cette deuxième phase, aboutir à autre chose qu’une charte d’engagement comme à la fin du premier chantier ?
Nous pourrions envisager des cahiers des charges franco-français pour répondre aux attentes sociétales ; mais uniquement si l’on déconnecte nos prix de vente des cours mondiaux. Or, ce qui ce négocie par ailleurs, c’est le sacrifice de l’agriculture européenne sur l’autel du libre-échange avec les accords commerciaux avec le Canada et le Mercosur

L’acheteur, le consommateur doit avoir conscience qu’un produit importé ne bénéficie pas des mêmes garanties de production, même en intra-communautaire. Au Canada, par exemple, la filière bœuf sans hormones n’existe pas ! Et la viande bovine canadienne pourrait arriver sur nos étals ? Le consommateur est trompé et l’agriculteur sacrifié. Le 19 décembre, nous devons être nombreux au carrousel du Louvre pour dire stop aux distorsions de concurrence. Alors pour que demain, nous ayons encore envie d’avoir envie, mobilisons-nous tous, emmenons un maximum de collègues, voisins. La mobilisation d’un petit nombre habituel ne peut suffire à sauver nos agricultures, c’est l’affaire de tous et de chacun. Alors, à mardi, je compte sur vous !

N°1300 (49)

08 décembre 2017 | Semaine 49 1300
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Régis Desrumaux et Bernadette Brehhon, secrétaires généraux de la FDSEA60

Aller de l’avant

Merci et bravo aux agriculteurs qui se sont mobilisés ce mercredi pour une action de communication auprès des citoyens. On communique mal. C’est sûr, nous avons en agriculture des progrès à faire en la matière. D’ailleurs, manifester le jour de la disparition de Johnny, c’est déjà une difficulté. Au-delà de ce trait, rappelons-nous que les agriculteurs sont aimés des Français. N’ayons pas peur de nous-mêmes. Nous avons tout à gagner à aller au-devant des citoyens. Les distorsions de concurrence que nous dénonçons, chacun les comprend. Comment, en effet, être au même niveau lorsqu’en France, nos exploitations laitières ont en moyenne moins de 100 vaches et plus de 1.000 dans beaucoup d’autres pays ? La question pour nous n’est pas de dire que c’est bien ou mal, ou choisir un modèle ou un autre, mais constater que dans la course nous n’avons pas les mêmes règles, pas les mêmes contraintes. Pareil sur le glyphosate et les produits phytosanitaires. La question n’est pas d’être pour ou contre. Il faut entendre les attentes des consommateurs, s’y adapter, mais il nous faut du temps et des règles justes : ce n’est pas cohérent d’autoriser les importations d’une alimentation produite avec des produits qui sont, chez nous, interdits. Le consommateur n’est pas protégé. Et l’agriculteur est condamné. Voilà ce que nous dénonçons. Et nous continuerons car nous sommes à un virage important. Nous ne voulons pas la marche arrière que certains veulent pour nous, nous voulons au contraire aller de l’avant.