L'Oise Agricole 29 octobre 2015 à 08h00 | Par Virginie Pinson

Viande bovine : difficile début d’année pour les grands pays exportateurs

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- © François d'Alteroche

Le premier semestre a été marqué par un repli des échanges mondiaux de viande. Si l’Australie ou l’Argentine tirent leur épingle du jeu, ce n’est pas le cas du Brésil. Mais les perspectives pour 2016 restent incertaines et les pièces pourraient bouger sur l’échiquier mondial.A environ 5 500 dollars la tonne sur le marché mondial cet été,le prix de la viande bovine a reculé de 10 %, par rapport à son pic de fin 2014. La demande mondiale, jusqu’alors motrice du marché, a donné des signes de faiblesse. Le ralentissement économique contraint la Chine a limiter ses achats.

La baisse du prix de pétrole a pour conséquence la chute des revenus de certains pays exportateurs,comme le Venezuela ou la Russie. Pour les grands exportateurs,2015 a donc été placé sous le signe de la concurrence.Le Brésil semble avoir fortement pâtit de cette situation. Les exportateurs brésiliens ont du mal à décrocher l’accès au marché américain, pour des raisons sanitaires.

Alors que la pays traverse une crise économique importante qui limite fortement les besoins en viande sur son marché intérieur, les exportations n’ont pas permis de fluidifier le marché puisque les volumes exporté sont reculé de près d’un quart (-27000 tonnes) en cumul sur les sept premiers mois de l’année, selon l’AHDB. Le Brésil a néanmoins réussi à dynamiser ses ventes sur le Moyen-Orient. Les achats de l’Egypte ont plus que doublé entre 2009 et 2014. L’ambiance a été meilleure en Argentine puisque les ventes ont progressé de plus de 22 % au premier semestre comparé à l’an dernier. La Chine a multiplié par dix ses achats mensuels à ce pays par rapport à 2014, et est devenue leur premier client pour la viande bovine.

Néanmoins, les opérateurs argentins affichent leur inquiétude pour l’an prochain, par manque de visibilité sur le marché chinois, dont les besoins pourraient chuter faute de croissance.Aux Etats-Unis, les exportations de viande bovine ont reculé de9% sur le premier semestre. La demande est en berne chez les partenaires commerciaux traditionnels des USA, le Japon, le Canada et le Mexique. Seule la Corée du Sud a développé ses achats. La hausse du dollar a par ailleurs limité la compétitivité des marchandises américaines.Mais les prix de leur viande bovine tendent à se tasser dernièrement, sous l’effet des incertitudes économiques mais aussi du redressement du cheptel qui devrait être synonyme d’une hausse de l’offre dans les mois qui viennent.

 

Des prix records en Australie

Les envois de l’Australie ont de leur côté progressé de 11 % au premier semestre. Le pays peut exporter autant sur le marché américain que chinois et commence à s’imposer sur les marchés du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord. Tous les voyants étaient jusqu'ici au vert : le dollar australien est resté très faible, donc les exportations compétitives. Les disponibilités étaient larges du fait d’abattages élevés à cause de la sécheresse.Les prix progressent depuis 2014et atteignent des records. Entre janvier et septembre, ils ont ainsi augmenté de 35 %. La fin de l’an-née pourrait être plus calme en Australie, qui avait atteint fin septembre 85 % de son quota d’exportation vers les Etats-Unis, son premier client.

Les envois suivants seront taxés à hauteur de20 %. Par ailleurs, les disponibilités devraient se tasser rapide-ment. Plusieurs années de sécheresse ont incité les éleveurs à décapitaliser et Meat and Live-stock Autralia estime que le cheptel bovin a reculé de 6,8 % en2015 par rapport à une année2014 déjà en repli de 0,7 %. Le Brésil est d’ores et déjà sur les rangs pour essayer de regagner les marchés que l’Australie pour-rait être contrainte de déserter.

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