L'Oise Agricole 02 février 2017 à 08h00 | Par Matias Desvernois

UNPT : les pommes de terre transformées continuent d’évoluer au niveau mondial

Dévoilée à l’occasion du 14e congrès national de l’UNPT le 24 janvier, une étude stratégique sur la filière «pommes de terre» annonce les grandes tendances à l’horizon 2025.

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Arnaud Delacour, président de l'UNPT : «En France, on a un avantage compétitif et on n’a pas de surfaces surexploitées.»
Arnaud Delacour, président de l'UNPT : «En France, on a un avantage compétitif et on n’a pas de surfaces surexploitées.» - © Matias Desvernois

Présentée lors du 14e Congrès national de l’UNPT, une étude, menée pendant dix-huit mois, s’est attelée à prédire l’évolution de l’offre et de la demande en pommes de terre à l’horizon 2025. Le segment «produits transformés» affiche des tendances de très fortes hausses contrairement au «frais», qui verra sa demande légèrement baisser.

«Au niveau mondial, dans les industries agro-alimentaires, les volumes de pommes de terre transformées ont augmenté de +60% entre 2005 et 2013», rappelle Philippe Bureau, expert au Cabinet de conseil Idari et co-auteur de l’étude.

S’appuyant sur les perspectives de croissance de la population (+ 800 millions d’ici 2025), la consommation globale en pommes de terre devrait aussi s’apprécier de +20% à horizon équivalent (source FAO). Dans cette projection, l’urbanisation de la population amènera logiquement à une accentuation de la demande en produits transformés.

«Selon nos hypothèses, les pays émergents resteront très dépendants des importations pour ces produits», développe Philippe Bureau. Contrairement à l’Europe et à l’Amérique du Nord où les taux de couverture demeureront suffisants.

Trois grandes zones amplifieront leurs importations, à savoir l’Asie du Sud Est, le Moyen-Orient et l’Amérique Centrale. Selon les auteurs, le développement du marché européen de la pomme de terre sera très lié à l’augmentation des exportations en produits transformés vers ces pays émergents. En France, l’étude anticipe une production avoisinant les 6,3 millions de tonnes en 2025, soit 1,1 Mt de plus que la récolte 2016. «Pour ces 1,1 Mt, il va bien falloir trouver des débouchés», prévient Geoffroy d’Evry, vice-président de l’UNPT. Dans un contexte où la concurrence (allemande, polonaise..) sera elle aussi accrue.

 

Les atouts français

«En France, on a un avantage compétitif et on n’a pas de surfaces surexploitées », souligne Arnaud Delacour, président de l’UNPT. Si ce dernier rappelle que la dernière campagne a failli être une «mégacatastrophe» en raison d’une prédiction de surabondance de la production, la France possède de sérieux atouts.

La logistique, facilitée par les retours en fret générés par les importations de viandes surgelées en provenance d’Amérique latine, constitue un levier déterminant dans la bataille de l’export. Mais les professionnels de la filière préviennent déjà : «Attention à ne pas aller trop vite».

«On a un marché potentiellement en croissance, c’est une opportunité pour la France. On doit accompagner le développement de ce marché sans trop l’anticiper», prévient Geoffroy d’Evry, vice-président de l’UNPT. Les pays possédant des ports auront indéniablement des avantages compétitifs. Les acteurs de la filière belge annoncent déjà un objectif de 5 Mt de produits transformés, dès 2020, après avoir connu une croissance exponentielle en dix ans (de 1 Mt à 4 Mt).

En France, l’irrigation apparaît comme un des seuls freins au développement des surfaces. «D’ici 2025, on table sur leur augmentation d’un minimum de 10.000 hectares et allant jusqu’à 15.000 ha», indique Alain Dequecker, secrétaire général de l’UNPT.

Selon ses représentants, une usine d’une capacité de 400.000 t de pommes de terre pourrait ainsi voir le jour. Concernant les pommes de terre «fraîches», les travaux de l’UNPT se concentrent sur leur montée en gamme pour compenser le recul des volumes. S’agissant de la prochaine campagne, «on a de fortes craintes d’une augmentation des surfaces», annonce Arnaud Delacour. Les autres cultures étant peu rémunératrices, les producteurs sont attirés par la pomme de terre.

Importations de pommes de terre de l’Union européenne

Conformément aux dispositions de l’arrêté du 3 janvier 2005, les opérateurs sont dans l’obligation de déclarer les lots de plants de pommes de terre et de pommes de terre de consommation introduits sur le territoire français, lorsqu’ils sont originaires d’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas et de Pologne, pays toujours classés à risque.

Cette déclaration doit être effectuée à la Draaf/Service régional de l’alimentation dont dépend le lieu de stockage des lots introduits au préalable quarante-huit heures avant l’introduction. L’intégralité des lots concernés doit être tenue à disposition des agents de la Draaf chargés de l’inspection sur le lieu de stockage pendant deux jours ouvrés à compter de la date d’arrivée déclarée. (Source Pomme de terre hebdo - CNIPT).

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