L'Oise Agricole 02 juillet 2015 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Universités d’été des AS: la mutation de la profession comptable

AS60-AGC (association de gestion et de comptabilité) accueillait dans l’Oise la Fédération nationale Accompagnement Stratégie pour ses universités d’été qui se sont déroulées les 23 et 24 juin près du Parc Astérix, à Plailly.

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- © Bernard Leduc

La profession agricole est en pleine mutation et dans un environnement de plus en plus concurrentiel. La question du renouvellement des experts devient cruciale pour les AGC, ce qui a conduit la Fédération nationale AS (Accompagnement Stratégie) à réfléchir sur ce sujet lors de ses universités d’été», qui ont eu lieu dans l’Oise.

Le sujet de l’attractivité et de la modernisation de la profession compable a été présenté par le président de l’ordre des experts-comptables Picardie-Ardennes, Frédéric Tilly, qui siège au conseil supérieur de l’ordre. Les AGC sont désormais, depuis la réforme des professions comptables en 2004, obligatoirement membres de l’ordre des experts- comptables.

Frédéric Tilly rappelait les difficultés d’intégration de ces autres structures dans ce réseau des cabinets d’expertise comptable, qui n’étaient auparavant gérés que par des experts-comptables. Il s’agit d’une profession très réglementée dont l’ordre, placé sous la tutelle des ministres de l’économie et du Budget, est chargé d’assurer l’indépendance.

Or, ces nouveaux arrivants étaient des structures associatives, gérées par des non professionnels comptables, qui étaient des agriculteurs ou, dans d’autres secteurs, des artisans, des commerçants...

Ces structures sont actuellement au nombre de 223 en France, qui sont considérées comme des «cabinets associatifs et de réseau», expliquait Frédéric Tilly et désormais, une grande partie des quelque 18 à 19.000 experts-comptables sont salariés de ces structures.

Au sein de l’ordre, tous ces cabinets et associations, très différents puisqu’il y a des petits cabinets privés à côté de très grandes structures régionales, voire nationales, font «partie de la même profession» et ont «les mêmes droits et les mêmes devoirs». Et précisément, rencontrent les mêmes difficultés en terme de renouvellement de leurs équipes.

Comptable, un métier qui n’attire plus les jeunes?

Lors de la première journée de réflexion, Frédéric Tilly, qui exerce au sein du cabinet Tilly et Guérin à Compiègne, confirmait la difficulté rencontrée dans ces métiers comptables à recruter des jeunes, que ce soit à l’embauche ou pour la formation.

«C’est un métier qui bouge, ça peut être un métier passion», disait-il. Mais le comptable conserve son image passéiste, de «rond de cuir» travaillant avec sa calculette.

Les choses ont bien changé, puisque de multiples applications informatiques ou numériques ont investi les bureaux ; de toute façon, les déclarations sont désormais dématérialisées.

Les demandes des clients ou adhérents évoluent. Il faut donc s’adapter. Et parallèlement, comme dans tous les secteurs des services, la fidélité des clients n’est plus la règle - bien que ces clients, quand elles sont des entreprises familiales, soient très attachés à leur comptable - ce qui renforce la concurrence au sein du réseau.

La formation est donc essentielle. L’ordre des experts-comptables organise, alternativement tous les deux ans, des manifestations nationales, La nuit qui compte et un tournoi de gestion, qui est un challenge destiné aux étudiants. «La profession est très attachée à l’alternance» disait Frédéric Tilly qui invite toutes les structures adhérentes à accueillir des jeunes futurs comptables, dont la formation peut déboucher sur un BTS en 2 ans après le bac, sur un DCG (niveau licence), ou sur le diplôme supérieur de comptabilité et de gestion (DSCG, de niveaun master) permettant d’accéder, après 3 ans de stage, au titre d’expert-comptable.

Cette durée peut être réduite en cas de dispense d’épreuves ou de validation d’acquis. Pendant le stage de 3 ans, une formation en commissariat aux compte doit être faite, en 200 heures, ce qui est est un minimum pour ce «métier à risques», selon Frédéric Tilly.

 

Une approche différente

Dans ces structures d’expertise comptable dont le rôle est de certifier les comptabilités et les déclarations fiscales des entreprises, les métiers sont très différents, celui de base étant la comptabilité, qui répond à des règles strictes.

De nombreuses autres compétences sont requises, de conseil, d’études juridiques, d’optimisation fiscale, de gestion d’entreprise ou de patrimoine...

Mais les jeunes, ceux de la génération Y, bientôt Z, ont des attentes différentes de celles des générations précédentes, privilégiant leur cadre de vie, pour un autre équilibre vie privée-vie professionnelle.

Les jeunes veulent travailler moins et l’aspect rémunération n’est pas forcément «essentiel», analysait Frédéric Tilly.

Pourtant, le métier de comptable peut être attractif. Cela était d’ailleurs confirmé lors de cette université d’été de la FNAS, par des jeunes en formation, venus témoigner sur leurs expériences

Et il y aura toujours besoin de comptables et d’experts-comptables, d’autant qu’il faudra toujours une «approche humaine» pour l’analyse des résultats comptables.

 

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