L'Oise Agricole 04 août 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Une proposition de lissage du revenu sur 5 ans

Cette proposition a été faite par Nicolas Sarkozy, en visite dans l’Oise jeudi dernier 28 juillet.

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Accueil de Nicolas Sarkozy et d’Édouard Courtial par Hans Dekkers, président de l’Ucac, et Denis Grison, directeur.
Accueil de Nicolas Sarkozy et d’Édouard Courtial par Hans Dekkers, président de l’Ucac, et Denis Grison, directeur. - © Bernard Leduc

Il n’est pas (encore) officiellement candidat à la présidentielle, mais il poursuit sa campagne comme s’il avait déjà l’investiture de son parti. Il a souhaité rencontrer des agriculteurs dans l’Oise et, avec Édouard Courtial, c’est au site Ucac d’Avrigny que cela s’est fait le 28 juillet après-midi. Après l’accueil par le président de la coopérative, Hans Dekkers, c’est Jean-Luc Poulain, président de la Chambre d’agriculture, entouré d’administrateurs de l’Ucac et de responsables professionnels agricoles de l’Oise, qui a planté le décor de cette année catastrophique, pour les céréaliers comme pour les éleveurs.

La dernière très mauvaise année a été 1976, mais la fiscalité était très différente, disait-il. D’autres agriculteurs ont aussi évoqué les charges et les normes, excessives en France ; il sera donc très difficile de passer le cap cette année pour nombre d’agriculteurs, confrontés à des prix très bas sur des marchés désormais mondialisés pour toutes les grandes productions. La compétition est très difficile, non seulement au niveau mondial, mais aussi sur le marché européen, était-il rappelé.

«Je souhaite une baisse des charges massives» répondait Nicolas Sarkozy pour tous les secteurs d’activités, y compris l’agriculture qu’il considère comme «un secteur de pointe». Son idée de baisse de charges porte sur les revenus les plus faibles : aucune charge sur ceux inférieurs au Smic, et des charges graduelles jusqu’à 1,4 Smic. Quant à la compétitivité à l’intérieur de l’Europe, il voudrait supprimer toutes les charges ou normes supérieures à la moyenne communautaire. Il faudrait aussi remplacer le principe de précaution par celui de la responsabilité, disait-il.

Il a fait une autre proposition : toutes les exploitations agricoles pourraient «lisser leurs bénéfices ou déficits sur 5 ans», afin d’éviter des charges fiscales ou sociales après une mauvaise année. Et cela pourrait être mis en place «dès juillet 2017». «Les provisions pour aléas, ça ne marche pas» précisait-il. Guillaume Chartier, président de la FDSEA, a évoqué les systèmes assurantiels, qu’il faut améliorer. «OK, j’y crois» répondait Nicolas Sarkozy qui souhaite une régulation des marchés. «Je n’accepte pas la spéculation sur votre boulot» disait-il, en faisant remarquer que les agriculteurs devraient davantage s’impliquer dans les circuits de distribution.

Et au niveau mondial, il estime que la France peut être le «pays leader» pour organiser une régulation des marchés de toutes les matières premières. «Vous devez pouvoir vous battre à armes égales avec vos concurrents», disait-il : il faut réduire les charges et les normes et stabiliser les prix, les pouvoirs publics devant assurer une aide à la compétitivité plutôt qu’une garantie de revenu. Il dénonçait, lui aussi, l’incohérence ou l’hypocrisie des décisions franco-françaises d’interdiction de produits de protection phytosanitaires ou pharmaceutiques, qui sont pourtant utilisés dans d’autres pays, en Europe ou ailleurs, dont on continue d’importer les produits.

Il évoquait par ailleurs «le changement démographique», phénomène à ses yeux bien plus important que le changement climatique, phénomène qui existe depuis l’apparition de la vie sur Terre, observait-il. La forte hausse de la population mondiale fait que «le métier de paysans est un métier d’avenir».

«On a conscience de vos difficultés» ajoutait-il, mais sans apporter de réponses à la crise actuelle et aux moyens pour y faire face dans l’immédiat : c’est l’affaire du pouvoir en place, contre lequel il s’est montré forcément très critique, et «on a encore 9 mois à les supporter»…

Jean-Luc Poulain avait évoqué un sujet particulier, celui du canal Seine-Nord. En rappelant l’intérêt porté par le monde agricole pour ce projet, il disait sa colère de devoir désormais ajouter des «compensations écologiques» aux prélèvements de foncier à hauteur de 50 %. Nicolas Sarkozy s’était engagé, lorsqu’il était Président de la République, pour faire avancer ce projet ; il dit être toujours très favorable à cet investissement structurant et admet aussi cette incohérence des prélèvements supplémentaires de terres agricoles.

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