L'Oise Agricole 16 mars 2017 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Un plan d'actions en faveur de la ruralité

Pour le Conseil départemental, la ruralité est une priorité. Il lance un plan d’actions qui va porter sur l’économie, les services, la démographie médicale, le logement et la sécurité en milieu rural.

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Nadège Lefèvre, vice-présidente du Conseil départemental chargée de la ruralité et des services publics, a présenté, lors d’une conférence de presse le 10 mars, les premières mesures du plan départemental d’actions en faveur de la ruralité.
Nadège Lefèvre, vice-présidente du Conseil départemental chargée de la ruralité et des services publics, a présenté, lors d’une conférence de presse le 10 mars, les premières mesures du plan départemental d’actions en faveur de la ruralité. - © Bernard Leduc

Lors d’une conférence de presse, vendredi dernier 10 mars, Nadège Lefèvre, vice-présidente du Conseil départemental chargée de la ruralité et des services publics, a présenté les mesures du plan départemental d’actions en faveur de la ruralité. Ce plan fait suite aux rencontres de l’Oise rurale, organisées le 9 décembre dernier à l’abbaye du Moncel à Pontpoint, qui avaient réuni environ 350 participants, dont plus de 300 maires de communes de moins de 2.500 habitants.

À l’issue de trois tables rondes (économie, services et sécurité), plusieurs pistes de travail avaient été évoquées. Elles trouvent aujourd’hui leur concrétisation dans ce plan d’actions en faveur de la ruralité dans les domaines de la santé, de la lutte contre le délinquance ou de l’attractivité des territoires ruraux.

Ces territoires sont «les grands oubliés des politiques nationales» disait Nadège Lefèvre et ils sont en mutation : ils accueillent de nouvelles populations, les logements sont insuffisants ou inadaptés pour certains, les personnes âgées en particulier, et il manque désormais de services et de commerces de proximité.

«Il n’est pas question de transposer la ville à la campagne» dit-elle, mais il faut «éviter que les communes rurales ne deviennent que des dortoirs». On peut donc imaginer de la rénovation, des zones franches, voire des pépinières d’entreprises artisanales en zone rurale, avec des moyens mutualisés.

 

Maintenir des bourgs structurants

Cinq enjeux majeurs ont été définis. L’économie d’abord, en constatant que des entreprises importantes en termes d’emplois sont implantées en zone rurale.

à l’exemple de Saverglass, d’Evolupharm, de Cornilleau... ou encore d’Alinéa qui vient d’annoncer son implantation à Nanteuil le Haudouin et va créer 200 postes.

Puis les services publics et privés, qui peuvent être maintenus, voire créés ou développés. Par exemple, à Saint-Crépin-Ibouvillers, commune de 1.500 habitants, où ont été construites, avec l’aide du Conseil départemental, 7 cellules commerciales, toutes réservées avant la fin des travaux ; la demande a dépassé l’offre. «Il faut créer un bouquet de services» disait Nadège Lefèvre, ce qui est vrai aussi pour la démographie médicale ; ainsi sont créées des maisons médicales, qui peuvent accueillir d’abord des médecins généralistes, ou plusieurs disciplines ; une réflexion est menée pour décider, par le biais de bourses, des jeunes médecins, qui ne veulent plus exercer seuls, dans ces maisons médicales, en lien avec les médecins en place qui doivent devenir des formateurs.

Un travail est réalisé entre l’Agence régionale de santé (ARS) et le Conseil départemental, dans un comité territorial de santé. Une autre piste est la télé-médecine, en lien avec la généralisation du haut débit par la fibre optique dans le département.

Puis sur le logement : l’aide à la construction et l’action des bailleurs départementaux favorise la concrétisation de programmes innovants, comme à la Chapelle aux Pots, commune de 1.700 habitants - dont le maire est Nadège Lefèvre - où la SA HLM réalise une résidence de 15 logements, de plain-pied, pour répondre aux besoins des personnes vieillissantes. « Il faut que, à nouveau, les maires puissent travailler avec les bailleurs pour développer l’habitat » disait Nadège Lefèvre.

Enfin, un effort doit être apporté en matière de sécurité puisque la délinquance se déplace. L’aide à l’installation de vidéo-protection a permis la mise en place, fin 2016, de près de 550 caméras supplémentaires, pour 55 implantations dont 55 dans des communes de moins de 3.500 habitants.

Par exemple, Rémérangles, commune de 250 habitants, va installer avec l’aide de ce plan Oise Vidéo-protection, 9 caméras de surveillance, toujours sous contrôle d’une commission départementale présidée par le préfet et un juge, et à laquelle participent la police et la gendarmerie.

Pour l’instant, le travail a consisté à faire un état des lieux des besoins. «Nous voulons redonner la parole aux maires ruraux», disait Nadège Lefèvre en rappelant que nombre de mesures pour la ruralité peuvent être financées dans le cadre de l’aide du Conseil départemental aux communes.

De nouvelles rencontres sur la ruralité sont prévues cette année.

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