L'Oise Agricole 28 septembre 2017 à 09h00 | Par Laurent Mingam

Un enjeu : le revenu agricole !

Le 11 octobre prochain le Président de la République doit clore le chantier 1 des États généraux de l’alimentation. Pour dire quoi ? Et à quoi cela va-t-il servir ? Et au fait ça fonctionne comment les EGA ?

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- © Capture d'écran

Les Etats généraux de l’alimentation ont été ouverts par le 1er Ministre le 20 juillet. Une première étape importante des États généraux va se clore le 11 octobre, avec une intervention du Président de la République, et l’ouverture d’un 2ème chantier. Les recommandations des Etats généraux orienteront le ciblage du plan de 5 milliards d’euros d’investissements qui est une autre promesse de la campagne d’Emmanuel Macron. Le premier chantier est donc en cours. Il est consacré à la création et à la répartition de la valeur. Il s’organise autour de 8 ateliers. La FNSEA est représentée (par deux à trois personnes) dans chaque atelier, qui peut réunir 60 à 90 personnes. Jeunes Agriculteurs, APCA, Coop de France sont également présents dans chaque atelier.

Il apparaît bien délicat (pour l’instant), à ce stade du travail, de se faire une idée des conclusions qui seront celles des Etats généraux. Toutefois, lors du Conseil fédéral de la FNSEA deux participants ont fait part de leur expérience et des échanges qu’ils ont pu vivre dans leurs ateliers.

Retour d’expérience au sein des ateliers

Ainsi, dans l’atelier 7 relatif à l’amélioration des relations commerciales et contractuelles, trois réunions d’une journée se sont déjà tenues. Un débat important a été mené sur les possibilités des interprofessions et le besoin d’évolution des textes actuels afin de leur donner plus de marge de manœuvre. Par ailleurs, et pour ne citer que quelques exemples des points discutés, un consensus semble se dégager pour rehausser le seuil de revente à perte dans l’industrie et le commerce.

Sur ce point la FNSEA a estimé qu’un tel relèvement doit obligatoirement s’accompagner de dispositifs permettant le partage de valeur dans toute la chaîne, à savoir : la sanction des prix abusivement bas et l’application de la clause de renégociation.

Les membres de l’atelier 5 sur la question des prix d’achat des produits agricoles, trois réunions se sont également tenues. Le sujet est extrêmement large et de très nombreux aspects ont été abordés dans cet atelier. Sans revenir sur l’ensemble des points travaillés au sein de cet atelier, lors de cette 3ème réunion la parole a été largement prise par la FNSEA qui a eu l’occasion de détailler sa contribution visant, par exemple, à donner aux organisations de producteurs (OP) une capacité réelle de négociation des contrats et à inverser la négociation afin que les OP soient en capacité de proposer des conditions générales de vente. La FNSEA a également sollicité un encadrement législatif en cas d’impasse dans la négociation. Qui en est l’arbitre dans ce cas ? La FNSEA a enfin insisté également dans cet atelier sur le rôle majeur des interprofessions lesquelles doivent pouvoir mettre en œuvre des indicateurs de marché.

Mobilisation générale

Pour la FNSEA la ligne constante est de rappeler que les agriculteurs attendent de ces débats une avancée sérieuse et constructive sur le sujet de la création et de la répartition de valeur. En effet, les agriculteurs vivent une crise sans précédent. Il s’agit avant tout d’une crise économique due à des prix de vente qui ne couvrent pas les coûts de production. Un agriculteur sur deux a vécu avec moins de 350 euros par mois en 2016.

Face à cette situation dramatique, la problématique centrale des États généraux de l’alimentation doit donc être celle du prix payé aux agriculteurs. Cette priorité, le Président de la République l’a clairement exprimée tout au long de la campagne présidentielle et dans son discours au lycée agricole de Limoges-Les-Vaseix le 9 juin dernier.

Si le dogme du prix bas est brandi en étendard par la distribution, c’est aussi et surtout un appel d’air pour l’alimentation low cost qui est proposé aux consommateurs. Ce schéma de distribution est donc destructeur de valeur pour l’agriculture française, fleuron économique de notre pays.

En effet, les efforts consentis par les agriculteurs français pour produire dans le respect des normes sanitaires, environnementales, de bien-être animal, depuis de nombreuses années, doivent engendrer un retour de valeur.

«Les agriculteurs ne peuvent plus être la variable d’ajustement des autres acteurs de la chaîne dont les marges ne cessent d’augmenter, là où le maillon de production peine à couvrir ses coûts de production» rappelle Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. C’est donc bien sur la réponse à ces problématiques qu’il faudra, le 11 octobre, considérer les réponses apportées dans les conclusions du Président de la République. D’ici là, mobilisation générale pour s’exprimer !

 

Bernadette Bréhon, secrétaire générale de la FDSEA60

Les États généraux de l’alimentation (EGA) sont lancés, ouverts depuis quelques semaines. Les EGA sont une réponse à nos actions syndicales menées en 2016 et en 2017. C’est bien parce que nous avons dénoncé la faiblesse des prix payés aux agriculteurs que le candidat Macron s’était engagé à ce travail. Un chantier énorme s’est donc mis en place avec 14 ateliers de travail.

Non, nous ne voulons pas entendre « je ne me sens pas concerné », « à quoi bon », « ça ne sert à rien » ! Nous ne voulons pas être de ceux qui font le pari de l’échec avant que la partie ne soit menée pour contenter les éternels insatisfaits.

Oui, nous mettons de l’espoir dans ces EGA de trouver des pistes, des solutions à nos attentes, à nos demandes. Mais pour cela, nous devons nous en donner les moyens, même si nous savons bien que nous n’attendons pas le grand soir ! Nous restons réalistes, pour faire avancer nos demandes, sans rêver.

La FNSEA s’investit énormément sur ce dossier au niveau national. Certains parmi nous participent à ces groupes au niveau régional. Mais chacun de nous à un rôle à y jouer, chacun de nous peut apporter sa pierre à l’édifice des EGA en participant à la consultation publique.

N’attendons pas tout des autres, impliquons-nous, impliquez-vous ! Nous pouvons peser, influencer dans les décisions. Alors oui, rendez-vous sur le site de la consultation publique afin d’y déposer vos contributions, donnez votre avis.

 

La consultation publique

Les Etats généraux de l’alimentation font l’objket d’une consultation ouverte accessible via Internet sur le site www.egalimentation.gouv.fr. Cette consultation est ouverte à tous sur la simple condition préalable de s’inscrire (donner son nom et son adresse Email). Il est donc très simple d’y participer.

Sur le site des Etats Généraux plusierus questions sont proposées. Il est possible, à chaque fois, de faire des propositions, de donner des arguments pour ou contre une proposition et de voter « d’accord ou « pas d’accord » pour chaque proposition et pour chaque argument. La plateforme de proposition foisonne donc d’idées.

Pour y participer vous pouvez consulter, naviguer, fouiller… vous pouvez aussi faire une recherche en cliquant sur la petite loupe qui apparait en haut à droite de chaque page du site et, en saisissant « Fdsea60 » consulter le profil de la Fdsea60, ses propositions et ses votes. Facile pour vous positionner selon des sujets de préoccupations déjà identifiés et déjà sélectionnés.

 

Les 14 ateliers

1er chantier : la création et la répartition de la valeur

Atelier 1 : Mieux répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualités nutritionnelles et environnementales, d’ancrage territorial, de bien-être animal et d’innovations

Atelier 2 : Développer les initiatives locales et créer des synergies

Atelier 3 : Développer la bio-économie et l’économie circulaire

Atelier 4 : Conquérir de nouvelles parts de marché sur les marchés européens et internationaux et faire rayonner l’excellence du modèle alimentaire et le patrimoine français en France et à l’international

Atelier 5 : Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs

Atelier 6 : Adapter la production agricole aux besoins des différents marchés et aux besoins des transformateurs

Atelier 7 : Améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs

2ème chantier : Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous

Atelier 8 : Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation française dans une économie agroalimentaire mondialisée et dans un contexte de changement climatique tout en prévenant les contaminations chimiques

Atelier 9 : Faciliter l’adoption par tous d’une alimentation favorable à la santé

Atelier 10 : Lutter contre le gaspillage alimentaire

Atelier 11 : Réussir la transition écologique et solidaire de notre agriculture en promouvant une alimentation durable

Atelier 12 : Lutter contre l’insécurité alimentaire, s’assurer que chacun puisse avoir accès à une alimentation suffisante et de qualité en France et dans le monde

Atelier 13 Renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation

Chantier transversal

Atelier 14 : Préparer l’avenir : quels investissements, quel accompagnement technique, quelle recherche pour une plus grande performance environnementale, sanitaire, sociale et économique

 

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BERTRAND (40) | 28 septembre 2017 à 19:06:50

Que l'on se soucie de l'alimentation, c'est un devoir morale et citoyen..Toutefois, que l'on accepte depuis des années que nos paysans travaillent pour rien, c'est un comble dans un pays dit civilisé..Ou est l'équité entre le producteur (premier maillon), le transformateur et le distributeur..Connaitrons nous un jour la transparence; de plus tous ne courent pas les mêmes risques...

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