L'Oise Agricole 02 décembre 2013 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Ucac : «une année plutôt exceptionnelle»

L’Ucac a tenu son assemblée générale annuelle ce mardi 26 novembre matin dans la salle Pommery de Clermont.

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- © OA

C’est ce qu’indiquait Denis Grison, le directeur de la coopérative, en présentant le rapport d’activité pour l’exercice 2012-2013, clôturé au 30 juin. Cette année a en effet vu une production agricole en nette hausse par rapport à la précédente qui avait été marquée par une très forte sécheresse. L’activité de collecte se fait donc en dents de scie et l’Ucac a retrouvé un niveau de collecte «dans la normale», à 168.000 tonnes au total, contre 131.000 au cours de l’exercice 2011-2012.

Et elle a enregistré une hausse de son chiffre global d’activité de 20 % sur l’exercice, hausse observée à la fois sur la collecte, sur les approvisionnements et sur les prestations de service ; la hausse résulte aussi de l’effet cumulé des volumes et des prix.

Sur la principale activité de la coopérative qui est celle de la collecte, le blé représente 112.000 tonnes, dont 3/4 étaient en qualité meunerie. 63 % ont pu être vendus à la meunerie française, contre 50 à 55 % lors des années passées, grâce à une bonne qualité, à 11,5 % de protéines, avec un PS moyen de 77, et malgré un indice de Hagberg «parfois limite». Cela est aussi le résultat de l’effort de classement des lots ou des variétés et un suivi strict des réceptions.

La collecte des orges et escourgeons a été de 18.000 tonnes, dont 45 % en fourrager. Celle des pois de 5.100 tonnes, malgré une baisse des surfaces, mais des rendements nettement meilleurs qu’en 2011 (46 quintaux contre 29 q/ha en moyenne).

Celle de colza a été aussi en augmentation, à 18.000 t sur la campagne, du fait d’un rendement correct (46 q, contre 40 en 2011) et de surfaces en hausse, ainsi que celle de maïs, dont les surfaces ont également augmenté.

 

Approvisionnements

Le chiffre d’affaires appros a connu une progression globale de 11 % au cours de cet exercice, l’augmentation la plus forte ayant été sur les produits de protection des cultures (+ 22 %), puis sur les semences (+ 16 %). Une hausse, plus modérée (+ 3 %) a également été observée sur les engrais, essentiellement sur les solutions azotées. Le total des appros s’est élevé à près de 14 millions d’€, dont presque la moitié sur le poste engrais.

 

Immobilisations nettes en progression

Les comptes de cet exercice dégagent un résultat de 215.337 euros. Les immobilisations nettes sont revalorisées, s’élevant à la clôture à 11.646 millions d’euros (M€), et le total de l’actif net atteint 32.246 M€. Le fonds de roulement s’établit à près de 6 M€.

 

Projet d’investissements

C’était donc un bon exercice pour la coopérative, marqué par la reprise de l’intégralité des parts de Norca, par un rachat totalement autofinancé des parts que Noriap possédait dans cette filiale. Le site de Rousseloy appartient donc désormais en totalité à l’Ucac, qui gère aussi la totalité de l’activité de négoce dans Futuragri.

Il y a également eu au cours de cet exercice des investissements sur le site de Saint-Sulpice, pour du stockage d’engrais (2.600 tonnes) avec un libre-service pour les solutions azotées, du stockage de produits de protection des cultures et du stockage de plaquettes bois.

L’activité de vente de plaquettes bois pour le chauffage a aussi été évoquée. Le total des ventes a été de 1.900 tonnes au cours de cet exercice et des prestations de stockage de plaquette bois, pour 1.200 tonnes, ont été fournies par la coopérative.

De nouveaux investissements sont prévus, pour le remplacement de l’unité de séchage de maïs à Avrigny. Si ce site peut recevoir du gaz de ville (ce qui semble annoncé pour janvier 2014), un nouveau séchoir d’une capacité de 10.000 points (contre 7.500 avec le séchoir actuel) sera construit, ainsi qu’un nouveau stockage de maïs humide et une fosse supplémentaire de réception. Cela représentera un investissement total de 3,5 M€.

 

La campagne en cours

Denis Grison a présenté la campagne en cours, avec les chiffres de la dernière moisson : une collecte encore dans la moyenne, malgré des rendements en hausse en céréales et en maïs, sauf sur le colza (avec 28 q/ha), une partie de la zone de collecte ayant été victime de violents orages avec grêle.

Cette campagne tardive a une nouvelle fois vu une concentration des réceptions : 80 % des tonnages en 11 jours !

Un point très positif est celui de la qualité, très bonne sur les blés, dont les cours sont maintenus à 200-210 € la tonne, dans un marché équilibré, mais avec une forte demande.

Le contexte de l’exercice précédent était rappelé, avec ce qui semble une constante : la volatilité des prix, qui ont varié de 80 à 100 € !

D’où la nécessité pour la coopérative, chargée de valoriser au mieux les apports de ses sociétaires, de connaître, voire d’anticiper, ses stocks ou ses disponibilités.

Le président Hans Dekkers rappelait le renouvellement, pour la seconde fois, de la proposition de contractualisation au «prix de confiance» ; les sociétaires peuvent s’engager, pour des surfaces ou pour une ou des cultures, au prix moyen majoré d’une prix de 10 €/tonne.

Cela donne de la lisibilité à la coopérative, pour engager des volumes (connus) à la vente quand le moment paraît le plus opportun.

Le prix moyen «est une forme de mutualisation», expliquait Hans Dekkers aux sociétaires, qui peuvent toujours opter pour l’une des autres formes de rémunération. La gestion des risques est différente, le cours du jour pouvant être le bon choix ou le mauvais... et, au final, il faut raisonner sur une moyenne.

Un autre point important concerne la qualité : la coopérative doit répondre aux demandes du marché, à celles de ses clients qui définissent des prix en fonction de critères de qualité que l’on peut, au moins en partie, anticiper, par exemple par le choix des variétés.

C’est le cas en particulier des blés pour la meunerie française.

L’optimisation de gestion de la coopérative passe aussi par le bon calibrage de ses équipements, expliquait Hans Dekkers en évoquant l’investissement en stockage de produits phytos à Saint-Sulpice, prévu pour un volume d’activité. Une  révision à la baisse de cette activité impacterait bien évidemment le plan d’amortissement.

Tout cela concourt à l’efficacité de la coopérative et au renforcement des capitaux propres de la structure, ces capitaux traduisant son indépendance, donc celle de ses sociétaires, expliquait le président.

 

 

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