L'Oise Agricole 15 décembre 2016 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Ucac: d’abord valoriser les productions de ses sociétaires

L’Ucac a organisé son assemblée générale annuelle vendredi dernier 9 décembre à Clermont, sous la présidence de Hans Dekkers.

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A la tribune, Denis Grison, directeur de l’Ucac, et Hans Dekkers, président.
A la tribune, Denis Grison, directeur de l’Ucac, et Hans Dekkers, président. - © Bernard Leduc

Un nouveau logo était présenté aux sociétaires en préambule de l’assemblée. Il conserve le double épi stylisé de maïs et de blé, mais «au service de nos adhérents et de nos clients» a été ajouté en dessous et, de chaque côté, les mots «réactivité» et «proximité».

La volonté du conseil d’administration et de la direction a été d’insister sur ces valeurs, surtout en direction des nouveaux salariés suite à plusieurs départs à la retraite. «Valoriser au mieux vos productions» est en effet la priorité, disait Denis Grison, directeur, en rappelant la «bonne année» 2015-2016 à laquelle correspondait cette assemblée statutaire.

Les rendements avaient en effet été très bons pour les blés (92 q/ha en moyenne) et les orges. La collecte totale a atteint 182.000 t, parmi les deux meilleures des six dernières années. 80% des blés étaient de qualité meunière (BPMF), avec un PS moyen de 79,2 et l’indice de Hagberg supérieur à 300, malgré un taux limite en protéines (11,2). 40% des blés ont été destinés à la meunerie régionale, la proportion habituelle pour la coopérative qui a Rouen comme premier débouché (43%): l’export valorise mieux que la meunerie Nord Europe.

12% des blés sont allés pour l’alimentation animale et un autre débouché poursuit sa progression, celui de l’oisellerie (5% pour le blé, mais ce débouché concerne aussi des pois et du maïs). Les orges aussi ont été bien valorisées, en brassicoles et surtout en fourragères pour lesquelles la demande a été très forte à l’export. Pour le colza, la collecte a été de 17.100 t (-4%) et elle a été en forte baisse -30%) pour le maïs qui voit ses surfaces baisser et le rendement avait été décevant (65 q/ha).

Le marché du blé avait été très favorable jusque début juin, mais les prix ont dégringolé régulièrement jusqu’en fin d’année, parallèlement à une collecte mondiale de maïs en hausse. Les prix avaient été à la baisse, due surtout à une forte concurrence des pays du pourtour de la mer Noire, et malgré une parité euro/dollar favorable. Sur l’Ucac, le prix base avait été de 155 €/t, en baisse par rapport à l’année précédente. Le «prix confiance» a été appliqué sur 94% des volumes collectés (91% en engagement précoce), une proportion en hausse qui marque la satisfaction des sociétaires au regard de la gestion de leurs productions par leur coopérative.

L’activité «appros» a marqué une légère diminution : relative stabilité pour les phytos, dont le chiffre annuel d’affaires reste dans la moyenne depuis 2008, entre 4,6 et 4,8 millions d’euros, lègère baisse sur les engrais, surtout sur les solutions azotées, et plus forte baisse sur les semences (-13%) du fait surtout de la réduction des surfaces en maïs. Quant à l’activité pour les plaquettes de bois pour petites chaufferies, elle reste très accessoire, avec cependant une progression des volumes (1.400 t contre 1.100 l’année précédente), malgré l’arrêt de Picardie Énergie Bois.

Les comptes de l’exercice se sont soldés par un résultat de 226.000 euros, équivalent à celui de l’exercice précédent, mais en incluant une provision pour risques de 400.000 €. Sur 2015-2016, des investissements ont été réalisés : un émietteur maïs (pour l’oisellerie) et une bascule de circuit à Rousseloy et le 4e libre-service de solutions azotées à Cambronne (après ceux d’Avrigny dès 2008, Cuignières et St-Sulpice).

 

Compression des charges

Au cours de cette réunion, a bien évidemment été rappelée la moisson catastrophique de cette année 2016, qui va se solder par une collecte totale ramenée à 110.000 tonnes pour la coopérative, proche du triste résultat de 2011. La cause bien sûr est le rendement, le plus bas depuis 2000: 55 q en moyenne pour le blé, 63 pour l’escourgeon, 30 pour les pois (comme en 2011). «La catastrophe n’a pas été anticipée» disait Denis Grison, qui expliquait aussi le très faible niveau de qualité, surtout pour les blés (dont le PS moyen n’a été que de 71 kg) dont une faible part pourra être valorisée pour la meunerie après un gros travail de triage des lots. Pour les orges de brasserie également, la qualité a été médiocre (protéines et calibrage limites), sauf pour les orges de printemps.

Cette moisson est très décevante pour les agriculteurs et leur coopérative, qui compresse ses charges et fait une pause dans les investissements. Elle accompagne ses sociétaires par un différé de paiement des approvisionnements jusqu’à la prochaine moisson, avec des intérêts débiteurs au-delà du 31 décembre réduits à 4,5%.

A la suite de questions posées au cours de cette assemblée, un point a été fait sur les horaires d’ouverture des silos pendant la moisson : théoriquement, 9-23 h, sauf pause constatée dans les récoltes; il était rappelé la nécessité de contacter le chef de silo pour annoncer les livraisons. Il a aussi été évoqué la cession prévue du site historique de Clermont, en disant cependant qu’il restera ouvert au moins pour les réceptions à la prochaine moisson.

Élections

Des élections devaient être organisées pour un renouvellement partiel du conseil d’administration. Ont été réélus Didier Farce, Mathieux Grégoire, Hans Dekkers, Éric Priem et Éric Soetemont. Et Isabelle Patin-Versluys a été élue, en remplacement d’Alban Lesourd, démissionnaire.
Le conseil d’administration est désormais composé de 4 administrateurs par région d’origine de l’Ucac (Avrigny, Clermont, Mouy et Saint-Sulpice).

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