L'Oise Agricole 17 novembre 2016 à 08h00 | Par Delphine Jeanne

Treize mesures pour l’avenir proposées par la FNSEA

Après les crises sévères qui ont touché le secteur, la FNSEA entend bien profiter de l’élection présidentielle pour mettre l’agriculture sur le devant de la scène et dans les programmes des candidats.

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- © Bernard Leduc

«La FNSEA attend de cette nouvelle mandature une politique déterminée pour engager les ruptures nécessaires», explique d’emblée le document qui contient les «treize mesures pour l’avenir» en vue de la prochaine élection présidentielle.

Treize mesures que les candidats devront s’engager à mettre en oeuvre lors des deux cents premiers jours de la mandature pour redresser l’agriculture française.

Une partie des mesures (cinq sur treize) vise à redonner de la compétitivité au secteur agricole et alimentaire, en perte de vitesse par rapport à ses concurrents européens. Il s’agira ainsi de mettre en place un Plan national d’investissement agricole (2017-2022), qui financera les exploitations agricoles pour un montant minimum de six milliards d’euros. Avec les conséquences du changement climatique, une politique structurée du stockage de l’eau sera également nécessaire.

Concernant les cotisations sociales, la FNSEA demande la suppression des cotisations famille et maladie, soit 8,29 points. «Remplacer les recettes de ces cotisations par des recettes provenant de la TVA sociale permettrait de redonner un souffle de compétitivité à la ferme France», indique le document.

La TVA sociale permet en effet de taxer les importations et d’exonérer de charges sociales les exportations. Le coût du travail, qui est également source de distorsion de concurrence, pourrait quant à lui, être abaissé par un renforcement du Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), avec une augmentation du taux de crédit et un ciblage sur les salaires entre 1 et 1,5 Smic.

Enfin, la FNSEA réaffirme la nécessité d’aligner les normes sur la moyenne européenne et de cesser la surtransposition.

 

Pac, statut de l’agriculteur, ruralité

La réforme de la Pac en 2020, qui sera au programme du futur président, devra rester un enjeu stratégique et permettre de construire un nouveau projet européen, avec un budget préservé. La FNSEA attend également de la France qu’elle obtienne une réorientation de la politique agricole commerciale européenne et la suspension des négociations inéquitables (TTIP, Mercosur).

Côté français, le statut de l’agriculteur professionnel doit revenir sur la table pour mieux protéger l’exploitant et le modèle agricole français, avec des agriculteurs à la tête des exploitations. Une sécurisation de l’agriculteur qui passera aussi par les outils de gestion de risque, comme une fiscalité qui encourage les outils de lissage du revenu, ainsi que par une juste rémunération liée, entre autres, à des relations commerciales plus équilibrées. La FNSEA prône notamment la prise en compte des coûts de production dans les contrats amont et aval.

Enfin, pour réduire la fracture parfois marquée entre agriculteurs et société, la FNSEA évoque la recherche et l’innovation pour «une écologie pragmatique», avec une évolution du principe de précaution. De même, la ruralité, souvent délaissée, aura besoin de mesures spécifiques (accès au très haut débit sur tout le territoire, déclassement du loup dans la Convention de Berne…).

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