L'Oise Agricole 09 juin 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Tereos signe une stratégie payante

Malgré un contexte extrêmement difficile depuis 2013, Tereos, premier groupe sucrier français, a su tirer son épingle du jeu.

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Alexis Duval, président du directoire de Tereos à la tribune, accompagné de Thierry Lecompte, président du Conseil de surveillance de Tereos.
Alexis Duval, président du directoire de Tereos à la tribune, accompagné de Thierry Lecompte, président du Conseil de surveillance de Tereos. - © Actuagri

«Tereos a très bien résisté. Nous gagnons des parts de marché à l’international. Les résultats opérationnels sont très satisfaisants», s’enthousiasme Thierry Lecompte, président du Conseil de surveillance chez Tereos, à l’occasion de la conférence annuelle présentant les résultats du groupe, tenue le mardi 7 juin.

Car malgré un environnement considéré comme «extrêmement difficile» depuis 2013, avec un cours du sucre ayant atteint un niveau historiquement bas cette année-là, Tereos affiche un résultat opérationnel (Ebitda) à 439 millions d’euros (M€), quoique en léger retrait par rapport à l’exercice précédent (453 M€), et entrevoit d’ores et déjà une hausse de celui-ci pour la campagne 2016- 2017 de l’ordre de +20 à +25%. Sur ces 439 M€, 294 M€ proviennent du marché du sucre à l’international (soit +46 M€ d’une année sur l’autre) et 146 M€ sont issus des contrats de sucre européens (soit -59 M€). Au Brésil, l’annulation des subventions de l’essence ont boosté les prix sur le marché de l’éthanol, tirant le chiffre d’affaires de Tereos hors Union européenne.

Les représentants du groupe se disent satisfaits des résultats globaux au vu du contexte mondial, qui a connu un long cycle d’effondrement des cours, divisés par trois depuis 2011. Sur le marché européen, 40 à 50% de baisse a été enregistrée depuis 2013, pénalisée par les excédents d’offre.

Néanmoins, la bonne croissance du marché de l’amidonnerie a soutenu le marché européen. Sur la période 2015- 2016, Tereos présente, donc, un chiffre d’affaires à 4,2 milliards d’euros (Mds€), soit une certaine constance au regard de l’année dernière (4,3 Mds €). Dans cet environnement lourd, incarné par des stocks élevés, des signes de reprise semblent néanmoins se manifester. «La vague d’investissements des années 2000, qui a pesé sur cinq ans arrive à la fin de ses effets. Il y a une reprise des cours sur les derniers mois», précise Alexis Duval, président du directoire de Tereos.

Il souligne, par ailleurs, que «la contribution croissante de nos activités internationales et notre stratégie de diversification nous permettent d’af ficher une bonne performance opérationnelle, en ligne avec l’exercice 2014-2015». Les gains de compétitivité (+30 M€) enregistrés par Tereos avec un objectif de + 100 M€ sur trois ans (2018) sont notables et traduisent les efforts entrepris par le groupe. «En agriculture, nous avons travaillé sur la plantation et la récolte mécanisées au Brésil ou en Europe, avec l’augmentation des rendements et de la richesse de la betterave», illustre Alexis Duval. En parallèle, le groupe coopératif, troisième sucrier mondial, continue d’investir sur les marchés des protéines végétales, de la biomasse et des biocarburants.

Les atouts de l’Europe

A l’aube de la libéralisation des marchés sucriers, l’Union européenne, avec la France en premier plan, a une vraie carte à jouer à l’export «On va beaucoup augmenter la production de sucre en Europe», anticipe Yves Belegaud, directeur Europe chez Tereos. Et d’ajouter : «On va beaucoup exporter.»

Tereos annonce, à ce titre, un objectif de 18,5 millions de tonnes produites sur la campagne 2017-2018. La compétitivité européenne repose, selon lui, sur trois piliers, auxquels se retrouve en premier lieu, le rendement agricole. «On est entre 90 et 100 tonnes l’hectare», évoquet-il. Ces volumes, explique-t-il, permettent à Tereos de garantir un prix minimum aux producteurs «entre 28 et 30 €». Pour le moment, «Tereos est l’unique groupe à offrir ce dispositif», avance Thierry Lecomte.

A ce prix minimum viendront s’ajouter des compléments de prix et des dividendes, informe Alexis Duval. «Les faibles coûts de production sont le deuxième pilier», développe en suite le directeur Europe, qui énumère les investissements réguliers faits dans les usines. Les coûts avoisinent ainsi les 199€ par tonne de sucre produite chez Tereos contre 208 €/t en moyenne en France. Enfin, les coûts logistiques constituent un allié de taille dans cette recherche de compétitivité. «On surfe sur le fait que l’Europe soit importatrice», explique Yves Belegaud.

Les nombreux bateaux chargés, en provenance d’Asie pour la plupart, offrent des «tarifs concurrentiels» aux marchands de sucre pour éviter de repartir «à vide». La proximité des usines des ports (Dunkerque ou Anvers) et l’allongement des campagnes viennent compléter la liste des avantages européens. Notons que dans l’Union européenne, quatre pays sont déficitaires en sucre, à savoir, dans l’ordre d’importance, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et l’Europe de l’Est (République tchèque et Roumanie).

 

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