L'Oise Agricole 05 décembre 2014 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Soyons optimistes et audacieux

Point de vue : Philippe Bloch

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- © Oise Agricole

C'est le message qu'a transmis Philippe Bloch, invité à intervenir à ce congrès de la FDSEA. Entrepreneur, conférencier, animateur et auteur, Philippe Bloch a fait un constat sans concessions des défauts des Français : râleurs, on le savait, mais aussi désagréables, défaitistes, inquiets et méfiants. C'est leur culture, selon lui. Ils ne sont pas les plus mal lotis, loin de là, et pourtant ils se plaignent tout le temps. Et comme un contexte économique lourd génère de la morosité, ça n'arrange pas les choses.

Dans le même temps, ils n'aiment pas le changement. Alors qu'il faut savoir se remettre en cause et chercher à le faire quand ça va bien plutôt que traiter les problèmes quand ils arrivent, explique-t-il : il y a toujours nécessité de chercher à s'adapter. Mais comme le Français a «un mental compliqué», il est en absence de projets, analyse Philippe Bloch. Le «bon courage» habituellement prononcé semble traduire les relations difficiles qu'ont les gens dans leur travail ou leur vie quotidienne : tout est pesant, l'envie d'avancer est absente, on n'est pas loin de la lassitude ou de la déprime. D'ailleurs, les plus grands consommateurs mondiaux d'anti-dépresseurs sont les Français.

Et notre langage courant est de plus en plus truffé de mots négatifs, qui expriment la crainte, le fatalisme, le doute. On raisonne et on vit «petit». Et les paradoxes sont légion. D'où «une contagion émotionnelle», qui va d'ailleurs bien avec le fameux principe de précaution inscrit dans la Constitution, qui bloque les initiatives. Et «la France n'aime pas les entrepreneurs», ajoute-t-il.

Pourtant, il faut des projets collectifs partagés, surtout quand on est chef d'entreprise, redevenir des gens audacieux. L'ennui démotive, contrairement à la passion. Aux fournisseurs de faire des clients heureux, qui reviendront. Pour développer une idée, un projet, il faut partir au bon moment et savoir tirer parti de ses erreurs ou de ses échecs, disait-il. Le vrai échec est de ne pas essayer de se relever : il faut avoir confiance en soi, avoir envie de l'avenir. Et chercher à se simplifier la vie et celle des autres, ceux avec qui l'on travaille : se mettre à la place des autres, montrer l'exemple et ne pas oublier de célébrer les succès. Il faut chercher à rester un entrepreneur dans l'adversité, avec des actions, du coeur, du courage («des tripes») et de la joie dans le travail. «En économie, quand on craint le pire, on le fabrique», disait-il en conclusion.

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