L'Oise Agricole 05 décembre 2018 à 17h00 | Par Marie-Astrid Batut

Session APCA : le ministre sous le feu des questions

Durant deux heures, Didier Guillaume a répondu aux questions des présidents de chambres d’agriculture, lors de la dernière session, pour ce mandat, de l’APCA.

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Didier Guillaume, ministre de l'agriculture.
Didier Guillaume, ministre de l'agriculture. - © Cheick Saidou/agriculture.gouv.fr

Le 29 novembre, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, a échangé durant deux heures avec les membres de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). En plus des discours usuels, le ministre s’est prêté au jeu des questions- réponses avec les présidents de chambres régionales d’agriculture. En aval de ces échanges, le ministre a confié qu’il avait tenu à ce temps de présence long, lors de la dernière session des chambres pour ce mandat, afin d’affirmer qu’il comptait sur le réseau des chambres, qui est utile et performant. «Il y a des conseillers de talent et des élus qui irriguent tout le territoire. C’est avec ce réseau que nous construirons l’agriculture de demain», souligne-t-il. Sans surprise, le premier sujet sur lequel Didier Guillaume a été interpellé est la pression sociétale. Voulant s’ériger en «bouclier contre l’agribashing», il juge indispensable de réconcilier urbains et ruraux, agriculture et société, agriculteurs et citoyens. Claude Cochonneau atteste qu’il compte sur le gouvernement pour soutenir le monde agricole, «au-delà des aspects climatiques et économiques. La pression qui pèse sur notre activité est souvent perçue comme injuste», ajoute-t-il.

La question du glyphosate

Interrogé sur sa position sur la plateforme glyphosate, qui doit suivre les agriculteurs qui sortent de ce produit et qui irrite le monde agricole depuis sa sortie, il a mentionné qu’il s’agissait d’un engagement de l’Etat, et que cette plateforme avait pour objectif de communiquer de manière positive sur l’agriculture, en mettant en avant les bonnes pratiques. Il a tout de même concédé que, lors de son intervention de la matinée, il avait remarqué que cette initiative n’était pas perçue de manière positive par les agriculteurs, constat confirmé par Claude Cochonneau, qui regrette la méthode. Concernant la sortie du glyphosate, Didier Guillaume a affirmé que son interdiction étant une volonté politique, un principe de précaution. Donc, il la soutenait. Face à certains qui voient dans cette interdiction une injustice, il certifie qu’il ne veut laisser personne sans solution.

Le ministre s’est montré plus médisant sur la carte des fermes usines de Greenpeace. Il dénonce, en effet, la dénonciation directe d’agriculteurs, sans pour autant que leurs exploitations puissent être qualifiées «d’usines». Toujours dans la volonté de réconcilier agriculteurs et attentes sociétales, il s’est dit très engagé pour permettre à l’agriculture d’effectuer sa transition écologique. «Transition ne voulant pas dire rupture», a ajouté le président de l’APCA. Didier Guillaume considère comme essentiel de développer l’agro-écologie en France, en tant que pratique vertueuse qui remet l’agronomie au coeur du métier. Il affirme ainsi qu’il désire que cette pratique soit présente et valorisée dans la future Pac. S’exprimant sur la politique agricole européenne, il a d’ailleurs réaffirmé sa volonté de ne pas la renationaliser, pour que personne «ne bidouille dans son coin». Enfin, concernant le Brexit, il assure que la France sera prête à faire face à tous les scénarios.

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