L'Oise Agricole 01 novembre 2018 à 10h00 | Par Ludivine Campbell

Secteur 1 : douche froide pour la profession agricole

Le secteur 1 est passé dans la phase d’avant-projet avec pour conséquence une hausse des prévisions de consommation foncière.

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Premières mauvaises surprises sur le secteur 1.
Premières mauvaises surprises sur le secteur 1. - © Thierry Guillemot

Selon les prévisions données par la société du Canal Seine-Nord Europe, ce dernier sera construit en deux phases. La première phase de construction, le secteur 1, de Compiègne à Passel, est prévue pour 2020. Un secteur comprenant la vallée de l’Oise et l’aménagement foncier de la RD 1.032 actuellement en cours.

L’évolution de la phase d’avant-projet s’est traduit notamment par la détermination précise du passage de l’ouvrage et de ses emprises. Elle comprend aussi des études nouvelles, en particulier d’analyses de sols. Beaucoup des agriculteurs concernés ont pu d’ores et déjà être sollicités pour la réalisation de sondages sur leurs parcelles.

Des chiffres en large augmentation

Le 27 octobre dernier, la société du canal a fait la présentation de cet avant-projet dont les emprises foncières sont beaucoup plus importantes qu’annoncé jusqu’alors. En effet, au-delà de l’augmentation des emprises du projet en lui-même, ce nouveau scenario prévoit des dépôts de terre sur les espaces agricoles, possibilité non encore évoquée sur ce tronçon. Et, bien que les compensations écologiques et qu’une partie des dépôts de terre se fassent sur les espaces de délaissés, l’augmentation de consommation foncière serait fortement en hausse.

Les chiffres annoncés multiplieraient par trois la consommation d’espace agricole pour la porter à un peu moins de 300 ha contre une centaine dans les propositions initiales. Un scénario sans rapport avec les propositions passées.

Bernadette Bréhon, secretaire générale de la FDSEA 60.
Bernadette Bréhon, secretaire générale de la FDSEA 60. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Une évolution inacceptable pour la profession !

"Dans les discussions portant sur le canal Seine-Nord Europe, la profession agricole (Chambre d’agriculture, FDSEA et Jeunes Agriculteurs) s’est fixé un objectif : limiter l’impact du projet sur les exploitations agricoles. Il s’agit notamment pour nous de limiter la consommation de foncier à tout point de vue : compensation écologique, dépôts de terre et projet en lui-même. Au vu de la dernière présentation de la société du canal, nos objectifs ne sont pas convergents. On ne peut pas accepter une multiplication par trois de la consommation du foncier. Compte tenu des réserves foncières actuellement existantes, cette augmentation ne permettrait plus une compensation des hectares perdus, une situation inadmissible. Également, les aménagements fonciers ont été accepté dans une configuration de projet. Cette configuration semble remis en cause, aussi nous risquons de devoir tout remettre à plat ! En l’état actuel du projet, la discussion n’est plus possible. Tant que nous n’aurons pas obtenu gain de cause, nous demandons aux propriétaires et aux exploitants de ne plus laisser le maître d’Ouvrage pénétrer dans les parcelles et de ne pas engager de discussion sur la vente de foncier agricole. Une mesure de blocage nécessaire pour ramener à la raison la Société du Canal Seine-Nord Europe."

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