L'Oise Agricole 20 avril 2017 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Secrétaire général de FDSEA, un vrai travail d’équipe

Depuis le 3 mars dernier, il est le nouveau secrétaire général de la FDSEA de l’Oise. Régis Desrumaux, agriculteur à Offoy, se livre au jeu des questions-réponses.

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- © DLC

Vous avez été élu secrétaire général avec Bernadette Bréhon lors du conseil d’administration FDSEA le 3 mars dernier. Pourquoi avoir été candidat?

Je suis président cantonal de Grandvilliers depuis 3 ans déjà et je n’aurais jamais pensé devenir secrétaire général un jour. Mais Guillaume Chartier voulait constituer une nouvelle équipe cette année, à l’occasion du renouvellement syndical, et il m’a sollicité en me précisant qu’il souhaitait un secrétaire général sur le terrain qui forme un duo efficace avec Bernadette.

J’avoue que je n’ai pas dit oui tout de suite pour de nombreuses raisons. D’abord, je me demandais si j’avais les qualités pour le poste, je voyais d’autres agriculteurs beaucoup plus à même de remplir la tâche.

Et puis, devenir secrétaire général nécessite un engagement en termes de disponibilité qui implique la vie familiale et le travail sur la ferme. J’en ai donc parlé à ma femme et à mes enfants qui m’ont encouragé à me lancer.

Enfin, succéder à Christophe Beeuwsaert n’est pas une mission simple. Christophe a su s’engager et mouiller la chemise pendant 30 ans, il est reconnu de tous, il laisse un siège difficile à occuper pleinement. J’ai pris conseil auprès des personnes avec qui j’ai l’habitude de travailler, dont Christophe, et tous m’ont rassuré. J’ai dit oui et j’espère être à la hauteur des attentes, que ce soit celles des agriculteurs ou celles des collaborateurs FDSEA avec qui je vais travailler.

 

Quelles sont, à votre avis, les qualités nécessaires à un secrétaire général FDSEA?

Il faut d’abord connaître le terrain, les particularités de chaque petite région agricole de l’Oise, les problématiques qui les touchent. Cela suppose d’être sur tous les fronts, de savoir réagir vite en faisant remonter toutes les informations aux membres du bureau.

Et mouiller la chemise, ne pas avoir peur de déplaire. Enfin, il ne faut pas compter ses heures et faire passer son étiquette de secrétaire général en premier. Mais l’essentiel du travail se fait en équipe ; c’est d’abord cela être secrétaire général, jouer le collectif.

 

Quel genre de secrétaire général aimeriez-vous être?

J’aimerais pouvoir trouver le juste équilibre entre la confrontation nécessaire et la négociation indispensable. Et puis être à ma place au sein de l’équipe FDSEA, avec Bernadette, savoir mettre tout le monde en mouvement, ne pas hésiter à solliciter des avis avant d’agir. Être secrétaire général, c’est aussi aider à trouver une solution aux problèmes que les adhérents nous soumettent, par exemple assurer le repérage des agriculteurs en difficultés pour les orienter vers la structure Réagir.

 

Quel est l’état d’esprit actuel dans les campagnes?

Il règne une grande inquiétude par rapport aux difficultés financières que connaissent de nombreux agriculteurs. Des craintes se font déjà sentir sur la récolte à venir tant le déficit hydrique est grand et perdure. Nous n’avons plus le droit à l’erreur.

Plus profondément, je ressens une grande incompréhension face aux attaques dont les producteurs sont victimes sur les phytos, sur l’élevage et face aux contraintes réglementaires. Il y a comme une colère étouffée chez les agriculteurs qui exercent pourtant leur métier avec professionnalisme.

Ils ont le sentiment d’avoir été lâchés par l’État, avec un ministre absent. D’où une attente très forte vis-à-vis de la fédé, considérée comme le dernier rempart.

 

Quels sont les dossiers du moment?

Nous allons devoir continuer à nous battre sur les prix, les charges, c’est le cœur du combat syndical, le dossier de fond. Mais nous devons aussi assurer la défense sur les dossiers du quotidien. Par exemple, la télé-déclaration qui génère des incohérences. C’est le cas des «tournières» de pommes de terre dont la surface doit être soustraite. C’est ubuesque, nous l’avons dit à la DDT au cours des 6 réunions organisées avec elle sur le terrain et auxquelles j’ai assisté.

Autre exemple de travail récurrent: les PLU dont nous devons surveiller l’élaboration si nous souhaitons sauvegarder l’activité agricole. Et puis, bien sûr, le dossier prairies permanentes, à suivre comme le lait sur le feu.

 

Si vous aviez un rêve, un souhait à émettre en ce début de mandat, quel serait-il?

J’aimerais que la crise s’arrête et que chaque agriculteur de l’Oise puisse vivre décemment de son métier, quelles que soient ses productions. J’aimerais aussi que l’on puisse dire de notre équipe syndicale «qu’elle a fait le job».

 

À la fiche

Régis Desrumaux
46 ans, marié avec Pascale, salariée
2 enfants: Gwenaëlle, 22 ans et Jean-Baptiste, 20 ans
Exploitation de polyculture-élevage laitier sur 130 ha dont 25 de pâtures, à Offoy
Mes qualités: j’aime les autres, la convivialité, mais ce sont les autres qui peuvent mieux le dire
Mes défauts : peut-être un peu impulsif et tête-en-l’air
Ce que j’aime dans la vie: ma famille, mes amis, les rencontres que l’on fait tous les jours dans ce métier et en tant que responsable syndical, mon métier, mes animaux, la solidarité entre agriculteurs. J’aime aussi le sport mais j’avoue que j’ai un peu relâché le foot en salle et le badminton.
Ce que je n’aime pas: ceux qui la jouent perso, qui ne sont pas francs, les faux-culs

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