L'Oise Agricole 31 août 2017 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Sébastien Neuville, jeune maraîcher sérieux et motivé

Pour certaines productions, il a atteint ses objectifs ; pour d’autres, il les a dépassés. Pour d’autres encore, la sécheresse du printemps et les gelées tardives ont ruiné ses semis. Qu’importe, Sébastien Neuville, jeune maraîcher installé en janvier, y croit.

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Sébastien Neuville dans sa première serre qui accueille tomates, concombres, aubergines et carottes.
Sébastien Neuville dans sa première serre qui accueille tomates, concombres, aubergines et carottes. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Car ces productions sont les premières pour ce jeune homme de 26 ans, en EARL avec sa mère sur une exploitation de 28 ha à Senantes, au hameau d’Amuchy précisément. Quatre hectares d’herbages sur lesquels sont engraissés des veaux jusqu’à 2 ans et demi, et 24 ha de terres labourables qui accueillent du blé, de l’orge, du colza, des pois et des pommes de terre de consommation.

Pas de quoi vivre à deux sur la ferme, d’où le projet de reconvertir 1,5 ha en maraîchage pour que Sébastien puisse s’installer. Pour la première fois, haricots verts, haricots beurre, salades, courgettes, aubergines, concombres, blettes, carottes, oignons, ail, échalote, betteraves rouges, petits pois et rhubarbe sont sortis de ces anciens herbages, où la terre a été amendée de fumier de cheval. Car les légumes aiment les terres soignées.

Et Sébastien Neuville se donne tous les moyens de réussir, même s’il a le sentiment de ne pas avoir beaucoup été soutenu par sa banque. «J’ai travaillé pendant deux ans sur mon projet avec les services de la Chambre d’agriculture, je me suis formé et malheureusement, la banque ne m’a prêté qu’une partie des fonds nécessaires pour que j’atteigne les 1.000 m² de serres.»

Car, au départ, Sébastien Neuville avait choisi de s’orienter vers un baccalauréat professionnel en électro-technique, «pour avoir un diplôme et un métier fiable entre les mains», assure-t-il. Autant ces études lui avaient plu, autant le travail de salarié dans un entreprise de bâtiment lui a laissé une impression mitigée : «Parfois, les salariés n’avaient pas le respect du travail des autres corps de métier, je n’aime pas cette mentalité.» Et c’est ainsi que le retour vers l’activité agricole s’est fait par une nouvelle orientation avec un BPREA en formation continue. Puis des contrats de salariés agricoles sur des grandes exploitations de polyculture dans le Vexin. Avant de penser sérieusement à une installation au sein de l’exploitation familiale avec ce projet de maraîchage.

Des serres et en plaine

Pour l’heure, derrière le corps de ferme, une première serre abrite des tomates, des carottes, des concombres et des aubergines. La seconde est en cours de construction. «L’entreprise qui me l’a vendue est débordée et ne trouve pas le temps de venir la finir. Trouvant le temps long, j’ai commencé moi-même à la monter» s’impatiente Sébastien Neuville. «Avoir une serre est indispensable pour les tomates et les salades d’hiver et de début de printemps». L’arrosage se fait au goutte-à-goutte à partir d’un puits et d’un système de récupération des eaux de pluie.

Les autres légumes sont implantés sur une partie des terres labourables et entrent dans la rotation avec les céréales pour casser le cycle des maladies. L’arrosage y est plus compliqué, il faut apporter l’eau.

Par contre, la culture de pommes de terre de consommation est une activité ancienne sur l’exploitation. Sylvie Neuville, la mère de Sébastien, en fait depuis plus de 20 ans maintenant : Amandine et Artémis, des variétés précoces, Charlotte, Nicola, Spunta et Binje assurent une production étalée auprès d’une clientèle fidélisée depuis longtemps.

Des débouchés variés

Car la force de Sébastien réside dans la diversité des débouchés, dont certains ont été mis en place grâce aux pommes de terre. Des restaurateurs lui en achètent pour faire des frites fraîches et des particuliers viennent en acheter régulièrement.

Il est inscrit sur la plateforme www.oise-produitslocaux.fr, mais confie que les collèges sont plus difficiles à approvisionner, bien que cela soit moins vrai aujourd’hui. «Avant, les cantines scolaires servaient des plats industriels tout préparés qu’il n’y avait plus qu’à réchauffer. Maintenant, avec le retour du cuisiné sur place, la difficulté réside dans l’équipement des cuisines qui fait parfois défaut pour éplucher et cuire les légumes. Mais cela devrait s’améliorer» analyse-t-il.

Sinon, il a aménagé un petit local de vente où ses clients habituels pour les pommes de terre ont l’habitude de venir. Il propose maintenant ses légumes et les ventes se font essentiellement en fin de journée, lorsque les personnes rentrent du travail.

Mais l’essentiel de la production est écoulée au cours de marchés fermiers occasionnels et de quatre marchés hebdomadaires : Gournay-en-Bray le mardi, Saint-Paul le dimanche matin, Gisors le vendredi et maintenant également le dimanche. C’est d’ailleurs là qu’il réalise son meilleur chiffres d’affaires. Et puis ces marchés sont un moment provilégié de contact avec la clientèle dont il apprécie les retours. «On échange beaucoup avec les clients, notamment des recettes quand les légumes sont moins connus, par exemple le patisson ou la courge spaghetti. Je leur indique des méthodes de cuisson. C’est important de faire découvrir des légumes oubliés.»

Un aspect de son métier que Sébastien apprécie tout particulièrement. Et même s’il a été déçu par ses résultats en radis et navets, il suit consciencieusement sa feuille de route et tire de cette première campagne les enseignements nécessaires à la réussite des prochaines. Sérieux et motivé on vous dit.

 

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