L'Oise Agricole 10 juillet 2015 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

«Sans les éleveurs, rien n’est possible»

Interview de Pierre Vaugarny, secrétaire général de la Fédération nationale bovine.

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- © Actuagri

À la suite de la table-ronde du 17 juin, vous avez décidé de mettre sous surveillance les entreprises de l’aval de la filière bovine pour s’assurer que les engagements pris étaient respectés. La semaine qui a suivi cette table-ronde, le prix moyen pondéré des bovins n’a augmenté que d’un centime. Quelle est votre analyse ?

Pierre Vaugarny : Nous avons bien évidemment eu le sentiment d’avoir été trahis. Nous espérions un franc mouvement de hausse et il n’a pas eu lieu. Mais la situation n’est pas homogène sur le territoire.

Ainsi, les cours des bovins destinés à l’abattage dans les bassins de cotations du Nord-Est et du Grand-Ouest ont enregistré des hausses significatives. Cela confirme qu’on peut faire bouger les lignes.

Où sont les résistances à l’augmentation des cours ?

PV : Vous savez qu’industriels et GMS se renvoient régulièrement la balle à ce sujet. Dans le cas présent, les premières constatations montrent que cela coincerait plutôt à la première mise en marché. C’est donc le maillon industriel qui semble en cause. Mais là encore, la situation est très hétérogène.

Chaque site industriel interprète les engagements à l’aune de ses besoins.

Cela vaut également pour les groupes industriels qui déclinent ou non les hausses selon les catégories d’animaux, les races, les âges…

Un comparateur

Que signifie pratiquement la mise sous surveillance des entreprises d’aval ?

PV : Le réseau syndical s’est organisé de façon à collecter un maximum d’informations des politiques tarifaires appliquées par les entreprises.

Ces données sont agrégées au niveau régional afin d’établir un comparateur d’application des engagements. Il s’agit d’un tableau de suivi des prix d’achat ciblé sur les vaches et les jeunes bovins laitiers et allaitants. Si l’organisation de producteurs, le négociant ou le site industriel fait mouvement à la hausse, alors la case est verte et dans le cas contraire, elle est rouge.

Ce comparateur sera publié dans les journaux agricoles en vue d’informer les éleveurs du comportement des acheteurs. Les producteurs pourront ainsi mieux se défendre lors de la mise en marché de leurs bovins.

Il faut briser l’isolement des éleveurs et leur donner le sentiment de vraiment participer à un combat collectif.

Cela sera-t-il suffisant ?

PV : La publication du comparateur d’engagement est une première étape car il permet aux responsables professionnels d’apprécier le plus justement possible le comportement de chaque opérateur. Dans un second temps, des actions ciblées seront entreprises afin de rappeler, si nécessaire, les engagements pris.

Quand l’entreprise a délibérément tourné le dos aux engagements de ses représentants à la table-ronde, alors les rappels à l’ordre ont été donnés qui ont pu prendre une tournure très syndicale avec des actions auprès d’abattoirs, notamment dans la région Grand-Ouest et plus particulièrement en Pays de la Loire.

Vous n’évoquez pas la grande distribution ?

PV : Tout le monde reconnaît que la situation de l’élevage nécessite une revalorisation des prix. Les acheteurs de nos bovins savent qu’ils peuvent répercuter les hausses qu’ils décident à leur aval. À ce jour, aucun industriel ne s’est plaint de pression ou de refus de la part de la distribution. C’est bien au moment de la première mise en marché qu’il faut enclencher le mouvement haussier. Sans les éleveurs, rien n’est possible.

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