L'Oise Agricole 28 avril 2016 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Saipol modifie la base de paiement du colza

Les informations et annonces concernant les modifications des modalités de paiement des graines de colza ainsi que celles relatives au marché du biodiesel ont été nombreuses ces derniers jours. Revenons sur l’ensemble celles-ci et le positionnement des différents acteurs de la filière oléagineuse.

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- © Bernard Leduc

L’évolution initiée par Saipol (filiale du groupe Avril assurant la trituration des graines et la production de Diester) vise à modifier le paiement de la qualité des graines de colza au regard de leur teneur moyenne en huile. Il s’agit ainsi de passer les achats de graines sur la base d’une teneur de base en huile de 42 % et non plus de 40 % afin de se rapprocher de l’évolution des taux d’huile des colzas livrés aux triturateurs et de la réalité du marché (valeur intrinsèque de la graine).

Rappelons qu’en France, pour le colza, chaque point d’huile au-delà de 40 est rémunéré 1,5 % du prix d’achat par l’acheteur final. Le 1,5 % correspond à la valorisation d’une moyenne historique sur 10 ans (dans les années 1990) de la différence entre la rémunération de la protéine (tourteaux) et de la rémunération de l’huile.

La Fop affirme ses conditions

Au regard de cette décision d’une réelle sensibilité pour les producteurs qui craignent qu’elle ne se traduise par une baisse du prix de la graine donc une perte de revenu, la Fop (Fédération des producteurs d’oléagineux et protéagineux) «conditionne sa mise en œuvre au fait que toute évolution des modalités de paiement ne se fasse pas au détriment des vendeurs de graines, ce qui signifie qu’elle doit être neutre pour les producteurs».

à l’issue de la réunion de son conseil d’administration, la Fop demande en ce sens qu’il «y ait une compensation intégrale par Saipol du changement des modalités de paiement des vendeurs de graines qui devra intervenir tant que le marché à terme n’aura pas pris en compte une référence 42». Parallèlement, la Fop fait savoir qu’elle mandate ses représentants au sein d’Avril pour veiller à la bonne exécution de ces exigences et entend demander à l’interprofession d’ouvrir un débat en son sein sur la répartition de la valeur ajoutée dans la filière avec des points d’étape réguliers.

Compensation intégrale

Autant de conditions et demandes auxquelles Saipol répond favorablement dans un courrier du 19 avril destiné aux organismes stockeurs afin de clarifier sa démarche. Saipol apporte les explications propres à sa décision et confirme son engagement d’une compensation intégrale de la différence dans les contrats d’achat base 42 % par rapport à la base 40 % jusqu’à la prise en compte de la nouvelle référence par le marché à terme. Il n’y aura ainsi aucune baisse de rémunération pour les vendeurs.

Par ailleurs, le courrier de Saipol à ses fournisseurs confirme sa disponibilité au débat interprofessionnel tel que souhaité par la Fop. Rappelons que Coop de France, s’est également engagé en ce sens. Chacun des acteurs ayant ainsi à cœur de privilégier la concertation, valeur fondamentale qui a toujours prévalu au sein de la filière oléagineuse.

Le marché du biodiesel

Par le biais d’un communiqué de presse, Avril a annoncé «être contraint d’adapter temporairement son activité de production de biodiesel en France en 2016».

Ce projet de réduction temporaire de ses activités d’estérification en France «afin de faire face à une situation économique défavorable tout en préservant l’emploi» devrait être mis en œuvre à compter du mois d’août et pour le reste de l’année 2016. Cette réduction impactera les cinq usines d’estérification de Saipol en France : Bassens (Gironde), Grand-Couronne (Seine-Maritime), le Mériot (Aube), Montoir-de-Bretagne (Loire Atlantique) et Sète (Hérault).

Cette réduction s’explique par un contexte extrêmement défavorable tant au niveau économique que réglementaire, sous l’effet «de la surcapacité du marché européen du biodiesel, excédentaire dans un contexte de baisse du prix du gazole et du taux de change euro-dollar, lequel favorise le recours à l’importation par les pétroliers européens d’esters bénéficiant du dispositif de double comptage» (esters méthyliques d’huiles animales et usagées) mais aussi du développement sur le marché européen des huiles végétales hydrotraitées (HVO) pour la production de biodiesel, favorisé par le développement des importations à moindre coût d’huile de palme. à ces éléments de contexte défavorables s’ajoutent «la traduction hétérogène par les États membres du cadre réglementaire européen relatif à l’application des directives touchant au développement des énergies renouvelables en général et des biocarburants en particulier et le recul de la compétitivité de la graine métropolitaine et européenne, dans un contexte de baisse des récoltes de colza au sein de l’UE.»

Pour le président de la Fop, Gérard Tubéry, cette annonce amène à insister sur «les risques que font aujourd’hui courir à la pérennité du débouché du biodiesel issu de colza et à l’emploi en France un projet comme celui de Total La Mède et les choix, ou non choix, réglementaires. Or ,à travers la remise en cause de ce débouché ,ce sont non seulement notre capacité à valoriser nos productions qui est mise à mal, mais également celle de développer nos cultures; Plus généralement, il en va de l’impact de choix politiques qui font fi des réalités concrètes et de terrain »

www.fopoleopro.com

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