L'Oise Agricole 15 décembre 2017 à 10h00 | Par Florence Guilhem

Retrait de six cents lots de laits infantiles Lactalis

Le 10 décembre, le gouvernement a annoncé un retrait massif et une suspension de la vente et de l’exportation des laits infantiles Lactalis.

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Cinq nouveaux cas de salmonellose ont été détectés chez des bébés de moins de six mois ayant consommé des produits Lactalis.
Cinq nouveaux cas de salmonellose ont été détectés chez des bébés de moins de six mois ayant consommé des produits Lactalis. - © Agence de presse

Belote et rebelote. Après un premier retrait de douze références de laits infantiles début décembre (soit près de 200 000 boîtes, dont 40 000 étaient encore en stock dans l’entreprise, ndlr), le ministère de l’Économie et des finances a étendu, le 10 décembre dernier, la liste des produits de nutrition pour bébés susceptibles de présenter un risque de contamination par des salmonelles. Et de recommander aux parents, «dans la mesure du possible, de ne pas utiliser» plus de six cents lots vendus par les marques Picot, Milumel ou encore Carrefour, dont il a ordonné le rappel et la suspension de commercialisation, ainsi que celle d’exportation.

Ce retrait massif concerne une large gamme de laits premier et deuxième âge, lait-relais, poudres, avec ou sans lactose, à base de protéines de riz… Carrefour a décidé, de son côté, «par mesure de précaution», d’élargir son rappel à tous les produits infantiles fabriqués sous son nom dans la ville de Craon, et pas seulement aux seuls lots concernés par la mesure de Bercy. D’autres pays ont décidé d’en faire autant. C’est le cas des Pays-Bas, où des matières premières de la préparation pour nourrisson Kruidvat Extra Care H.A.1. et du lait de suite Kruidvat Extra Care H.A.2. ont été produites dans l’usine de Lactalis. Des produits ont été également rappelés au Royaume-Uni, en Grèce, au Maroc, au Soudan, au Pérou, en Colombie. L’Asie, le Bangladesh, le Pakistan et la Chine sont aussi concernés.

Cinq nouveaux cas ont été détectés

Après la survenue de vingt cas de salmonellose chez des bébés de moins de six mois ayant consommé des produits Lactalis, début décembre, ce sont donc cinq nouveaux cas qui ont été détectés, dont un lié à la consommation d’un lait de riz, Picot riz 1er âge, dont la référence ne figurait pas dans la liste des laits retirés jusqu’ici de la vente. Si les autorités sanitaires ont tout de suite tenu à rassurer la population, en soulignant que les enfants concernés se portaient bien, le gouvernement, lui, a monté le ton contre Lactalis. Selon le ministère de l’Économie et des finances, «les mesures prises par l’entreprise n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas âge».

Un jugement tiré à la suite des investigations menées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de la Mayenne, dans l’usine de Lactalis, à Craon, en Mayenne. Conséquence : Bercy a décidé d’étendre le rappel des produits fabriqués depuis le 15 février, exigeant de l’entreprise des «mesures coercitives» avant toute reprise de sa production.

Mesures coercitives

Lactalis a arrêté ses installations vendredi 8 décembre «afin d’y engager des mesures de nettoyage et de désinfection additionnelles et renforcées», y compris dans l’autre tour de séchage. Ce grand nettoyage des installations est encadré par un arrêté préfectoral pris le samedi 9 décembre. La règle est la suivante : l’arrêté conditionne le redémarrage de l’usine à la mise en place de ces mesures coercitives. Mais ce n’est pas le première fois que l’usine de Craon fait l’objet de suspicions. En 2005 déjà, l’État avait pris la décision de retirer des laits infantiles de la marque Picot et d’autres laits fabriqués sur ce site. Et pour cause : cent vingt trois nourrissons avaient alors été contaminés.

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