L'Oise Agricole 15 novembre 2018 à 09h00 | Par Service animation

Retard de paiements Pac : trop c’est trop !

Le vendredi 9 novembre, la FDSEA 60 est venue manifester devant la préfecture de l’Oise pour dénoncer la mise en difficulté des exploitations agricoles par le ministère, due aux non paiements des aides Pac.

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«On est à 908 jours de retard de paiement sur les MAEC de l’année 2016-2017...  Dans la région Hauts-de-France, ce sont plus de 1.000 agriculteurs qui n’ont pas reçu leur accompte» exclame Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. (© Dorian Alinaghi)

Durant toute la matinée, la FDSEA 60 et près d’une cinquantaine d’agriculteurs ont réalisé une pyramide composée de vieux ordinateurs. Depuis la rentrée, le sujet de la Pac revient sur la table. Pour la 3e année consécutive, l’administration est dans l’incapacité de payer en temps et en heure les agriculteurs. Guillaume Chartier, Bernadette Bréhon, président et sécrétaire générale de la FDSEA 60, Pierre Potier, président JA60, et Christophe Beeuswaert, interlocuteur de l’association Réagir, sont allés à la rencontre du préfet pour résoudre ce problème «inacceptable» mais aussi pour exprimer le ras-le-bol des agriculteurs. «C’est inadmissible de savoir que l’on ne peut pas payer un agriculteur pour les efforts et les risques qu’il prend. L’État n’a même pas la décence de créer un logiciel informatique afin de réaliser les virements comme prévu» affirme le président de la FDSEA.

Comme le sèche-linge rétro présent, les agriculteurs sont essorés par la situation. Pour Pierre Potier, président des Jeunes Agriculteurs de l’Oise, l’État prend en otage les agriculteurs : «Nous sommes vraiment inquiets par rapport aux aides. Comment peut-on encourager les jeunes à s’installer ? Aujourd’hui, l’État doit jouer son rôle et l’assumer !»

Les questions qui se posent au sein des manifestants sont de savoir «si l’on revient sur une déclaration Pac papier ou alors, que l’État sache se servir de l’informatique !» ou bien «est-ce que la France veut une agriculture ?»

Débarquant de son tracteur, Thierry Fraiture, agriculteur à Saint-Léger en Bray, dépose un ballot de paille devant la préfecture et critique ouvertement l’État : «Il faut mettre un carton rouge au gouvernement. J’ai entendu que le ministre Didier Guillaume avait certifié que tout était rentré dans l’ordre. C’est un mensonge et c’est honteux car nous, nous ne devons pas avoir un seul jour de retard au dépôt du dossier, sous peine de pénalité !»

Lors de la rencontre avec le secrétaire général de la préfecture, après lui avoir offert un PC ancienne génération et des S2 jaunes papier ainsi que quelques stylos, outils «d’antan» qui permettaient d’être payés comme prévu, les responsables agricoles entrent rapidement dans le vif du sujet : bugs informatiques, dossiers MAE et aides bio non instruits faute de logiciels, et maintenant des contrôles qui retardent les paiements d’avance Pac !

Bernadette Brehon a demandé que les agriculteurs ne soient pas les otages de l’administration : «nous exigeons que les agriculteurs concernés soient payés rapidement, au plus tard le 1er décembre ! En Belgique, ce décalage de paiement pour raison de contrôle n’existe pas !»

Thierry Bourbier, agriculteur à Gournay-sur-Aronde, est étonné de la mauvaise gestion administrative : «Je pense que les agriculteurs et moi-même, nous aimerions avoir des explications sur le non paiement des aides. Nous sommes dans une impasse... Demain, en allant à la banque, comment peut-on expliquer cela alors que nous avons des emprunts à rembourser ?»

Le secrétaire général de la préfecture a bien compris les difficultés du monde agricole face aux problèmes Pac. Il s’est engagé à remonter aussitôt au cabinet du ministre ces éléments. Parallèlement, il appuiera également auprès des organismes bancaires la demande pour une tolérance, afin de ne pas ajouter de pression supplémentaire.

Un point d’étape sera réalisé début décembre. Pour conclure la manifestation, une banderole, taguée «faut-il revenir au papier pour être payé ?», a été attachée aux grilles de la préfecture.

Régis Desrumaux tient à rappeler que la FDSEA 60 est présente pour aider les agriculteurs : «si vous avez des soucis ou des voisins ayant des problèmes, dites-le nous ! Nous devons appuyer là-dessus : il est hors de question qu’un agriculteur soit confronté à ce genre de situation, surtout s’il est seul».

 

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