L'Oise Agricole 02 mars 2017 à 08h00 | Par Bernard Leduc

Restituer de la valeur ajoutée aux agriculteurs

C’est la volonté une nouvelle fois exprimée par les élus régionaux, lors de l’inauguration du stand des Hauts-de-France au Salon de l’agriculture, ce mardi 28 février matin à Paris.

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Sur le stand des Hauts-de-France, très bien situé à l’entrée du hall du pavillon 3 des 13 provinces de France au Sia, les personnalités politiques régionales et nationales, dont une représentante du gouvernement, élue de la Somme, Pascale Boistard, secrétaire d’État aux personnes âgées et à l’autonomie. Ce stand a été inauguré par le président du Conseil régional, Xavier Bertrand, et le président de la Chambre régionale d’agriculture, Christophe Buisset.
Sur le stand des Hauts-de-France, très bien situé à l’entrée du hall du pavillon 3 des 13 provinces de France au Sia, les personnalités politiques régionales et nationales, dont une représentante du gouvernement, élue de la Somme, Pascale Boistard, secrétaire d’État aux personnes âgées et à l’autonomie. Ce stand a été inauguré par le président du Conseil régional, Xavier Bertrand, et le président de la Chambre régionale d’agriculture, Christophe Buisset. - © Bernard Leduc

L’agriculture de cette région des Hauts-de-France est performante, avec un très fort potentiel et elle est très diversifiée. Mais, comme dans toutes les autres régions, les agriculteurs vivent une «crise du revenu», pour reprendre l’expression de Marie-Sophie Lesne, vice-présidente du Conseil régional en charge de l’agriculture et de l’agro-alimentaire lors de l’inauguration de ce stand régional.

La cause est désormais reconnue de tous : des prix beaucoup trop bas à la production, la valeur ajoutée étant captée par l’aval, dans les circuits opaques, les circuits de transformation et de distribution. Et des charges très françaises, ajoutait Xavier Bertrand, le président du Conseil régional.

«Les agriculteurs croulent sous les complexités franco-françaises», disait-il en faisant remarquer que la réglementation n’est pas appliquée de la même façon, non seulement entre pays européens, mais aussi en France, entre départements. «On est toujours dans l’incapacité d’aller vers le moins disant» regrette-t-il, en proposant de chercher les solutions les plus simples, celles qui sont les moins contraignantes possibles pour les agriculteurs et qui ne coûteraient donc rien à personne.

Xavier Bertrand émet même l’idée d’une «zone franche rurale», permettant, comme pour les entreprises de certaines zones urbaines, des exemptions de charges quand il n’y a pas de revenu. Il est urgent d’aider les agriculteurs, en protégeant leur patrimoine et en «lissant l’impôt».

 

«Une agriculture plurielle»

Cette inauguration du stand de notre région dans le hall des 13 provinces de France avait commencé par l’intervention de Christophe Buisset, président de la Chambre régionale d’agriculture.

Après avoir rendu un hommage ému à Xavier Beulin, qui a été un ardent défenseur des intérêts des agriculteurs français et a combattu toutes ces mesures qui «empêchent les paysans de produire», Christophe Buisset soulignait la formidable capacité de production de notre agriculture régionale et sa place essentielle à l’export. Mais il rappelait aussi que «c’est l’homme qui est derrière le produit» et que les paysans doivent pouvoir travailler plus librement, tout en protégeant l’environnement, et vivre normalement de leur métier.

Parallèlement, il a fait la promotion du «manger local», qui relève «de l’éducation ou de la rééducation» des consommateurs. Il se devait d’ailleurs d’être l’ambassadeur des produits régionaux, dont tous ceux présentés sur ce salon de l’agriculture sous les marques Saveurs en’or ou Terroirs de Picardie, «deux marques sous une seule bannière, celle des Hauts-de-France».

Son souhait, une nouvelle fois exprimé par le président de la Chambre régionale d’agriculture, étant de les regrouper sous une marque unique pour les produits alimentaires régionaux.

 

Le soutien de la Région

Cette inauguration a été marquée par cinq interventions; Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches maritimes, est intervenu à la suite de Christophe Buisset pour demander lui aussi «qu’on arrête d’étouffer cette profession par des excès de réglementations et de normes». Un autre lien commun avec les agriculteurs est que les pêcheurs maritimes sont une profession «soumise à des aléas de tous ordres, la météo et les marchés», rappelait-il.

Et outre les représentants du Conseil régional, Xavier Bertrand et Marie-Sophie Lesne, est aussi intervenu Christian Estrosi, président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, venu en ami pour «un échanges des bonnes pratiques», en faisant remarquer «les politiques agricoles pas très éloignées» entre ces deux régions, «parce que nous avons la même vision des choses, en donnant la priorité à l’Homme et au lien social». Et Xavier Bertrand évoquait la diversité des productions ou des activités des producteurs de ces deux régions, qui ne sont «pas concurrentes, mais complémentaires».

Les actions conduites par le Conseil régional pour aider les agriculteurs des Hauts-de-France ont été évoquées par Marie-Sophie Lesne, dont celle sur la priorité recherchée pour les produits locaux dans la restauration collective et les audits conseils pour les éleveurs, qui ont été près de 1.000 à y adhérer.

Ils ont permis une analyse de chaque situation, grâce à une rencontre organisée pour chaque éleveur volontaire avec son conseiller technique, son conseiller de gestion ou son comptable et son banquier. «Nous allons pérenniser ces audits», a-t-elle annoncé.

«La politique agricole n’est pas une compétence réservée à la région, mais elle est pour nous une priorité» ajoutait Xavier Bertrand, qui se disait heureux d’être de nouveau présent à ce Salon de l’agriculture, «proche des paysans et à portée d’engueulade»: tout le sens des rencontres et des échanges qu’il faut privilégier.

Cette priorité est naturelle, expliquait-il, parce que l’agriculture, c’est à la fois la production de biens alimentaires, des activités économiques et de l’emploi et l’entretien de l’espace : les 2/3 du territoire de la région sont des terres agricoles. «L’agriculture est à protéger parce qu’elle n’est pas délocalisable», ajoutait-il pour expliquer sa volonté de tenir ses engagements et d’aider les agriculteurs, en baissant leurs charges et en les accompagnant dans leurs projets de diversification ou de valorisation de leurs productions.

Xavier Bertrand revenait aussi sur son attachement à l’Europe et à la Pac, indispensable pour soutenir l’agriculture française. «La France sans les paysans n’est pas la France» disait-il en conclusion.

30

C’est le nombre de médailles obtenues par les producteurs de notre région, trois jours seulement après l’ouverture de ce salon. Non seulement par des éleveurs, mais aussi par des producteurs de produits du terroir, bien que notre région ne soit pas très marquée par des AOC. Il a pourtant été rappelé que les Hauts-de-France est la région qui compte le plus grand nombre de fromages: 220!

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