L'Oise Agricole 05 octobre 2017 à 09h00 | Par Marie-Astrud Batut

Renforcer l’attractivité du monde agricole

Retour sur la table ronde organisée par l’APCA.

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Serge Papin, PDG de Système U : «On inverse la construction du prix en partant de la production afin de redonner la main à l’amont.»
Serge Papin, PDG de Système U : «On inverse la construction du prix en partant de la production afin de redonner la main à l’amont.» - © Agence de presse

«L’alimentation a une valeur : celle des hommes, de la qualité des produits, de notre patrimoine et du lien entre les acteurs de la chaîne alimentaire, et les débats des États généraux de l’alimentation sont l’occasion de réaffirmer cette valeur», a rappelé Claude Cochonneau, président de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), le 28 septembre, en ouverture de la table ronde de l’APCA consacrée aux États généraux de l’alimentation, en présence de cinq présidents d’ateliers et du ministre de l’Agriculture. Le président de l’APCA a, de plus, présenté le «Livre blanc sur la multi-performance des exploitations agricoles», dans lequel sont rassemblées l’analyse et les propositions de l’APCA, dont certaines sont portées dans le cadre des États généraux de l’alimentation pour améliorer la multi-performance des exploitations.

En cette dernière semaine de réunions des ateliers du premier chantier, Stéphane Travert a salué le travail des chambres d’agriculture dans ces États généraux, et a redit l’importance de la plate-forme de consultation publique en ligne, sur laquelle 10 000 personnes sont inscrites. Il a annoncé que les «propositions retenues seront celles qui feront preuve d’audace et d’ambition pour une refonte de l’agriculture». Guillaume Garot, ancien ministre, porteur de la loi contre le gaspillage alimentaire et président de l’atelier 11 (Lutter contre le gaspillage alimentaire) a débuté son intervention en rappelant la crise de confiance des consommateurs envers l’agriculture et la crise des revenus pour les agriculteurs. Il a affirmé qu’il était essentiel de «traiter les deux questions ensemble et de trouver comment garantir une meilleure assiette aux consommateurs en garantissant de meilleurs revenus aux agriculteurs».

Tous les participants se sont accordés sur la nécessité d’avoir une stratégie offensive et volontariste pour défendre l’agriculture et une meilleure répartition de la valeur, un sujet qui a occupé une grande partie des débats. Concernant cette répartition de valeur, Serge Papin, PDG de Système U et coprésident de l’atelier 5 (Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs) était porteur d’une bonne nouvelle. Il a annoncé qu’au terme de la dernière ré-union de son atelier, la soixantaine de participants s’était accordée sur une proposition portant sur «un projet de contractualisation basé sur un nouveau modèle : on inverse la construction du prix en partant de la production afin de redonner la main à l’amont». Ce nouveau modèle serait établi «sur la base d’indicateurs fournis par les interprofessions, FranceAgriMer ou l’Observatoire des prix et des marges». Pour «aller au bout et avancer de manière constructive», il a invité les participants de l’atelier 7 à porter des propositions permettant de revisiter les seuils de revente à perte (SRP) et d’encadrer les promotions, une proposition également portée par les chambres d’agriculture et présentée à l’occasion de la table ronde.

Le cas des révisions des SRP

Faisant référence à une note de Michel-Edouard Leclerc qui an-nonçait «des hausses de prix de 5 à 15 % sur des milliers d’articles alimentaires... sous prétexte d’aider les agriculteurs», le PDG de Système U a affirmé que ceux qui annonçaient cette hausse des prix, s’il y avait révision des seuils de vente à perte (SRP) étaient «des menteurs. C’est faux de dire que les prix vont augmenter de 15 %». Il a mis en garde le monde agricole en l’incitant à camper sur ses positions et à être courageux face à «la machine médiatique déjà lancée sur ces propos».

La communication, justement, était un thème central du débat afin d’améliorer l’image de l’agriculture et l’attractivité des métiers liés à l’agriculture. Pour ce faire, l’APCA propose notamment de créer «un fonds de communication alimenté par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire et géré par les chambres d’agriculture». En accord avec cette proposition, Sébastien Windsor, président de Terres Inovia et de l’atelier 13 (Renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation), considère qu’il faut être ambitieux dans les actions de communication, mais qu’il est également nécessaire «d’arrêter de laisser les autres communiquer à notre place sur nos métiers, en montrant, bien souvent, des paysans d’antan bien loin de notre réalité».

Il demande donc à toute la filière de se rassembler pour communiquer, en n’oubliant pas tous les métiers sous tension (comme les opérateurs d’abattage). Plu-sieurs participants ont ainsi fait référence à la communication faite par les métiers de l’artisanat pour améliorer leur attractivité. Ils ont aussi été plusieurs à mettre en avant l’importance de la pédagogie pour donner une meilleure image de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. A l’occasion de cette table ronde, l’APCA a également proposé «de créer un fonds d’investissement pour des techniques et modes de production innovants et financer des investissements matériels et immatériels».

La dernière proposition des chambres d’agriculture porte sur «l’importance des projets territoriaux comme levier pour créer et répartir de la valeur». «La valeur ne se décrète pas depuis Paris, mais se construit dans les territoires», a ainsi rappelé Jean-Pierre Raynaud, vice-président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et co-président de l’atelier 14 (Préparer l’avenir : quels investissements, quel accompagnement tech-nique, quelle recherche pour une plus grande performance environnementale, sanitaire, sociale et économique ?).

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BERTRAND (40) | 05 octobre 2017 à 17:04:17

Les valeurs de nos produits n'appartient pas discours mais au "marché"...

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