L'Oise Agricole 02 juin 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Redonner une véritable politique à notre agriculture

Alors que la FNSEA a prévu de manifester le 7 juin, son secrétaire général Dominique Barrau revient sur les revendications et les mesures nécessaires pour permettre à l’agriculture française de dépasser la crise et d’entrevoir à nouveau l’avenir.

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Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA
Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA - © Actuagri

Quelle est la situation des producteurs aujourd’hui ?

Dominique Barrau : Ce qu’on constate, depuis le mois de juin 2015, c’est qu’au-delà des filières d’élevage, le secteur des grandes cultures est lui aussi entré dans la crise des prix, et personne ne voit la moindre éclaircie.
Les producteurs sont en attente d’une véritable politique qui, au-delà du discours, redonne une direction à notre agriculture. Personne aujourd’hui, que ce soit au niveau national ou au niveau européen, ne donne un cadre, un horizon aux agriculteurs, et c’est ça la plus grosse crise.

Les réponses qu’a essayé d’apporter le gouvernement, avec le plan d’urgence par exemple, n’ont pas suffi ?

DB : L’année dernière, nous avons eu deux niveaux de réponse de la part des pouvoirs publics nationaux. Le plan d’urgence d’une part, qui répond partiellement aux situations les plus difficiles pour les jeunes ou les récents investisseurs, et d’autre part au niveau structurel, avec la baisse des prélèvements sociaux qui nous replace dans la moyenne européenne.
Ces deux réponses, qui vont dans le bon sens, ne sont pas complètes. Quand on accompagne en trésorerie les situations les plus difficiles, on ne règle pas pour autant les problèmes de ceux qui ont investi et qui n’ont pas de retour, pas de revenu correct.

Par conséquent, quelles sont vos revendications ?

DB : Nous avons quatre sujets à défendre. La PAC, d’abord, puisque l’Etat doit encore plus de 2 milliards d’euros aux agriculteurs. A une période où tout est informatisé, où la transmission des informations se fait de façon immédiate, il est absolument insupportable que le ministère de l’agriculture laisse les agriculteurs dans une telle situation.
Deuxièmement, un plan d’urgence a été mis en place et une année blanche accordée : il faudra renouveler le plan et généraliser l’année blanche, ces deux mesures sont indispensables pour soutenir la trésorerie des agriculteurs. D’un point de vue structurel, ensuite, nous sommes très attachés à ce que l’on change de modèle de discussion entre production, transformation, distribution.
A l’occasion du salon de l’agriculture, le président de la République a souhaité mettre en chantier cette problématique des relations commerciales dans l’alimentaire. Produire, on sait faire, prendre en compte l’environnement aussi, mais on ne peut pas le faire à n’importe quel prix. Ce que l’on veut avant tout, c’est sortir de cette situation où l’on ne donne aux producteurs que ce qu’il reste.
Enfin, toujours sur le plan structurel, il faut au niveau européen un cadre qui respecte le fait que quand on est en production agricole, on est soumis à des aléas. La politique agricole a abandonné les systèmes de régulation, et la compétition qui aujourd’hui se passe en l’absence de règles du jeu est néfaste pour les agriculteurs et terrible pour l’Europe.

La FNSEA a prévu de manifester le 7 juin. Sous quelle forme comptez-vous faire passer ces messages ?

DB : Dans cette période un peu agitée, la FNSEA ne lâche rien sur ses combats. Nous allons dire et écrire aux responsables départementaux ce que nous défendons, ce que nous avons obtenu. Nous allons rappeler au gouvernement, via les parlementaires, les préfectures, par l’action de nos responsables sur le terrain, que l’agriculture et l’alimentation méritent une vraie politique.

Ce n’est pas une action « coup d’éclat », il s’agit plutôt de dire aux responsables qu’il faut se réveiller. J’ai envie de dire « Hé ho le gouvernement ! » : le meilleur moyen de nous montrer que la France tient à son agriculture, c’est de continuer les mesures et d’aller défendre une politique agricole régulée au niveau européen en prenant les devants.

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