L'Oise Agricole 28 mai 2015 à 08h00 | Par Mathilde Culot

Quelles installations en agriculture à l'horizon 2020?

Malgré les difficultés rencontrées pour s'installer, ne serait-ce qu'à cause des coût de reprise élevés, il existe des solutions. C'est ce qu'ont voulu montrer les JA de Picardie lors de leur troisième colloque régional installation/ transmission.

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Table ronde avec (de gauche à droite) Mathieu Masschelein, Camille Kastelyn, Hervé Davesne (JA Picardie), Antoine Dewaele et Aurélien Clavel (JA national).
Table ronde avec (de gauche à droite) Mathieu Masschelein, Camille Kastelyn, Hervé Davesne (JA Picardie), Antoine Dewaele et Aurélien Clavel (JA national). - © Mathilde Culot

«La période de transition qu’était 2014 s’est prolongée sur le premier trimestre 2015. Nous pouvons toutefois souligner la réactivité et le travail fournis par les services de l’Etat et de la Région dans la mise en place de cette nouvelle programmation en Picardie. A ce jour, les porteurs de projet peuvent s’installer».

Tels ont été les propos introductifs d’Hervé Davesne, président des Jeunes Agriculteurs de Picardie, devant la centaine de personnes réunies le 21 mai à Amiens à l’occasion du troisième colloque Installation/ Transmission organisé par JA Picardie avec le soutien financier de la Draaf au travers des aides PIDIL. Il était important pour les Jeunes Agriculteurs de Picardie de démontrer une fois de plus que les installations sont essentielles pour maintenir notre tissu agricole et que malgré les difficultés rencontrées (problématique foncière, coût de reprise élevé, etc.), il existe des solutions.

C’est pourquoi, le fil conducteur de la journée a été «quelles installations en agriculture à l’horizon 2020?» Et ce autour de deux temps forts : une conférence-débat sur l’installation/transmission en Picardie, et des ateliers sur trois thèmes : l’émergence de projet, vivre son métier d’agriculteur, la transmission de son exploitation.

Des projets collectifs, une solution ?

Bien que le potentiel d’installations soit aujourd'hui élevé, il y a un risque d’accélération de la baisse du nombre d’agriculteurs.

Les candidats à l'installation ont à leur disposition un dispositif d’accompagnement qui leur permet de peaufiner leur projet, d’avoir des conseils personnalisés et surtout un plan de professionnalisation adapté à leur profil. «La nouvelle programmation a amené un grand nombre de simplifications notamment le plan d’entreprise qui prend en compte plusieurs scénarii permettant ainsi de s’adapter au mieux aux changements qui peuvent survenir dans les quatre premières années de bientôt plus partie de notre langage courant !» a annoncé Aurélien Clavel, administrateur national en charge du dossier installation chez les Jeunes Agriculteurs.

De plus, les formations diplômantes, celles qui confèrent la capacité professionnelle agricole, auront à prendre en compte la complexification des métiers de la production et l’évolution des nouveaux profils. Le regroupement «Aujourd’hui, les jeunes installés doivent vivre de leurs activités. Il est primordial que les sources de revenus soient maintenues sur l’exploitation, voire même développées ou créées. C’est ce qu’on appelle la valeur ajoutée !» a répondu Aurélien Clavel en réponse à la question d'un participant sur la viabilité des exploitations.

Le regroupement peut également être une solution à l’installation. C’est ce dont ont témoigné les agriculteurs qui ont repris le site de l'ancienne école agricole de Rouvroy-les-Merles dans l’Oise. «Les débuts ont été compliqués car il fallait bien prendre en compte que ce site comprenait des terres mais aussi des bâtiments. S’impliquer dans le projet voulait donc dire acheter le foncier et faire partie de la SCI (Société civile immobilière). Au commencement, nous avons vu défiler nombre d'agriculteurs qui n’étaient intéressés que par les terres. Mais quid des bâtiments ? Au final, nous avons été plusieurs à déposer un même dossier. Et c’est celui-ci qui a été retenu», a confié Antoine Dewaele, jeune agriculteur de Rouvroy.

«Nous sommes complémentaires et nous mettons à profit nos diverses compétences pour entretenir le site. La liste est longue mais nous nous répartissons les tâches. Cela se passe très bien. Certains d’entre nous travaillent en commun sur leurs exploitations» a précisé Mathieu Masschelein.

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