L'Oise Agricole 19 février 2014 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Profession - Retrouver du bon sens

Participation de l’Oise mardi 18 février aux états généraux de l’agriculture, dont la journée de clôture se déroulera ce vendredi à Paris, avec la participation de plusieurs ministres.

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Réunion à Beauvais le 18 février.
Réunion à Beauvais le 18 février. - © Bernard Leduc

«Qu’on nous laisse travailler !» disait Philippe Desmet, exprimant le ras-le-bol des agriculteurs face aux multiples tracasseries administratives et aux règlements très divers et souvent incohérents auxquels ils sont soumis.
Une réunion, organisée par la FDSEA et les JA et à laquelle étaient invités les administrateurs de toutes les organisations agricoles du département, s’est déroulée ce mardi 18 février après-midi à Beauvais, avec la participation de Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA. Cette réunion avait pour cadre les états généraux de l’agriculture, que les organisations professionnelles, FNSEA en tête, ont décliné sur trois grands thèmes : l’emploi et le coût du travail en France, la compétitivité et le financement des investissements de modernisation, et la simplification administrative et de la réglementation environnementale.
C’est sur ce dernier point que les débats ont été, hélas, les plus fournis, tant la matière est importante en France : force est de constater l’empilement de mesures administratives qui obligent les agriculteurs à beaucoup de temps passé en paperasserie, du temps totalement improductif. «Les gens sont perdus» disait Luc Smessaert, président de la FDSEA, qui évoquait aussi une réglementation environnementale, avec des mesures souvent incohérentes, voire contraires à la protection de l’environnement. Il y a un «crescendo environnemental», selon l’expression de Christiane Lambert, lequel pèse de plus en plus sur l’activité agricole.


Ces états généraux de l’agriculture ont pour but de montrer les situations aberrantes. Comme dans le domaine de l’entretien de fossés et des cours d’eau, impossible à réaliser : cela bouche les collecteurs de drainage, provoque des inondations dans les champs et la société s’en émeut quand elles arrivent dans les zones habitées. Mais il faut des autorisations, que l’Onema refuse systématiquement d’accorder. Et les agriculteurs sont parfois les responsables désignés !

Et les pouvoirs publics ont l’intention d’en «rajouter une couche» avec le 5e programme d’actions directive nitrates. Avec cette volonté constante pour la France de toujours aller au-delà du cadre fixé par Bruxelles, parce que «quand on est Français, on vise l’excellence» disait avec amertume Christiane Lambert. Déjà, le fait que les règles soient les mêmes partout est une aberration, vu les conditions pédo-climatiques très différentes entre régions.

Ce domaine fourmille hélas d’exemples. Christiane Lambert disait qu’en 10 ans, il y a eu 6 lois qui ont été votées en France sur la simplification administrative. Elles ont porté sur 348 mesures, mais seulement 30 % ont été appliquées : promesses non tenues, qui finissent parfois par décourager. Et la FNSEA se heurte à un gouvernement avec lequel il n’y a pas de concertation, préférant favoriser le pluralisme syndical. Elle exprimait aussi la lassitude des paysans qui, lors des contrôles, sont systématiquement des accusés, les procédures de contrôle sont à charge.

L’emploi
Sur cet autre thème, il est facile de constater les différences de charges entre pays, même voisins. Cela pèse sur la compétitivité de notre agriculture.
«Le Code du travail est le plus épais en France», disait Christiane Lambert, qui constate que les entreprises agricoles qui disparaissent le plus souvent sont celles qui emploient de la main-d’œuvre. Une aberration de plus !

On peut transformer le mécontentement en propositions. C’est l’objectif de ces états généraux, dont la phase finale va se dérouler le 21 février à Paris, la première partie de la journée étant consacrée à une présentation d’une synthèse des doléances recueillies dans les départements : une compilation qui va montrer la productivité de l’appareil administratif et politique français, souvent «aidé» il est vrai par nombre d’organisations écologiques.
Bernard Leduc

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