L'Oise Agricole 08 juin 2017 à 08h00 | Par Laurent Mingam

Pour l’économie et les territoires, une voix à défendre

Le bureau de la FDSEA s’est réuni à Beauvais le mardi 7 juin.

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- © Dorian Alinaghi

À cette occasion, Thierry Leysens, président de la Section faune sauvage, était invité pour intervenir sur les questions de dégâts de gibier, en l’augmentation régulière dans le département. Thierry Leysens a rappelé le travail mené au sein de la CDCFS (Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage) et les avancées obtenues, par exemple l’autorisation de tir des sangliers au mois de mars.

Mais il a tenu à alerter les membres du bureau sur le durcissement des positions de la Fédération nationale des chasseurs et de son nouveau président, Willy Schraen, qui estime que la responsabilité des dégâts devrait être partagée et non pas seulement supportée par les seuls chasseurs.

Alors qu’agriculteurs et chasseurs ont, sur bien des points, des partenariats constructifs à faire mûrir et des convergences de vues, une telle position, si elle devait viser à restreindre l’indemnisation des dégâts de gibier pour les agriculteurs, apparaîtrait comme inacceptable.

Trop de dégâts

Pour Thierry Leysens, «l’objectif premier reste et doit rester la diminution des populations et donc l’augmentation des prélèvements».

Il rappelle à ce titre que l’ONCFS «évalue à 400 kg de gibier en grandes espèces pour 100 hectares le niveau pertinent pour respect des biotopes : nous sommes très au-delà». La FDSEA entend donc rappeler encore et toujours cet objectif de gestion et de régulation des populations sur toutes les unités de gestion dans l’Oise.

Au prochain conseil d’administration de la FDSEA, une motion sera présentée aux administrateurs sur des points concrets de revendications dans l’objectif de diminution des dégâts aux cultures. «Vis-à-vis de l’administration départementale comme de la FDC, nous devons être fermes car il faut limiter les dégâts sur les cultures».

Le bureau a également évoqué la problématique de la régulation des blaireaux. La FDSEA avait en effet mobilisé l’ensemble de son réseau pour réagir à la consultation publique sur l’arrêté de régulation dans l’objectif de soutenir cet arrêté. Rappelons que la CDCFS a donné un avis favorable à cet arrêté sur le fondement des déclarations de dégâts recueillis auprès des agriculteurs. Mais certaines associations de protection des blaireaux se positionnent contre l’arrêté de régulation.

La FDSEA, sous la signature de son président et du président de la Section faune sauvage, a écrit au préfet de l’Oise pour défendre l’intérêt des agriculteurs et de l’équilibre des biotopes grâce à une régulation des blaireaux.

À voir si la position de l’administration sera d’écouter les voix populaires fondées sur une idéologie ou la voix du terrain qui constate des dégâts en recrudescence dans certains territoires.

Conjoncture

Le bureau de la FDSEA s’est également penché sur la situation conjoncturelle. Les plans d’urgence de 2015 puis de 2016, s’ils ont à court terme pu apporter une bouffée d’oxygène aux bénéficiaires, apparaissent à ce jour insuffisants face à l’ampleur des difficultés de certaines exploitations.

En particulier les modalités de consolidation, de refinancement, de renégociation des prêts apparaissent parfois, soit délicates, soit insuffisantes et surtout pas toujours sur un terme assez long. Le sujet des perspectives économiques à offrir aux agriculteurs a été au cœur des échanges avec les candidats aux élections législatives dans le cadre de l’action Porte-voix. Le sujet sera prioritaire pour le nouveau ministre de l’Agriculture, Jacques Mézard, et les nouveaux députés. «Nous irons voir tous les élus» a souligné Bernadette Bréhon, secrétaire générale de la FDSEA.

Le bureau a décidé d’engager un recensement auprès de tous les agriculteurs. Le recensement, anonyme, vise, au-delà des éléments de suivi du plan d’urgence, à disposer de données qui doivent permettre une expression des situations réelles et des perspectives pour les agriculteurs.

«Il y a des difficultés et de la colère chez les agriculteurs, relève Régis Desrumaux, secrétaire général. L’objectif de ce recensement est d’avoir le maximum de réponses pour nous faire les porte-voix de la situation et des revendications et attentes des agriculteurs. Ces réponses nous donnent aussi des outils pour préparer les réponses à apporter d’ici la fin de l’année».

Régis Desrumaux, secrétaire général FDSEA
Régis Desrumaux, secrétaire général FDSEA - © Dominique Lapeyre-cAve

Porter par tous les moyens la voix des agriculteurs

Nous avons décidé de lancer un recensement et j’invite le maximum d’agriculteurs à y répondre. Ce recensement a pour objectif de faire un état du moral, dont nous savons qu’il n’est pas bon ! Un état des finances et des perspectives. Ce recensement est anonyme. Il est donc d’autant plus facile d’y répondre. Pour bien faire nous aimerions avoir comme objectif que tout le monde y réponde. Nous disposerons alors d’arguments supplémentaires auprès de tous nos interlocuteurs, politiques et administration. Pour répondre au recensement : https://goo.gl/forms/Ndx1X4wsTAmRcGTR2

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