L'Oise Agricole 15 juin 2017 à 08h00 | Par Dorian Alinaghi, Dominique Lapeyre-Cavé

Plate-forme régionale de Catenoy : des pistes et des réponses

La plate-forme régionale d’expérimentation des Chambres d’agriculture Hauts-de-France s’est installée à Catenoy (Oise) pour présenter toutes les avancées du produire mieux et durablement.

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Anne-Sophie Colart. (© Dorian Alinaghi) Biocontrôle avec Christophe Chatain. © Dorian Alinaghi

Penser à l’agriculture de demain ! Voilà l’objectif présenté par les Chambres d’agriculture Hauts-de-France à Catenoy. La plate-forme régionale d’expérimentation a posé ses mille et une parcelles sur le site. Les essais sont réalisés par les Chambres Hauts-de-France, en partenariat avec différents organismes de recherche et instituts techniques. Plus de 350 personnes ont fait le déplacement pour s’informer sur toutes les nouvelles recherches et solutions pour l’avenir.

L’agriculture du savoir

Cette plate-forme permet de donner des réponses aux attentes, aux préoccupations et aux besoins actuels et à venir des agriculteurs. Les expérimentations visent à l’amélioration de la production (rendement, qualité, respect de l’environnement…). Elles sont le point de départ du dévelop-pement agricole. La plate-forme est constituée de grandes variétés d’essais sur les techniques cultu-rales (semis, désherbage, associa-tions, essais variétés, traitements phytosanitaires…) sur blé, protéagineux, maïs…

Parlons peu, parlons biocontrôles

Les produits de biocontrôles prennent une place importante sur le marché, notamment dans un contexte où la pression sur l’usage des phytosanitaires devient de plus en plus forte. Les substances utilisées sont d’origine minérale (huile de thym) et organique (bactéries). L’idée est de booster les défenses naturelles des plantes, des céréales en l’occurrence. De façon à retarder l’usage des produits phytosanitaires. «On a des agriculteurs qui contractualisent des mesures agro-environnemen-tales phytosanitaires. C’est-à-dire qu’ils s’engagent à réaliser moins de traitements. Les produits de biocontrôle, qui n’ont pas d’IFT (indicateur de fréquence de traitement), peuvent y contribuer. Ce biocontrôle est donc une solution alternative», explique Christophe Chatain, conseiller à la Chambre d’agriculture de l’Oise. Le biocontrôle est-il l’avenir de l’agriculture durable ? Malgré une croissance de 15 % par an, la concurrence des produits phytosanitaires est rude.

Des essais de cultures

Des micro-parcelles sont consacrées à des mélanges de cultures. Leur objectif peut être variable : couvrir le sol, apporter de l’azote (dans le cas des légu-mineuses) ou récolter des graines différenciées. Par exemple, du maïs peut être associé à un trèfle blanc semé à l’automne pour avoir un couvert suffisant au printemps lorsque le maïs sera semé. Avec des outils de désherbage mécanique, l’inter-rang pourra être traité. Dans tous les cas, il s’agit que la culture associée soit en avance sur le maïs pour éviter le salissement de la parcelle. Autre intérêt pour des cultures en mélange : récolter des graines de valeur nutritive complémentaire pour l’alimentation animale par exemple. Un tri des graines après récolte pourra se faire pour sé-parer les espèces. C’est le cas du mélange soja avec sarrasin ou cameline qui donne de bons résultats en termes de couverture de sol (le soja n’est pas une plante très couvrante). Avec un prix de vente à 380 €/t environ, même s’il faut payer 15 à 20 €/t de triage, cela reste une valorisation très intéressante pour l’exploitant.

Des variétés de blé au top

Une bonne partie de la plate-forme est consacrée aux essais variétés de blé, thème qui rencontre toujours un fort succès auprès des visiteurs. A Catenoy, 39 variétés sont testées : 34 nouvelles inscrites en 2017, 2016 et 2015 qui sont comparées à cinq variétés «anciennes» (post 2010) : Rubisko, Fructidor, Bergamo, Cellule et Terroir. Anne-Sophie Colart, d’Ar-valis-Institut du végétal, montre d’abord Creek, une variété dans le top 5 des emblavements de l’année. Elle semble subir cette année une forte attaque de rouille brune. Ce n’est pas le cas de Mutic (Florimond Desprez), inscrite cette année, dont toutes les caractéris-tiques sont au vert. De même pour Chevignon (Saaten Union) qui n’a pas de défaut majeur : un BPS (blé panifiable supérieur), 104 % de rendement, pas de sensibilité aux maladies et surtout une bonne souplesse dans les dates de semis.Autre variété prometteuse : LG Absalon (LG) qui réunit plusieurs qualités : ½ précoce, une bonne note de tolérance aux maladies, un bon PS, des semis possibles derrière maïs.

Dernières confidences sur la plaine. La pluviométrie irrégulière (gradient Ouest-Est sur les Hauts-de-France) aura un impact sur les rendements, même si les pluies de la deuxième quinzaine de mai ont été très bénéfiques dans certains secteurs, avec une explosion vi-sible de la biomasse. Le temps sec se traduit par une dizaine de jours d’avance par rapport à la normale, avec des blés qui pourraient être mûrs dès le 20 juillet sur la zone Sud des Hauts-de-France.Entre récolte de blé 2017 et pro-jection de semis pour 2018, les ré-ponses aux questions se trouvaient assurément auprès des conseillers présents sur la plate-forme régionale de Catenoy.

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