L'Oise Agricole 11 septembre 2015 à 08h00 | Par Florence Guilhem

Plaine en fête : les politiques planchent sur l'agriculture

Le 5 septembre dernier, les candidats aux élections régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie étaient invités par la Frsea et les JA Picardie à présenter leur programme pour l'agriculture.

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- © L'oise agricole

La crise des filières laitière, porcineet bovine révèle la rude concurrenceà laquelle sont exposés les agricul-teurs français dans l'Union euro-péenne. Tous craignent pour la sur-vie de leur exploitation. Chez lescéréaliers, le moral n'est pas meilleur.Si les rendements de la moisson ontété excellents cette année, les reve-nus ne seront pas pourtant au ren-dez-vous. Chez les betteraviers, onredoute la dérégulation des prix avecl'après-quota. Mais, comme le soulignait Laurent Degenne, président de la Frsea Picar-die, «si l'agriculture traverse une crisesans précédent, elle représente éga-lement un véritable enjeu pour notreterritoire. Des solutions existent poursortir de la crise. Elles se trouvent ducôté de nos décideurs».

«Produire et consommer français»

Reste que le programme des can-didats aux élections régionales esten cours d'élaboration. De ce fait,ceux qui avaient accepté l'invitationde la Frsea et des JA de Picardie, àsavoir le Parti communiste français,Nous citoyens, Les Républicains, leFront national, Debout la France etEurope Ecologie - Les Verts, étaient plus dans l'exercice de style que dansla présentation de propositions éla-borées sur l'avenir de l'agriculture,lors de Plaine en fête.Tirés au sort pour l'ordre de passage,et disposant chacun de dix minutesde prise de parole, le bal était ouvertpar Fabien Roussel (PCF).

La volontédu PCF ? «Produire et consommer français.» Un slogan lancé il y a plusde trente ans par Georges Marchais,et dans la bouche de tous les partisaujourd'hui.Pour atteindre cet objectif, le PCFpropose une politique autour desprix : mise en place de prix-plan-chers garantis aux producteurs auniveau de la PAC, instauration decoefficients multiplicateurs garan-tissant les prix d'achat et de ventedes produits à l'échelle nationale,et création d'une plateforme régio-nale pour garantir un prix auprèsdes agriculteurs. Sébastien Véron, du mouvementNous citoyens, créé en 2013, appe-lait, lui, à «un sursaut citoyen pourune politique mettant fin à desdépenses publiques inutiles».

Plus exhaustif sur son parti que sur laquestion agricole, il se contentait dedécliner quelques propositions envrac : diminution des charges, sup-pression des normes imposées parl'Europe et la France, installation desjeunes, développement de larecherche agricole, soutien de l'agri-culture bio, et même de la fermedes 1 000 vaches...

«Pragmatisme et...fin des idéologies»

Dans le rôle du pragmatique, Jean-Michel Serres (LR) tirait son épingle dujeu. Et pour cause. Ancien présidentde la Fdsea de la Somme et ancienagriculteur, l'homme connaît le sujetsur le bout des doigts. «Pour que notrerégion soit compétitive, il faut garderet développer la valeur ajoutée del'agriculture, notamment en accom-pagnant l'installation des jeunes et lesmises aux normes des exploitations.Cela peut se faire sous une forme defonds revovling», détaillait-il.

Une valeur ajoutée qui passe aussipar la formation des jeunes. «Noussommes prêts à soutenir la créationd'une école vétérinaire à Beauvais.Il faut aussi renforcer le réseau desécoles d'ingénieurs agricoles.» Quant à la modernisation du sec-teur, «il est urgent, insistait-il, depasser au stade industriel pour quetout le travail de recherche des labo-ratoires dans le cadre d'Agro Res-source ne parte pas ailleurs.» Les circuits courts sont aussi uneautre clé de développement.

«Il faut passer à la vitesse supérieure, disait-il. Nous sommes d'ailleurs prêts à soutenir une marque régionale,comme le maintien des abattoirsde proximité.» Concluant sur lanécessité du «pragmatisme et dela fin des idéologies pour sortir dela crise», il taclait ses adversairessur leurs propositions peu «régio-nales».

«Le baratin des politiques»

Le pragmatisme, le FN, représentépar Yves Dupille, le déclinait à safaçon. Si «l'agriculture est une causenationale que nous défendons, leprogramme viendra après les élec-tions régionales», disait celui-ci. Lefrontiste déclinait ensuite les titresdes grands chapitres agricoles surlesquels le parti travaille : étiquetagede la viande bovine, lutte contre ledumping social, instauration d'unprotectionnisme raisonné, prioritéaux produits locaux, mise en placed'une politique de revenus décents,circuits courts...

«Tout cela, recon-naissait-il, se fait à l'échelle de lapolitique française et à celle de lapolitique européenne.» Quid de la Région ? «Quand nousserons élus, nous mettrons en placeun annuaire d'agriculture pourdéfendre le «made in local», etimposerons aux collectivités de sefournir sur place, au moins à 50 %.»Mais, qu'on se le dise, «si on veutsauver l'agriculture, le premier éche-lon, c'est la Région. Le second(l'Ely-sée, ndlr),ce sera plus tard...»

Avec un même sens de la formule,le représentant de Debout la France,Jean-Philippe Tanguy, dénonçait, lui,le baratin des politiques autour despromesses de baisse des charges,et l'inutilité des élus. Une seule solu-tion pour sauver l'agriculture : «Ilfaut ramener sur nos territoires dela transformation et de l'industrie.De même, si on veut que l'agricul-ture soit la colonne vertébrale de laRégion, il faut s'unir. Le problèmedes agriculteurs, c'est aussi celui desartisans et des commerçants.» Le dernier orateur, François Veille-rette, préférait, quant à lui, jouer lacarte du vice-président sortant dela Région. S'appuyant sur ce quiavait été fait, il précisait que «lesfonds 2epilier avaient été versés enpriorité aux agriculteurs qui enavaient le plus besoin».

Comme sespetits camarades, il insistait sur ledéveloppement de la valeur ajou-tée de l'agriculture, avant de mettrel'accent sur l'atout de notre situa-tion géographique. Installation, cir-cuits courts étaient aussi évoqués.Chapelets de bonnes intentions pourles uns, projets concrets pour lesautres, il faudra cependant attendrequelques mois avant de savoir réel-lement ce que chacun a à proposerpour notre région.

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