L'Oise Agricole 26 février 2014 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

Pac - Les agriculteurs picards largement contributeurs de la réforme de la Pac

Une présentation de la réforme de la Pac a été effectuée lors de la session de la Chambre départementale d’agriculture de l’Oise du 18 février.

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La Picardie sera une des grandes régions perdantes de la réforme de la Pac.
La Picardie sera une des grandes régions perdantes de la réforme de la Pac. - © Bernard Leduc

En 2014, nous sommes dans une année de Pac transitoire et pour l’instant, les décisions définitives ne sont pas entièrement connues. Pour la France, elles ne seront pas annoncées avant le 1er août 2014.

Pour la période 2015-2020, il est prévu que le premier pilier (aides directes à la production) diminue légèrement et progressivement (de 7,59 milliards d’euros en 2014 à 7,44 Mds € en 2019) en France, avec un transfert vers le deuxième pilier (de 3,33 %) qui, lui, est en augmentation.
Le niveau de convergence a été décidé par la France à 70 % sur les droits à paiement de base et parallèlement, il est prévu que tout agriculteur ne doit pas perdre plus de 30 % sur ses aides directes de 2015 à 2019.

Mais d’autres éléments vont intervenir, dont le paiement redistributif, retenu par la France, qui consiste en une surprime pour les 52 premiers hectares de chaque exploitant. Ces 52 ha correspondent à la surface moyenne d’une exploitation agricole française. La difficulté reste la définition de l’exploitant. Cela modifie le calcul, qui défavorise les exploitations à grandes surfaces, qui profitent néanmoins elles aussi de la surprime sur leurs 52 premiers hectares.


Et il y a la règle du verdissement qui se traduira par un supplément d’aide verte liée à des critères de diversité d’assolement, au maintien des prairies permanentes et aux surfaces d’intérêt écologique, dont on ne connaît pas les composantes (qui seront différentes des actuelles SET et risquent de représenter des surfaces plus élevées).
Il restera par ailleurs des aides couplées qui porteraient, selon certaines informations non confirmées, sur les vaches allaitantes (200 € par tête avec plafond), sur la fécule (100 €/ha) et, nouveauté, sur les vaches laitières (30 € par vache dans la limite de 40).


À échéance 2019, les différences régionales sur le niveau moyen d’aides directes vont progressivement s’estomper, mais pas totalement. La Picardie est la région qui, globalement, perdrait le plus, selon les calculs faits en fonction des éléments actuellement connus ; les autres régions perdantes sont l’Île-de-France, Champagne-Ardenne, la haute et la basse Normandie, Centre, Bourgogne, Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, Pays de Loire, Bretagne, Poitou-Charentes et Aquitaine.
Les autres sont donc les gagnantes : Franche-Comté, Midi-Pyrénées, Limousin, Rhône-Alpes, Auvergne, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Corse.
Et sur le deuxième pilier, qui comprend les aides liées au développement rural, celles-ci verront leurs enveloppes abondées et seront gérées par les régions.

«Une nouvelle Pac assez saignante»
Après cette présentation devant les membres de la Chambre d’agriculture, Cédric Thomassin, président de la commission économique de la Chambre régionale, disait de cette réforme de la Pac qu’elle est «assez saignante» pour les agriculteurs de notre région. Contrairement à ce qui a été annoncé, cette réforme ne contient pas de transferts entre productions végétales et productions animales, ni entre agriculture productive et agriculture extensive, disait-il.


Cette réforme obligera les agriculteurs à agir davantage en gestionnaires autonomes et responsables, à être plus opportunistes. Elle amène par ailleurs à renforcer le travail sur la productivité du blé, à recourir davantage aux nouvelles technologies pour une agriculture de précision, à diversifier les productions et à mieux répondre aux marchés, en particulier ceux de proximité.
Cédric Thomassin évoquait aussi le levier de la diminution des charges, opérationnelles et de structure, et le développement possible de nouvelles productions, dont la méthanisation par exemple.

Bernard Leduc

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