L'Oise Agricole 31 août 2017 à 09h00 | Par Florence Guilhem

«On veut que notre agriculture soit pérenne et compétitive»

La vice-présidente en charge de l'Agriculture au Conseil régional des Hauts-de-France présentera sa stratégie agricole à l'assemblée plénière du 29 septembre.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Marie-Sophie Lesne, vice présidente du Conseil régional des Hauts-de-France.
Marie-Sophie Lesne, vice présidente du Conseil régional des Hauts-de-France. - © Agence de presse

Pourquoi avez-vous décidé d'élaborer une stratégie agricole à l'échelle des Hauts-de-France?

C'était une nécessité car, avec la loi NOTRe, notre région a désormais de nouveaux contours. Il fallait donc prendre la mesure de l'agriculture à cette nouvelle échelle afin de définir une stratégie permettant d'avoir une agriculture pérenne et compétitive. Par ailleurs, l'agriculture vit une période inédite, celle d'une crise qui a touché toutes les filières, spécialement l'élevage et la polyculture. De même, toutes les filières, même celles qui sont considérées comme prospères, ont leurs problématiques et leurs enjeux à ne pas manquer.

Comment avez-vous procédé pour établir cette stratégie agricole ?

Nous l'avons élaborée à partir des Etats généraux de l'élevage et de ceux du végétal. Nous avons aussi organisé plus de 250 réunions et rencontres avec les professionnels. Nous avons multiplié les visites de terrain et avons participé à toute une série de manifestations depuis janvier 2016. Ensuite, une concertation a eu lieu avec les élus de la majorité de la Commission agriculture de la Région. Enfin, nous nous sommes appuyés sur le bilan des audits-conseils. D'ailleurs, sachez que nous les poursuivrons. Mais il ne faut pas que le décloisonnement des acteurs soit sans suite. C'est une nécessité pour aider l'élevage auquel nous attachons une grande importance.

Quels sont les axes forts qui ont guidé l'élaboration de cette stratégie ?

Le premier axe est celui de la proximité. Il se déclinera en actions de «proximité», à savoir des mesures très concrètes en faveur de la diversification, la transformation, mais aussi des actions visant au développement de l'approvisionnement local, ou encore le soutien à l'herbage, particulièrement menacé. Pour ce qui est de la qualité, c'est celle-ci qui nous distingue de nos concurrents mondiaux, et même européens, et qui nous permet d'être la 3e région exportatrice de France en produits agricoles et en agro-alimentaire. Il appartient donc aux acteurs et à la Région de rester mobilisés pour que la production corresponde aux enjeux de l'exportation. On pourrait aussi citer la filière lait, qui est très qualitative, et qu'il faut valoriser, et la pomme de terre, où la qualité sanitaire de nos plants est un véritable avantage comparatif. Le troisième axe, la résilience et le développement de la valeur ajoutée, doit permettre aux agriculteurs de valoriser leur production. Maîtriser l'étape de la transformation est essentiel. Le quatrième axe concerne la professionnalisation. Les conclusions des audits-conseils ont montré la nécessité d'outiller la profession de plans d'actions individualisés et d'actions ciblées pour améliorer le pilotage et la compétitivité des exploitations de manière générale. L'axe suivant, tout aussi important, est l'innovation. Il faut diffuser cette dernière au plus grand nombre et le plus rapidement possible. C'est pour cela que la Région soutient le développement du numérique et de l'agriculture connectée, mais aussi la recherche et développement, pour ouvrir de nouvelles perspectives, notamment en matière de bio-économie. Enfin, le dernier axe porte sur la valorisation de l'agriculture et des agriculteurs. Pour ce faire, il faut communiquer sur la modernité du métier d'agriculteur, sur les efforts considérables accomplis pour la protection de l'environnement par la profession et la qualité de nos produits.

Quels sont les enjeux définis à travers ces axes ?

Le premier enjeu est celui du soutien du développement des exploitations et la professionnalisation des agriculteurs. De manière générale, il faut définir ce qui est à faire à l'échelle de chaque exploitation pour qu'ils maintiennent leur activité, se développent sur des marchés porteurs et se diversifient, mais il faut vendre aussi la ferme Hauts-de-France, et gagner en qualité et en compétitivité. Le premier des enjeux est, bien sûr, de favoriser l'installation, qu'il faut systématiquement prioriser. C'est la raison pour laquelle nous avons été l'une des premières régions de France à travailler à l'harmonisation et à la revalorisation de la DJA, qui passe de 11 000 EUR à 23 000 EUR. Le second enjeu est la valorisation des productions agricoles des Hauts-de-France. Nous avons une problématique majeure : nos bassins d'élevage souffrent. Si la Région ne peut pas tout, et que le meilleur remède serait naturellement un prix du lait rémunérateur, elle entend agir pour aider spécialement l'herbage. Plusieurs actions sont déjà engagées : soutien à l'émergence d'une association des organisations de producteurs, soutien aux GEDA, aux GIEE pour développer la technicité et la connaissance de tout le potentiel de l'herbe, soutien de l'agroécologie, au développement de la méthanisation. Et, naturellement, notre politique «Je mange local», votée en 2016, et fixant à 70 % le taux de produits locaux dans la restauration scolaire à horizon 2021, est dictée par la volonté de créer des débouchés locaux pour la viande, les produits laitiers, et les fruits et légumes locaux. Côté productions végétales, nous avons défini un cap commun pour la recherche et l'innovation. Pour développer la qualité et la diversification des productions, autre enjeu majeur, nous voulons soutenir l'émergence et la structuration des filières régionales à forte valeur ajoutée, développer les SIQO et accompagner leur commercialisation. Nous voulons aussi développer l'agriculture Bio. Le Plan Bio a été validé en juin dernier par le comité de pilotage. Il sera signé à l'automne. Nous voulons enfin soutenir les projets de diversification, valoriser les produits locaux et fabriqués à la ferme ou chez l'artisan. Autre enjeu : le soutien des industries agro-alimentaires et de l'agro-industrie. Le Feader a déjà permis de financer trente-quatre projets pour 5,49 millions d'euros. Là encore, il pourrait y avoir une aide pour les entreprises qui sont engagées dans des démarches d'approvisionnement en produits agricoles locaux, par exemple en viande ou en produits laitiers locaux, en SIQO. Nous nous sommes battus aussi pour avoir des abattoirs en région (ex : Fruges). En matière d'innovation, autre enjeu majeur, notre région peut devenir une région référente en matière de bio-économie, qui offre des perspectives qui peuvent rapporter gros dans une région aussi pourvue en productions végétales. Nous voulons consolider le pôle IAR en lien avec la Région Grand Est et développer des synergies entre les structures. Enfin, les Hauts-de-France entendent se positionner comme leader national des protéines.

Budget agricole de la Région

- 9,8 millions d’euros d’investissement

- 12,6 millions d’euros de fonctionnement

- 1 % du budget de la Région Hauts-de-France

- plus de 256 millions d’euros de Feader sur la programmation 2014/2020, soit environ 28 millions d’euros pour 2017

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui