L'Oise Agricole 21 juillet 2016 à 08h00 | Par Laurent Mingam

Olivier Dassault en visite sur le terrain agricole

Olivier Dassault, député de l’Oise, a souhaité vendredi 15 juillet aller à la rencontre des agriculteurs dans sa circonscription. Il était présent à Domeliers avec les agriculteurs de la commune et les responsables syndicaux de l’arrondissement.

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Olivier Dassault (à droite) en visite sur des exploitations de l'Oise.
Olivier Dassault (à droite) en visite sur des exploitations de l'Oise. - © Laurent Mingam

A l’invitation de la FDSEA 60, ils étaient une quinzaine d’agriculteurs du Nord-Ouest de l’Oise réunis dans le hangar de l’exploitation de Laurent Delétoille, à Domeliers, pour accueillir Olivier Dassault, député de l’Oise et son suppléant, Olivier Paccaud, conseiller départemental de l’Oise.

«Les prix sont en baisse dans toutes les productions et, en culture, les intempéries du printemps ont des conséquences lourdes sur les rendements» a alerté d’entrée de jeu Pascal Foucault, vice-président de la FDSEA pour l’arrondissement. Luc Smessaert a rappelé que «les résultats de la moisson ne seront de la faute, ni de la gauche, ni de la droite, mais il faudra des mesures fortes pour sauver des exploitations».

Il a rappelé à cet effet que si des choses ont été faites, par exemple l’année blanche qui permet de reporter les annuités et la baisse des charges de 10 points pour tous les agriculteurs, cela reste «insuffisant et surtout, nous n’avons pas vu les résultats de l’annonce de la pause réglementaire». Les contraintes, en effet depuis un an, non seulement n’ont pas été allégées mais au contraire, pire encore, ont continué à s’alourdir.

Des mesures fortes

A la question posée par le député de savoir quelles mesures les agriculteurs attendent Luc Smessaert répond «des mesures fortes». «Les agriculteurs sont les esclaves des temps modernes; jamais ils n’ont été aussi mal et pendant ce temps, jamais les industriels n’ont gagné autant d’argent. Il faut une loi forte pour un partage de la marge» a t-il insisté.

Denis Pype, agriculteur et conseiller régional, était également présent, en voisin. Il a rappelé la volonté forte des Hauts-de-France de soutenir l’agriculture régionale et les actions déjà engagées par le Conseil régional avec le lancement des États généraux de l’élevage en juin et, à suivre en octobre, ceux des filières végétales.

«Suite aux États généraux, 750 audits conseils ont déjà été réalisés dans la région, ce qui nous donne des premiers résultats et des pistes d’actions prioritaires sur les problématiques de main-d’œuvre et des efforts à faire sur le travail en commun». Tous les agriculteurs présents en conviennent : «on tient encore parce que l’on s’appuie sur la main-d’œuvre familiale non rémunérée, mais ce n’est pas normal».

La visite s’est poursuivie sur l’élevage de Thierry Demoor, entouré de son père et de ses deux fils, trois générations qui veulent croire dans l’agriculture. «Il y a de moins en moins d’éleveurs, y compris sur notre secteur dont c’est pourtant la vocation» ont-ils relevé. Pour Pascal Foucault, la situation est que «l’on est en train de créer un désert animal, on détruit la ruralité». Un constat inquiétant partagé par Jean Pupin, maire de Domeliers, présent à cette rencontre.

Olivier Paccaud a rappelé les actions engagées par le Conseil départemental en soutien à l’agriculture. «L’agriculture est une force, elle doit être une vraie priorité car elle touche à des enjeux fondamentaux dont l’autonomie alimentaire» a rappelé le conseiller départemental.

Olivier Dassault a recueilli avec attention les doléances des agriculteurs. Il a d’ailleurs relevé qu’un certain nombre d’entre elles sont d’ores et déjà dans les priorités qu’il a exprimées dans le cadre du projet qu’il entend soumettre aux candidats à la présidentielle. Il s’est engagé a faire remonter les difficultés exprimées à l’Assemblée Nationale et à envisager une action, en particulier sur la question des négociations laitières avec les industriels. Les éleveurs ont en effet rappelé que les accords sur le prix du lait de 2015 n’ont fait l’objet que d’une application très partielle de la part des industriels, lesquels ont conservé une partie des prix supplémentaires payés par la grande distribution.

Le député, en guise de conclusion de ces échanges du jour, a déclaré qu’il «faut que les agriculteurs puissent vivre de leur métier et pas seulement survivre».

 

Guillaume Chartier écrit au préfet de l’Oise

Ce mardi 19 juillet, Guillaume Chartier, président de la Fdsea 60, a adressé une lettre au Préfet de l’Oise, Didier Martin.

«Depuis nos derniers échanges, la situation de l’agriculture de l’Oise ne s’est malheureusement pas améliorée. (…) Nous avons connu un printemps et un début d’été calamiteux. L’excès d’eau sur l’ensemble du département a des conséquences très lourdes sur les récoltes. (…) Les éleveurs subissent en plus un contexte économique qui reste très défavorable depuis maintenant plus de 18 mois ».
Le président de la fdsea60, sans attendre que soient tirés les premiers bilans de la récolte 2016 qui sera à faire à la fin de l’été, pose au représentant de l’État dans le département les demandes suivantes :
• «Reconnaître le cas de «force majeure» sur l’ensemble du territoire départemental ; il est en effet fondamental qu’à la difficulté économique ne vienne pas s’ajouter la sanction réglementaire ; »
• L’exonération totale de taxe sur le foncier non bâti pour l’ensemble des terres agricoles du département car «il convient de  prendre des mesures immédiates afin de réduire les charges exploitantes agricoles» ;
• «L’élargissement du plan d’urgence et son financement pour toutes les productions. (…) Le plan d’urgence doit être réactivé avec des financements supplémentaires pour 2016 et ouvert à toutes les agricultures. Des mesures bancaires doivent également être mises en œuvre afin de reporter les annuités à venir en 2016-2017. »
• «Suspendre les obligations liées à la directive nitrates», en particulier l’obligation de couvert après récolte car cette année, cela ne présente pas grand intérêt agronomique et peut être au contraire une contrainte technique pour lutter en particulier contre les limaces extrêmement présentes.
• «des règles claires (…) dans les négociations des denrées agricoles afin que les agriculteurs ne restent pas la variable d’ajustement de la grande distribution ou des industriels. » La Fdsea 60 attend en effet de la loi Sapin 2 qu’elle clarifie les choses sur les règles de négociations.
La Fdsea 60 a d’ores et déjà programmé un point de bilan post-récoltes, dès le 1er septembre, avec les coopératives du département et, une semaine après, un point d’échanges avec les parlementaires de l’Oise afin de faire remonter au national les préoccupations et attentes des agriculteurs de l’Oise.

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