L'Oise Agricole 08 juin 2017 à 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Objectif 2018 : éradication de la BVD dans l’Oise

L’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire de l’Oise (GDS) a été l’occasion de se rassurer sur le bon état sanitaire du cheptel de l’Oise et de fixer une belle ambition pour 2018.

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À la tribune, Nicolas Lucas, vétérinaire à Crèvecœur-le-Grand, Jean-Michel Bonczak, directeur, David Demarcy, président du GDS de l’Oise, et Céline Schmidt, sous-directrice à la direction départementale de la protection des populations.
À la tribune, Nicolas Lucas, vétérinaire à Crèvecœur-le-Grand, Jean-Michel Bonczak, directeur, David Demarcy, président du GDS de l’Oise, et Céline Schmidt, sous-directrice à la direction départementale de la protection des populations. - © Dominique Lapeyre-Cavé

emblée rappelé les missions du GDS : surveillance et lutte contre les maladies avec une délégation de l’État pour la mise en œuvre de prophylaxies. La moitié des cotisations demandées aux éleveurs est reversée aux adhérents pour les aider au niveau sanitaire ou les indemniser. Et le GDS remplit bien ses missions de veille, comme l’a rappelé Céline Schmidt, directrice adjointe à la direction départementale de la protection des populations. Il est un interlocuteur essentiel de l’administration. Propos étayés par Hadrien Jaquet, chef du service santé et protection animale, qui a dressé une carte des maladies présentes. En premier chef, la tuberculose qui, après avoir régressé au niveau national jusqu’en 2005, semble reprendre du poil de la bête. En 2016, une suspicion dans l’Oise n’a pas été confirmée par des tests, mais il convient de rester vigilant car des liens épidémiologiques avec des départements touchés sont avérés.

Ensuite, la fièvre catarrhale ovine pour laquelle l’Oise est en zone réglementée depuis février. Pas de cas avérés, mais pas beaucoup de vaccinations semble-t-il. Il est vrai que cette dernière n’est obligatoire que pour certains protocoles d’exportations d’animaux.

Enfin, l’influenza aviaire qui ne concerne que peu l’Oise, mais qui a causé de grands dommages dans le Sud-Ouest. Il semble que la France ait du retard en matière de prévention car elle a été proportionnellement beaucoup plus touchée que l’Italie qui a mis en place des mesures de biosécurité adéquates.

Un constat rassurant

Que ce soit au cours du rapport moral du président Demarcy ou de l’exposé du directeur, Jean-Michel Bonczak, les chiffres sur le cheptel de l’Oise sont plutôt bons, que ce soit sur la tuberculose ou la FCO. De plus, la maîtrise de l’IBR a subi un coup d’accélérateur, les éleveurs changeant petit à petit leurs pratiques d’introduction : visite d’achat différée à 15 jours, sérologie pratiquée par le vendeur avant le départ en cas de cheptel touché…

Aujourd’hui, 90 % des élevages bovins sont certifiés indemnes et seuls quelques cas délicats sont relevés. Il reste à inciter les engraisseurs, dont le nombre (une centaine) augmente dans l’Oise à la faveur de l’abandon de l’atelier lait dans les élevages mixtes, à pratiquer aussi des tests.

Mais c’est la BVD qui est dans la ligne de mire du GDS 60. L’objectif est l’éradication de la maladie fin 2018 et c’est au niveau des cinq départements des Hauts-de-France que la lutte s’organise autour de la généralisation de la boucle préleveuse. Une bonne dynamique a été lancée dans l’Oise avec la participation d’une centaine d’éleveurs lors de la réunion d’information du 9 mars à Beauvais. Elle sera relayée par la diffusion de plaquettes d’information et une aide financière à la pose des boucles préleveuses. Au final, la lutte revient à 4,11 € par bovin. 120 élevages de l’Oise ont déjà posé ces boucles qui pourraient devenir obligatoires par la suite. De quoi motiver les éleveurs à relever ce défi à leur portée.

 

Lutter contre les entérites du veau, c’est possible !

Le Dr Nicolas Lucas, vétérinaire à Crèvecœur-le-Grand, a exposé les règles de biosécurité qui pourraient permettre de mieux maîtriser les infections chez les veaux dont l’impact économique est majeur. Des diarrhées chez un animal jeune, c’est une croissance hypothéquée, une surveillance constante, un traitement onéreux et une insatisfaction psychologique chez l’éleveur, ou plutôt l’éleveuse, comme le souligne le docteur Lucas.

Les causes de ces diarrhées sont pluri-factorielles (environnement, germes) et le diagnostic des agents infectieux est souvent la première des étapes. Dans le cas de la cryptosporidiose, des kystes à paroi épaisse se forment, ils adhèrent bien aux parois plastiques (par exemple, celle des seaux) et peuvent persister 18 mois sur les murs. Autant dire qu’il est difficile de s’en débarrasser, la transmission se faisant par les matières fécales. Des traitements coûteux existent, mais des solutions de prévention peuvent être mises en œuvre : nettoyage à l’ammoniac, eau supérieure à 60°C et sécheresse.

Autre exemple, celui de la coccidiose, maladie provoquée par un protozoaire. L’oocyte (œuf) est très résistant et les animaux se contaminent en se léchant. Les animaux les plus à risques sont âgés de moins de trois mois ou ceux en état de stress. Des traitements curatifs existent, mais ils doivent être administrés au bon moment du cycle de développement du protozoaire. Là encore, des mesures de prévention peuvent être prises : désinfection des locaux et matériels, lutte sanitaire, veille au bon état général des animaux.

Le docteur Lucas insiste : des règles simples doivent permettre d’éviter que les agents ne rentrent dans le troupeau : connaissance du vendeur, quarantaine (une vraie !), analyses copro, sérologies du veau, déparasitage en préventif… Et puis surtout une désinfection totale pour rester en deçà des seuils critiques de contamination : évacuer la matière organique, nettoyage, mouillage, détergent et désinfectant… Il n’y a pas de raison pour que les protocoles stricts utilisés en élevage avicole par exemple (désinfection des bâtiments, vide sanitaire…) ne soient pas appliqués en élevage bovin. Avec la baisse de l’utilisation des antibiotiques, les mesures de biosécurité seront indispensables à l’avenir.

Élus

Ils ont été élus ou réélus administrateurs lors de cette assemblée : Christophe De Bruyne, Jean-François Morviller, Thierry Fraiture, Patrice Ouachée et Jean-Michel Decherf.

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